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Nouvel accord pour l’égalité à l’ONU

par Arnaud Bihel

CSW58La 58ème Commission de la condition du statut de la femme fixe un nouveau cap pour des objectifs d’égalité entre les femmes et les hommes. Un accord qui n’était pas gagné d’avance.


 

La déclaration adoptée à l’issue de 58ème Commission de la condition du statut de la femme à l’ONU (CSW58), samedi 22 mars, représente « une étape décisive » pour les femmes et les filles, se félicite la directrice exécutive d’ONU Femmes, Phumzile Mlambo-Ngcuka. La plupart des ONG ayant participé à la conférence disent également leur satisfaction.

En 2013, la commission avait abouti sur un texte considéré comme un succès, qui était parvenu à dépasser les oppositions religieuses pour soutenir la lutte contre les violences (Voir : L’ONU s’accorde contre les violences de genre).

Un objectif unique pour l’après-2015

Cette année, la thématique concernait les Objectifs du millénaire pour le développement, et les moyens d’aller plus loin que ces objectifs qui arrivent à terme en 2015, avec des résultats inégaux. Et, malgré les craintes, après 10 jours de négociations, cette CSW58 a pu aboutir à un nouveau consensus.

La déclaration finale d »une vingtaine de pages déplore la « persistance de la pauvreté féminine » et insiste ainsi sur ce point : le programme de développement pour l’après-2015 doit comprendre un objectif clair et unique pour l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes. C’est une demande de longue date portée par ONU Femmes. Sa directrice par intérim le développait en mai dernier dans une tribune publiée par Les Nouvelles NEWS.

Orientations précises

Plus en détails, la déclaration finale insiste sur le fait que les futurs objectifs pour le développement devront faire référence à l’élimination de la violence envers les femmes et les filles. Elle appelle clairement à la fin des mutilations génitales féminines et des mariages précoces.

Le texte insiste également sur le poids des « normes sociales et des stéréotypes de genre discriminatoires ». Il évoque la nécessaire égalité des revenus, et une meilleure conciliation entre travail rémunéré et responsabilités domestiques, à la fois pour les femmes et les hommes. Et souligne l’enjeu de la participation des femmes à tous les niveaux de prise de décision. Pour ce faire, la déclaration va jusqu’à recommander « des mesures spéciales temporaires » – une façon de ne pas mentionner explicitement les quotas.

Consensus sur les droits sexuels

Surtout, et ce n’était pas gagné d’avance, la déclaration finale évoque clairement le devoir pour les États de fournir « des services, des informations et une éducation de qualité sur les soins reproductifs et sexuels », en précisant qu’ils doivent inclure « des méthodes modernes et efficaces de contraception et de contraception d’urgence, des programmes de prévention des grossesses adolescentes ». Le droit à l’avortement est lui aussi évoqué même si, fruit d’un compromis avec les pays les plus conservateurs, le document le réserve aux cas où « de tels services sont autorisés par les lois nationales ».

La nécessité du compromis a également fait disparaître du texte toute référence à l’orientation sexuelle et l’identité de genre. La question, également sensible, de l’éducation sexuelle, figure quant à elle dans la déclaration finale. Mais avec des nuances. Il est précisé qu’elle doit être prodiguée « selon les orientation et conseils appropriés des parents ou tuteurs légaux ».

 

 

Photo : Session de la CSW58 le 11 mars 2014 © UN Women/Ryan Brown

 

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