Accueil Politique & Société Tout juste 10 présidentes de départements

Tout juste 10 présidentes de départements

par Arnaud Bihel

Les élections aux présidences des Conseils départementaux se déroulaient jeudi 2 avril. On ne comptait que 6 femmes présidentes sous la précédente mandature, elles sont désormais 10, sur 101 départements.


Les élus de droite n’aiment pas dire « madame la présidente » (voir ici). Cette épreuve va leur être épargnée dans la plupart des départements. Car si la proportion de femmes élues dans les Conseils départementaux est passée de 16 à 50%, loi oblige, celle des présidentes de ces conseils n’a pas connu la même évolution, loin de là. Elle passe de 6% à 10%. On ne comptait que 6 femmes présidentes sous la précédente mandature, elles sont désormais 10, sur 101 départements.

A l’issue du « troisième tour », jeudi 2 avril, seules 8 femmes ont été élues ou réélues présidentes d’assemblées départementales. Elles rejoignent les deux présidentes qui n’étaient pas concernées par ces élections, Anne Hidalgo (PS) à Paris et Josette Manin (BPM, gauche) en Martinique.

A droite, la seule présidente sortante, l’UDI Nassimah Dindar, a été réélue à La Réunion.

Tandis que l’UMP compte trois présidentes de départements :

Christine Bourquin dans le Doubs ;

Martine Vassal dans les Bouches du Rhône ;

Valérie Simonet dans la Creuse (l’occasion de rappeler dans son discours que lors de sa première élection, en 2004, elle était la seule femme au côté de 26 hommes).

Avec deux fois moins de départements en poche, le PS compte quatre présidentes :

Hermeline Malherbe a été réélue dans les Pyrénées-Orientales ;

Sophie Pantel est devenue présidente du département de Lozère ;

Nathalie Sarrabezolles présidera le Conseil départemental du Finistère.

Josette Borel-Lincertin a été la dernière élue, à la tête de la Guadeloupe.

Dans le Lot, la présidence du département, à majorité socialiste, devait revenir à Geneviève Lagarde, désignée chef de file par les militants PS en décembre. Mais le président sortant, Serge Rigal, comptait bien rempiler. Au point d’entrer en dissidence, et de se mettre en congé du PS à la veille de l’élection à la présidence du conseil départemental… qu’il a remportée dès le premier tour ce jeudi.

Le même plafond de verre politique se retrouve dans les autres assemblées. Règles de parité obligent, les femmes représentent 48,2% des conseillères municipales dans les communes de plus de 1000 habitants… mais seulement 12,9% des maires. (Et en comptant les communes de moins de 1000 habitants, 40,3% des conseillères et 16% des maires).

Elles occupent également 48% des sièges dans les Conseils régionaux… mais une seule région est présidée par une femme : Marie-Guite Dufay en Franche-Comté (Voir aussi : Têtes de listes pour les régionales : les hommes d’abord).

 

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Parité politique : le HCEfh veut des partis exemplaires

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2 commentaires

flo 2 avril 2015 - 14:30

Pour qu’une femme soit élue à la Présidence d’un Conseil Départemental, encore fallait-il qu’elle se porte candidate. Il serait intéressant de comparer le nombre de femmes s’étant porté candidates avec le nombre d’élues.. Peut-on parler de plafond de verre si les femmes ne candidatent pas ? Bien entendu, la question peut se poser de savoir POURQUOI elles ne le font pas : manque de confiance en soi, poids de la menace du stéréotype, manque d’ambition, sentiment d’illégitimité..

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Lili 6 avril 2015 - 18:37

Bonne remarque.
Mais j’ajoute deux suggestions de réponse, liées au même phénomène de la parité forcée :
– les hommes forcés d’avoir une co-candidate leur ont bien fait comprendre dès le départ que la règle du jeu, c’est « je garde ma (1ere) place, toi tu es là parce qu’on n’a pas le choix.
– les hommes de bonne volonté ont souvent une co-candidate plus jeune et moins expérimentée, parce que jusque-là il y avait peu de femmes dans ces élections. Du coup il était assez prévisible qu’elles ne soient pas en situation de se présenter, et qu’elles ne l’aient pas souhaité (je connais une élue dans ce cas. Je peux vous dire que la prochaine fois, avec une mandature d’expérience et un président âgé, elle ne manquera ni de confiance, ni de liberté personnelle ni d’ambition ni de sentiment de légitimité pour revendiquer le poste).

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