Première dame ? De l’histoire ancienne au Chili

par Agathe Ripoche

Irina Karamanos a quitté son poste de première dame au Chili. Depuis l’élection de son compagnon Gabriel Boric à la tête du pays, celle-ci avait provisoirement endossé ce rôle, promis à disparaître.

Irina Karamanos lors de son discours de renoncement

Gabriel Boric, le nouveau président du Chili, l’avait annoncé lors de sa campagne et c’est chose faite. Le rôle de première dame est désormais de l’histoire ancienne pour le Chili, depuis que sa compagne Irina Karamanos a quitté, le 31 décembre dernier, les fonctions de coordinatrice socioculturelle qu’elle occupait au Palais présidentiel de la Moneda. 

Mais ce souhait de réformer la fonction de première dame a mis du temps à se concrétiser et les mouvements féministes chiliens dénonçaient l’incohérence de se décrire comme un gouvernement féministe et de conserver une fonction donnant accès au pouvoir pour la simple raison d’être en couple avec le Président.

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Lors de l’élection de son compagnon, Irina Karamanos avait dans un premier temps annoncé qu’elle n’occuperait pas le rôle archaïque et patriarcal de première dame totalement en décalage avec ses convictions féministes. Licenciée en anthropologie et sciences de l’éducation, Irina Karamanos fait partie du Front féministe du parti politique Convergencia Social, dont elle est l’une des membres militantes fondatrices. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle a connu Gabriel Boric et l’a convaincu de se lancer dans la course à la présidence du Chili.

Mais revirement de situation quand, en mars dernier, Irina Karamanos accepte le poste, en précisant toutefois son intention de le réformer. Sauf que le premier changement suscite une avalanche de critiques quand le “Bureau de la première dame” vient à s’appeler “Cabinet d’Irina Karamanos”.  Face à cette levée de boucliers, y compris dans ses propres rangs, le gouvernement fait rapidement marche arrière et au bout de quelques heures seulement explique qu’il s’agit d’une erreur administrative. Le poste prend alors le nom de “Coordination Socioculturelle de la Présidence de la République” et aura comme fonction d’identifier et proposer des solutions dans le but d’oeuvrer pour l’éradication des inégalités et des discriminations des groupes historiquement exclus, avec une approche intersectionnelle, de droits humains et une perspective de genre.

Neuf mois après, la polémique n’a donc plus lieu d’être et la promesse de campagne de Gabriel Boric est respectée. Irina Karamanos se dit fière de cette nouvelle étape qui s’ouvre au Chili car « les stéréotypes culturellement associés au rôle de premières dames vont enfin changer et un autre regard pourra désormais être porté sur les couples présidentiels ». Dans son discours de renoncement, celle-ci a assuré les chilien·es de son engagement envers son pays : « Je vais continuer de soutenir le Gouvernement, je vais continuer de soutenir le président, mon compagnon Gabriel Boric et, d’un autre côté, je vais davantage militer au sein de mon parti et je vais aussi évoluer dans mon domaine professionnel ».

Quant aux six fondations sociales qui faisaient partie de la Coordination socioculturelle qu’elle dirigeait jusqu’à présent, celles-ci seront chacune placées sous la responsabilité d’une personne nommée par les différents Ministères.

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