Accueil Politique Municipales : la parité n’a pas freiné les candidatures

Municipales : la parité n’a pas freiné les candidatures

par Arnaud Bihel

MarianneLes chiffres le prouvent : le principe de parité n’a pas empêché de constituer des listes pour les élections municipales. Pour la première fois, dans toutes les communes de plus 1 000 habitants les listes devaient être composées en alternance d’hommes et de femmes (ou de femmes et d’hommes). C’est la conséquence de la loi adoptée le 17 avril 2013. Cette disposition ne concernait jusque là que les communes de plus de 3 500 habitants.

Cette extension de la parité n’avait pas manqué de heurter quelques sensibilités. Le 6 mars encore dans l’inénarrable Valeurs Actuelles, un article s’en prenant aux « dérives du féminisme » se lamente sur « les difficultés pour les candidats de recruter des femmes volontaires sur leurs listes. » Autre exemple, en octobre dernier, un élu local, Bernard Ronsin, s’emportait : « La parité, c’est une connerie ! On va forcer les femmes à faire de la politique alors qu’elles n’en ont pas forcément envie. Dans ma profession, j’ai affaire à de plus en plus de femmes. Il y en a de très compétentes, mais elles nous pourrissent la vie. Elles seraient mieux avec des casseroles à faire de la confiture. » (Il vient de se voir décerner, pour ses propos, le prix du ‘Macho de l’année’ des Chiennes de Garde)

N’en déplaise à ces Cassandre, les difficultés n’étaient pas si terribles, puisque sur les 9 734 communes de plus de 1 000 habitants en France, une seule ne compte aucune liste candidate pour les élections municipales.

« L’extension du scrutin de liste proportionnel et paritaire décidé par la représentation nationale a donc bien fonctionné », souligne le ministère de l’Intérieur.

Les élections municipales des 23 et 30 mars conduiront 16 000 femmes supplémentaires à faire leur entrée dans les conseils municipaux des petites communes.

 

Photo : Le buste de Marianne dans la salle principale de l’Hôtel de Ville de Cognac.Par Pierre-Alain Dorange sur Flickr

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4 commentaires

FClerfeuille 11 mars 2014 - 09:33

Ce n’est pas parce qu’une seule commune n’a pas réussi à présenter de liste qu’il n’y a pas eu de problème lié à la parité. J’habite en zone rurale et je connais des candidats de différentes communes de la région. Ils sont unanimes sur le fait que trouver suffisamment de femmes pour établir une liste paritaire a été très difficile. Certains ont dû renoncer à se présenter pour cette raison.

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chacha 13 mars 2014 - 12:42

Candidate moi-même sur une liste, je peux vous assurer que oui, tout le monde s’est lamenté lors de la constitution de la liste, mais que, surprise, on avait toutes nos femmes! Et même plus: on avait 8 personnes de trop: 4 hommes et 4 femmes! Bizarre non?

Sans la parité: on redemande aux mêmes qu’à l’élection d’avant, des hommes, qui complètent éventuellement avec leurs potes, résultat « naturellement » il n’y a que des hommes (une femme, si elle veut être présente, doit venir s’imposer)

Avec la parité: on oblige ceux qui constituent la liste à aller vers les femmes, et devinez quoi? Il y en a! c’est même la moitié de la population!! En plus, elles ne sont pas plus difficiles à convaincre que les hommes!
CQFD

« Amotsdelies »
Ils sont unanimes sur le fait que trouver suffisamment de femmes pour établir une liste paritaire a été très difficile.

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FClerfeuille 13 mars 2014 - 18:56

« chacha »
… elles ne sont pas plus difficiles à convaincre que les hommes!

Peut-être chez vous, mais dans mon secteur je peux vous assurer qu’elles (nous, puisque je suis aussi une femme ^^) sont bien plus difficiles à convaincre…
Dans mon précédent commentaire, lorsque j’évoquais « des candidats », il s’agissait bien sûr de personnes des deux sexes, dont une femme tête de liste qui a eu bien du mal à convaincre neuf autres femmes de la rejoindre.

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chacha 14 mars 2014 - 10:58

« Amotsdelies »
dont une femme tête de liste qui a eu bien du mal à convaincre neuf autres femmes de la rejoindre.

Mais visiblement elle a réussi! Ce que je veux dire c’est qu’on a:
1) une distorsion de perception: on se persuade que les femmes sont un problème, que c’est difficile, mais en fait on y arrive!
2) une distorsion d’habitude, de la part des candidats comme des citoyens. Les candidats pratiquent une politique « entre hommes » (ex: parler pour ne rien dire jusqu’à minuit, s’interpeller à grand coup de gueule, voire balancer des réflexions sexistes, et surtout rappeler toujours les mêmes, qu’ils soient hommes ou femmes, dans un mouvement conservatiste). Si la parité doit les faire changer, pour que les femmes, et d’autres hommes aussi, les trouvent acceptables, tant mieux. Idem pour les citoyennes, qui, en rentrant dans la politique, devront apprendre à s’imposer en tant que personne, et arrêter de s’excuser de vivre. Dit comme ça c’est un peu caricatural, mais le fait est que si on a dû en venir à une loi c’est bien qu’il y avait des résistances internes et externes, à vaincre.
Au lieu de se laisser aller aux jérémiades, combattons!

Si, dans une commune, les femmes sont aussi nombreuses que les hommes, tout problème rencontré montre que chacun doit se remettre en question. Quant aux communes composées uniquement d’hommes, je ne sais pas si ça existe, je demande à voir pour le croire…

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