Accueil International «Mon corps m’appartient», regard féministe de l’ONU sur la population mondiale

«Mon corps m’appartient», regard féministe de l’ONU sur la population mondiale

par Rebecca Wolozinsky

Cette année, le rapport de l’ONU sur l’« État de la population mondiale 2021»  se concentre sur les droits des femmes à disposer de leur corps.

Dans le monde, encore aujourd’hui, seulement 55 % des femmes sont pleinement en mesure de faire des choix en matière de santé et de contraception, d’accepter ou de refuser un rapport sexuel. C’est l’un des chiffres du rapport annuel de l’UNFPA (Le Fonds des Nations unies pour la population ) sur l’état général de la population mondiale en 2021. Un rapport intitulé « Mon corps m’appartient »  qui, pour la première fois, aborde le sujet du droit des femmes à disposer de leur propre corps dans les législations nationales.

Deux indicateurs ont été ajoutés : un indicateur d’« autonomie corporelle » des femmes, avec des questions comme « Pouvez-vous prendre les décisions relatives à votre santé et à la contraception ? » ou « Pouvez-vous dire ‘non’ à votre mari ou à votre partenaire si vous ne voulez pas de rapport sexuel ? » et un indicateur permettant de savoir si « l’accès aux soins sexuels et reproductifs ainsi qu’à l’éducation sexuelle pour les plus de 15 ans » est inscrit dans la loi.

Cette nouvelle approche de l’agence Onusienne est qualifiée de féministe par l’ONG Equipop qui travaille à faire avancer la santé et les droits des femmes et des filles dans le monde. Un tournant de bon augure « deux mois avant le Forum Génération Égalité, rassemblement mondial pour les droits des femmes, qui se déroulera en juin en France. Dans ce processus, la France est pilote de la coalition d’action ‘liberté à disposer de son corps et droits et santé sexuels et reproductifs’ » précise Equipop.

Initialement basé sur une analyse démographique, le rapport annuel de l’UNFPA se fonde donc cette fois-ci sur les droits des femmes pays par pays et l’impact de ces législations sur l’autonomie corporelle des femmes et des jeunes filles. Cette autonomie se mesure par le pouvoir et la liberté des femmes de faire des choix concernant leur propre corps sans craindre de violences et sans qu’un tiers ne décide à leur place.

En moyenne dans le monde, les femmes ne disposent que de 75 % des droits légaux des hommes, et n’ont pas le pouvoir de contester ces disparités en raison de leur faible niveau de participation à la vie politique, et aux autres formes de prises de décisions. Une marginalisation économique qui nuit à leur indépendance financière et logiquement diminue leurs capacités à prendre des décisions autonomes en matière de sexualité, de santé et de contraception.

Encore aujourd’hui, 43 pays ne disposent d’aucune loi interdisant le viol conjugal, et plus de 30 pays restreignent le droit des femmes à se déplacer à l’extérieur de leur domicile, vingt pays ou territoires ont  des lois permettant à un violeur de se marier avec sa victime. « La privation de l’autonomie corporelle constitue une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles qui renforce les inégalités et perpétue la violence engendrée par la discrimination sexiste », affirme Natalia Kanem, Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population. «Inversement, ajoute-t-elle, une femme qui a le contrôle de son corps a plus de chances de mieux maîtriser d’autres aspects de sa vie. Non seulement elle gagne en autonomie, mais elle profite aussi d’une meilleure santé, d’une meilleure éducation, de revenus plus élevés et d’une sécurité accrue. Elle a plus de chances de s’épanouir, et sa famille également. »

De fait, plus un pays légifère et ratifie des traités internationaux sur la protection des femmes et leur autonomie corporelle, plus les femmes seront libres, cela va de soi.

 

 

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Cap Natation 1 mai 2021 - 20:41

Cela parait évident.

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