Pas de paix sans les femmes : nouvelle résolution à l’ONU

par Arnaud Bihel
UNPeace

Phumzile Mlambo-Ngcuka le 18 octobre 2013 devant le Conseil de sécurité © UN Photo/Paulo Filgueiras

L’ONU s’engage à donner plus de places aux femmes dans les négociations et opérations de paix. C’est le sens d’une nouvelle résolution adoptée par le Conseil de sécurité.


 

Depuis la fin de la guerre froide, 4% des signataires des traités de paix sont des femmes. Treize ans après un texte pionnier, la résolution 1325, les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont adopté vendredi 18 octobre une nouvelle résolution, la 2122. Une nouvelle « feuille de route » pour donner plus de place aux femmes dans la résolution des conflits.

« Des mesures spéciales doivent être prises pour accroître le nombre des femmes à tous les niveaux de médiation, de maintien et de consolidation de la paix », souligne Ban Ki-moon. Mais ces dernières années la situation évolue, note le secrétaire général de l’ONU dans un rapport remis au Conseil de sécurité.

Stagnation au haut niveau

Aujourd’hui, cinq missions de l’ONU (au Soudan du Sud, au Libéria, à Chypre, en Haïti et en Côte d’Ivoire) sont dirigées par des femmes, un record. Exemple de bonne pratique : nommée en 2013 envoyée spéciale pour la région des Grands Lacs, en République démocratique du Congo, Mary Robinson a convoqué une conférence des femmes leaders de la région afin de guider ses travaux.

Mais la situation globale reste perfectible. En décembre 2012, 60% des opérations de maintien de la paix comptaient des spécialistes de la problématiques hommes-femmes, pas plus qu’ en 2011.

Seuls 3 accords de paix sur 10 appuyés par l’ONU en 2012 comprennent des dispositions relatives à la participation des femmes, déplore de son côté la nouvelle Directrice exécutive d’ONU-Femmes », Phumzile Mlambo-Ngcuka.

Les hautes instances de l’institution ne donnent d’ailleurs pas l’exemple : « Le nombre de femmes qui occupent des postes de haut niveau au sein des missions des Nations Unies stagne », déplore Phumzile Mlambo-Ngcuka. Un an plus tôt, une coalition d’ONG adressait des remarques similaires (Voir : Femmes et conflits armés : une résolution à concrétiser).

L’argent, nerf de la paix

Les États membres doivent redoubler d’efforts pour nommer davantage de femmes à des postes de responsabilité, mais aussi dans les troupes de maintien de la paix, souligne la nouvelle résolution.

Le texte contient en outre deux éléments salués par ONU Femmes : il reconnaît que l’impact des conflits sur les femmes est exacerbé par « l’inégalité des droits qui leur sont reconnus au regard de la citoyenneté » ; et souligne « la nécessité de ménager un accès sans discrimination à l’ensemble des services d’hygiène et de santé procréative, y compris en cas de grossesses résultant de viols ».

La résolution engage par ailleurs les États membres à mettre au point des « mécanismes de financement spécialisés ». Car l’argent reste le nerf de la paix. Ban Ki-moon regrette ainsi dans son rapport qu’il « n’existe guère de mécanismes de financement visant à aider les groupes de femmes à renforcer leurs capacités de base de s’organiser. »

Et quand des mécanismes existent l’argent est loin d’affluer. En 2012, l’ONU a ouvert un guichet « spécialement consacré à la question de la violence faite aux femmes dans les situations de conflit ». Pour répondre aux 2 210 demandes émanant de 121 pays, il aurait fallu 1,1 milliard de dollars. Mais l’ONU n’a pu débloquer que 8,4 millions de dollars… moins de 1% de la demande.

 

Partager cet article

1 commenter

tamere123 24 octobre 2013 - 10:15

Comment « LE MONDE, dans son ensemble » entend -il compenser sur le plan mondial, le fait que nous manquerons de femmes. N’oublions pas que les chinois ont limité le nombre de naissance à 1 enfant pendant de nombreuses années (depuis 1979). Selon les rapports d’ONG, il manque entre 50 et 80 millions de femmes en Chine. Et nous savons qu’en Inde, les enfants de sexe masculin sont mieux acceptés qu’un enfant de sexe féminin. D’où de nombreux avortement dès que l’on sait (grâce aux échographies) que l’on attend une petite fille. Donc insuffisamment de femmes ?????????

Répondre

Laisser un commentaire