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Le Pape ferme la porte aux femmes

par Arnaud Bihel
Pape

Le Pape François lors de sa messe d’inauguration, le 19 mars 2013 © Mazur/catholicnews.org.uk

L’interdiction de la prêtrise aux femmes est définitive, a assuré le chef des catholiques de retour de Rio.


 

Le Pape François a clairement dit « non » à l’accès des femmes à la prêtrise. C’est la première fois qu’il s’exprimait sur cette question, lors d’une conférence de presse dans l’avion qui le ramenait des Journées mondiales de la jeunesse, à Rio de Janeiro. Certes, « on ne peut pas imaginer une Eglise sans femmes actives », juge le Pape François, pour qui « une Eglise sans les femmes est comme le collège des apôtres sans Marie ».

Autant dire : elles peuvent et doivent être actives, mais à l’écart des rôles officiels. Le chef de l’Église catholique a d’ailleurs été clair : l’ordination de femmes prêtres n’a pas lieu d’être. « Cette porte est fermée », a-t-il asséné, fermant lui-même la porte aux espoirs que son élection avait pu susciter (Voir : Le pape François, des pas vers les femmes ?) et alors qu’aux Etats-Unis, notamment, des voix s’élèvent pour l’ordination de femmes (Voir : Aux États-Unis, croisade pour les femmes prêtres).

En France, le cardinal Barbarin s’était montré tout aussi catégorique en février dernier (Voir : Des femmes prêtres ? Jamais !). A noter que la prêtrise est loin d’être le seul niveau de ségrégation dans l’Eglise : en 2012, des catholiques pour l’égalité dénonçaient le fait que des dizaines de paroisses réservent le rôle d’enfant de chœur aux garçons (Voir : Filles exclues des autels : des catholiques interpellent les curés).

 

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4 commentaires

Lucette 29 juillet 2013 - 15:27

Donne-t-il des raisons ? ou est-ce parce que l’église a toujours un doute sur le fait que nous ayons une âme ?
Après ils s’étonneront que les gens désertent leurs églises…

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imeon 29 juillet 2013 - 19:00

Prêtresse serai un gros mot ?

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Lili 31 juillet 2013 - 09:32

C’est marrant parce que dans la sphère catholique, ces propos sont perçus comme un changement très progressistes. En effet, les « rôles officiels » dont vous parlez sont très nombreux, surtout depuis que le nombre de prêtres diminue. Le seul rôle exclusif du prêtre est celui de la célébration des sacrements. C’est énorme, mais aussi très symbolique.

Cela veut dire que le Pape encourage le fait que les femmes soient admises à toutes les responsabilités professionnelles et sociales des hommes – et des prêtres- dans l’Eglise : théologie, mais aussi gestion des diocèses, des finances, etc. C’est déjà plus ou moins le cas mais il y a des résistances, notamment au Vatican. Le Pape secoue donc le cocotier, et pour ma part je m’en réjouis.

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Lili 31 juillet 2013 - 09:35

« Lucette »
Donne-t-il des raisons ? ou est-ce parce que l’église a toujours un doute sur le fait que nous ayons une âme ?
Après ils s’étonneront que les gens désertent leurs églises…

Les raisons sont connues depuis des dizaines d’années. Dans la célébration des sacrements (et uniquement cela), le prêtre agit « in persona christi », c’est -à-dire « en la personne du Christ ». A la différence des pasteurs protestants, les prêtres dans l’exercice des sacrements sont considérés comme « incarnant » Jésus. Or Jésus était un homme. Il ne peut donc être « incarné » que par un homme.

Je ne dis pas que je partage totalement ce point de vue, mais c’est, en gros, la base théologique de l’exclusion de la prêtrise des femmes. Car notons que toutes les autres formes de vie religieuse catholique sont obligatoirement (et depuis des siècles, par le droit canon) ouvertes aux hommes et aux femmes de manière égale.

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