Accueil CultureCinéma Pour les réalisatrices, Venise n’est pas Cannes

Pour les réalisatrices, Venise n’est pas Cannes

par Arnaud Bihel

mostra69_h150Contrairement au dernier festival de Cannes, la Mostra de Venise mettra en avant des films réalisés par des femmes. La sélection de la Semaine internationale de la critique est même paritaire.


 

Le dernier Festival international du film de Cannes avait été marqué par la polémique sur l’absence de films signés par des femmes en compétition officielle. Au prochain festival de Venise, les réalisatrices seront là. Et les responsables du festival le font remarquer.

La sélection officielle de la 69ème Mostra a été dévoilée jeudi 26 juillet. Sur 17 films en compétition, deux sont réalisés par des femmes et un troisième par un duo homme/femme. Et on savait déjà que le thriller politique « L’Intégriste Malgré Lui », de l’indienne Mira Nair , fera l’ouverture du festival vénitien, hors compétition, le 29 août (1). Le directeur de la Mostra Alberto Barbera soulignait à ce sujet : « C’est un choix qui met en évidence le rôle croissant de la créativité féminine dans toutes les sphères de la culture et la société contemporaine. »

Quant à la Semaine internationale de la critique (SIC) du Festival de Venise, où concourent des premiers films en parallèle à la Mostra, elle présentera en compétition autant de films réalisés par des femmes que par des hommes. Quatre et quatre, un neuvième film étant collectif.

 « Pas un hasard »

En conférence de presse, mercredi 25 juillet, le directeur général de la SIC s’est directement référé à la récente polémique cannoise : « Lors du dernier Festival de Cannes, l’absence de réalisatrices dans la compétition officielle a créé une importante controverse. Nous voulons rassurer ceux qui pensent que des quotas de femmes sont nécessaires dans les festivals de cinéma : la forte proportion de réalisatrices qui ont proposé leur premier film cette année souligne une énergie et un besoin d’expression qui dépasse les obstacles culturels, politiques et économiques. »

Et Francesco Di Pace d’enfoncer le clou : « Ce n’est pas un hasard que cette année 4 des 8 réalisateurs soient des femmes. Ce n’est pas non plus un choix opportuniste : le cinéma est un art qui connaît de profondes transformations, et il est un langage universel qui triomphe des barrières de genre, raciales, sociales et de censure. »

En réponse à la polémique sur l’absence de films de femmes en compétition officielle à Cannes en mai dernier, le délégué général du festival Thierry Frémaux avait, lui, laissé entendre qu’aucun film réalisé par une femme n’avait les qualités requises pour figurer dans sa sélection : « Je sélectionne des œuvres pour leurs qualités propres. Nous ne serons jamais d’accord pour sélectionner un film qui ne le mérite pas simplement parce qu’il est réalisé par une femme ».

 

A Deauville aussi

Le 38e Festival de cinéma américain de Deauville, qui se déroulera du 31 août au 8 septembre, fait lui aussi la part belle aux films réalisés par des femmes. La sélection dévoilée mercredi compte 4 oeuvres de réalisatrices (un autre est coréalisé par un homme et une femme) sur 13 films en compétition :

« Electrick Children », de Rebecca Thomas
« For Ellen », de So yong Kim
« Una Noche », de Lucy Mulloy
« Your Sister’s Sister » de Lynn Shelton
« Francine », de Brian M. Cassidy et Melanie Shatzky

 

 

Les réalisatrices dans la sélection officielle de la Mostra (du 29 août au 8 septembre) :

« La Cinquième Saison »
des Belges Peter Brossens et Jessica Woodworth

« Un Giorno Speciale »
de l’Italienne Cristina Comencini

« Linhas de Wellington »
de la Chilienne Valeria Sarmiento

 

Les réalisatrices dans la sélection de la SIC :

« Äta sova dö » (Mange, dors, meurs)
de la Suédoise Gabriela Pichler

« No Quiero Dormir Sola »
de la Mexicaine Natalia Beristain

« Xiao He » (Lotus)
de la Chinoise Liu Shu

« Kiss of the Damned »
de l’Américaine Xan Cassavetes

 


(1) Mira Nair avait obtenu le Lion d’Or à Venise en 2001 pour « Le Mariage des Moussons ». Sofia Coppola l’a reçu en 2010 pour « Somewhere ». A Cannes, la dernière – et seule – Palme d’or féminine remonte à 1993

 

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