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Les Modèles de Pauline Bureau

par Arnaud Bihel

Pauline BureauL’identité féminine, l’histoire du sida, les secrets de famille… Sur ces sujets de société, Pauline Bureau met en scène « des écritures d’aujourd’hui ».


 

« Pendant longtemps je n’étais pas féministe », raconte Pauline Bureau. « Je croyais que le féminisme faisait partie de l’Histoire, qu’aujourd’hui les garçons, les filles, c’était pareil. Et puis j’ai réalisé que pas du tout, qu’il y avait encore des différences énormes. Et qu’il m’avait fallu 30 ans pour en prendre conscience. » Cette découverte, elle l’a faite grâce à Modèles, une pièce créée en 2011 pour laquelle elle s’est demandé : « On ne naît pas femme, on le devient… mais comment ? »

« C’était une commande du Centre Dramatique National de Montreuil » raconte la metteuse en scène. « Ils m’ont demandé un spectacle sur ce qu’est être une femme en 2011. » En travaillant avec d’autres comédiennes, elle se rend compte de leurs expériences communes. Elle convoque aussi des autrices : Marguerite Duras, Virginie Despentes, Catherine Millet… Avec toutes ces voix, elle compose une pièce sur la construction de l’identité féminine.

Depuis cette expérience Pauline Bureau est adhérente à H/F Île-de-France, une association pour l’égalité femmes/hommes dans le théâtre (Voir : Théâtre : l’égalité, saison 1). Elle est également plus vigilante sur les modèles que donnent à voir les pièces aujourd’hui.

Metteuse en scène à plein temps

Pauline Bureau a retenté l’écriture collective avec Sirènes, qui sera créée en janvier prochain. Pour écrire cette pièce sur les secrets de famille et la transmission, elle a sollicité toute la compagnie. Quoi qu’elle participe à des textes et fasse des adaptations, elle se définit donc comme principalement metteuse en scène.

Quant au métier de comédienne, si elle a été formée à l’École du Studio Jean-Louis Martin Barbaz puis au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, elle ne le pratique plus : « Dès le conservatoire j’ai préféré la mise en scène. Mais j’ai joué jusqu’en 2007. »

Elle s’est également aventurée dans le cinéma : en tant qu’actrice au début de sa carrière, puis en tant que réalisatrice d’un court-métrage en 2009. Anna Lovenstein, histoire muette d’une petite fille, a remporté plusieurs prix dans des festivals ; mais actuellement sa créatrice s’en est retournée au théâtre.

La part des anges

Dès sa sortie du conservatoire en 2004, Pauline Bureau crée la compagnie ‘La Part des Anges’ avec des camarades de promotion. « La part des anges, c’est la partie de l’alcool qui s’évapore quand il est mis en tonneau pour vieillir, c’est ce qui est éphémère », explique la metteuse en scène. Ensemble les jeunes comédiens montent Un Songe, d’après le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare, traduit et adapté par Pauline. Ils iront le jouer pendant un mois au Maroc.

Ce qui intéresse la metteuse en scène ce sont « les écritures d’aujourd’hui » : Malin Axelsson (Je suis une bulle), John Marsden (Lettres de l’intérieur, une nouvelle adaptation de roman), Koltès (Roberto Zucco). En 2012, alors que Modèles est en tournée, elle adapte et met en scène La meilleure part des hommes de Tristan Garcia, sur l’histoire du sida les trente dernières années.

Depuis le début de l’année Pauline Bureau est metteuse en scène associée au Théâtre Dijon Bourgogne. Elle va y jouer La meilleure part des hommes, y reprendre Modèles et y créer Sirènes. « C’est merveilleux parce que la compagnie a une maison. On a des moyens de production, on peut faire des choses… » La résidence devrait durer durer jusqu’à fin 2016, le temps du mandat de Benoît Lambert en tant que directeur du théâtre.

 

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