Accueil Politique & SociétéÉLECTIONS 2017 Parité aux législatives ? « Le compte n’y est toujours pas »

Parité aux législatives ? « Le compte n’y est toujours pas »

par Arnaud Bihel
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Assemblée nationale, par Jérôme Bon sur Flickr (CC BY 2.0)

Parmi les candidat.e.s aux élections législatives, 42,4% de femmes : « Pas d’amélioration notoire » par rapport aux deux précédents scrutins, déplore le HCE. Le point sur les chiffres et les limites de la loi.


En moyenne, 6 femmes et 8 hommes par circonscription. Au total, 7 882 candidat.e.s sont en lice pour les élections législatives des 11 et 18 juin, selon la liste officielle publiée mardi 23 mai par le ministère de l’Intérieur.
Parmi ces candidat.e.s figurent 3 344 femmes : 42,4% du total. C’est un tout petit progrès par rapport à 2012, où elles représentaient 40% des candidat.e.s. Elles étaient 41,6% en 2007.

« Le compte n’y est toujours pas, loin s’en faut », déplore le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes : « 17 ans après la première loi incitant les partis politiques à investir 50% de femmes parmi leurs candidat.e.s (…) les contraintes légales et les retenues financières n’ont pas permis d’amélioration notoire », regrette le HCE. Et ce, malgré les avancées récentes que sont le doublement des retenues financières pour les partis ne respectant pas la parité des candidatures aux législatures, et la loi sur le non-cumul des mandats (80% des parlementaires en situation de cumul étant des hommes).

Des « divers » très masculins

Dans le détail, la liste définitive des candidatures mise en ligne par le ministère de l’Intérieur montre que c’est hors des grands partis que les hommes sont particulièrement surreprésentés : là où la loi sur la parité, qui touche au financement des partis, n’a pas d’influence.

Ainsi, le petit millier de candidat.e.s classé.e.s « divers droite » et « divers gauche » sont à 70% des hommes. Les quelques 1 400 candidatures classées comme « divers » sont masculines à 60%.

Partis hors-la-loi et bons élèves

Mais certains « grands partis » non plus ne jouent toujours pas le jeu de la parité. Ainsi, le Parti socialiste reste finalement loin du compte. Le PS, qui à l’été 2016 prévoyait de présenter « plus de femmes que d’hommes » en a finalement investi 48 de moins (183 sur 414). Elles ne représentent que 44% des candidat.e.s sous l’étiquette PS, à peine mieux qu’en 2012.

L’UDI qui plafonnait une semaine plus tôt à 35% a finalement donné un coup de collier pour atteindre 39% de candidates (58 sur 148), au même niveau que Les Républicains (187 sur 480).

Voilà pour les cancres. En revanche la parité est respectée au regard de la loi (au-delà d’un écart de 2% entre candidates et candidats, les pénalités sont activées) pour La République en Marche (232 femmes, 229 hommes), pour le Front National (281 femmes, 290 hommes) et EELV.

Elle ne l’est pas tout à fait pour la France Insoumise (264 femmes sur 556 candidat.e.s, soit 47,5%) et pour le Parti communiste (215 sur 461, soit 46,5%), contrairement à ce qui était annoncé par leurs instances.

Pour qui les meilleures circonscriptions ?

Reste que ces chiffres ne rendent « pas compte du nombre de femmes investies dans des circonscriptions réputées ‘non-gagnables’ », note aussi le HCE. Certains, comme le sociologue Baptiste Coulmont, relèvent déjà que, chez LR et le FN en particulier, les femmes sont davantage investies dans les circonscriptions où le/la représentant.e de leur parti a fait un mauvais score à la présidentielle.

https://twitter.com/coulmont/status/867030310537625601

En 2012, pour 40% de candidates, les femmes ne représentaient au final que 27% des élu.e.s. Les meilleures places pour les hommes, toujours un classique en 2017 ?

Qui veut perdre des millions ?

Côté gros sous, enfin, le non-respect de la parité va priver Les Républicains, tout comme l’UDI, de 33% de l’aide publique liée aux résultats des législatives (et qui représente la moitié de la dotation totale de l’Etat aux partis représentés au Parlement), le PS de 17%. Le montant de cette aide reste à déterminer puisqu’il est fonction du nombre de voix obtenues.

Lors de la précédente législature, selon les calculs du Haut Conseil à l’Egalité, le non-respect de la parité aux élections législatives a coûté à l’UMP (devenu Les Républicains) plus de 18 millions d’euros sur 5 ans. Au PS près de 6,5 millions d’euros.

 

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fmontreynaud@gmail.com 30 mai 2017 - 09:26

La perte financière n’est donc pas une motivation suffisante. Seule efficace, l’invalidation. Grrrrrr !

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