Accueil Politique L’ONU s’accorde contre les violences de genre

L’ONU s’accorde contre les violences de genre

par Arnaud Bihel

Bachelet15mars_h150Les Etats membres sont parvenus au consensus pour s’engager contre les violences faites aux femmes. La déclaration finale rejette le relativisme culturel ou religieux. Un succès, malgré des concessions.


« Nous l’avons fait ! », s’est écrié Michelle Bachelet dans un climat d’allégresse. La 57ème session de la Commission des Nations Unies sur le statut de la femme (CSW57) s’est achevée sur un succès, vendredi 15 mars. Après deux semaines de réunion, les Etats membres sont parvenus à s’accorder sur une déclaration, actant ainsi le fait que « la discrimination et la violence envers les femmes et les filles n’a pas sa place au 21ème Siècle », selon la directrice d’ONU Femmes.

Cet accord est d’autant plus significatif que lors de la dernière conférence de la Commission consacrée aux violences, 20 ans plus tôt, les participants n’avaient pas réussi à s’entendre. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, salue un accord « historique ».

« Universalisme des droits des femmes »

Les « conclusions » de la session, un texte de 16 pages (ici en anglais), affirment notamment qu’« aucune coutume, tradition ou considération religieuse » ne peut être invoquée par un Etat pour justifier un manque d’engagement contre les violences faites aux femmes. Il s’agissait de rappeler « les principes d’universalisme des droits des femmes, d’égalité entre les sexes et le refus de tout relativisme culturel ou religieux qui tenterait de mettre en cause les droits qui y sont attachés », insiste la ministre française des Droits des femmes. Jusqu’au bout, plusieurs pays à fondement religieux, comme le Vatican, l’Iran ou la Russie, ont tenté de rayer ce passage du texte (Voir : Violences de genre : l’ONU face aux traditions). Et s’ils n’ont pas obtenu gain de cause, ils ont eu droit à des concessions : aucune référence à l’homosexualité, par exemple, n’apparaît dans la déclaration finale. On n’y retrouve pas non plus la notion de viol conjugal.

Le texte insiste sur la nécessité de prévenir les violences, par l’éducation et la prise de conscience, mais aussi en combattant les inégalités de genre dans les domaines politiques, économique et social. Elle fixe également comme priorité l’accompagnement des victimes. Et souligne l’importance des droits sexuels et reproductifs.

L’un des signaux du texte est l’accent porté sur les violences domestiques, qui doivent être combattues en « priorité ». Dans une soixantaine de pays dans le monde, pour plus de 600 millions de femmes, les violences domestiques ne sont pas punies par la loi.

Michelle Bachelet retourne au Chili

Mais ce texte, aussi important soit-il, n’est pas une fin en soi. S’il fixe des lignes directrices, il n’impose pas aux Etats de s’y tenir. Le temps est donc maintenant celui du respect de ces principes, a souligné Michelle Bachelet. Laquelle a profité de cette conclusion heureuse pour annoncer qu’il s’agissait là de sa dernière session à la tête d’ONU Femmes. L’ancienne présidente du Chili va « pour des raisons personnelles, retourner au pays ».

Si elle n’a pas fait acte de candidature, dès l’automne dernier les spéculations allaient bon train sur son intention de briguer à nouveau la présidence (Voir : Michelle Bachelet à nouveau présidente ?). Le Chili doit se choisir un nouveau chef de l’Etat à la fin de l’année, et elle apparaît comme la favorite. A ONU Femmes, Michelle Bachelet aura été « la bonne personne, au bon poste, au bon moment », écrit dans un communiqué le secrétaire général de l’ONU, saluant son « leadership visionnaire ».

 

Photo : UN Women/Catianne Tijerina. Michelle Bachelet à la clôture de la CSW57, le 15 mars 2013

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