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Procter & Gamble ignore toujours les pères

par Arnaud Bihel

PG 2014Pour s’occuper des enfants, il n’y a que maman. Dans sa nouvelle campagne qui surfe sur les Jeux olympiques d’hiver, Procter & Gamble ressort le message des derniers JO d’été.


Procter & Gamble remet le couvert. A un mois de l’ouverture des Jeux olympiques d’hiver la multinationale qui est l’un des « grands sponsors » du Comité international olympique, met à nouveau en avant l’image enchantée de la « mère sacrificielle ».     

Ce nouveau clip de deux minutes (d’une minute ici dans sa version française) intitulé « Merci maman » montre des bébés et enfants qui chutent, et des mères qui les aident à se relever, soignent leurs bobos, puis vibrent avec eux lors de compétitions. Et de conclure par ce message : « Parce que tu nous as appris que l’important, c’est de se relever, merci maman »

En 2012, pour les JO d’été, Procter & Gamble avait déjà utilisé les mêmes ressorts, faisant passer le message que derrière chaque athlète, il y a une maman aux petits soins pour son enfant. Et seulement une maman. La firme qui commercialise dans le monde des dizaines de marques de produits ménagers, de soin et de beauté – pour hommes aussi – ne semble s’intéresser qu’aux femmes.

> Voir : Pub olympique pour la mère sacrificielle

Cette fois encore le clip est léché, parfaitement scénarisé, indéniablement porteur d’émotion. Mais la même question se pose à nouveau : où sont les pères ? Sur les deux minutes de clip, on entre-aperçoit les jambes d’un père pendant deux secondes. Eux aussi savent pourtant torcher les fesses des champion(ne)s, relève Nadia Daam sur Slate.fr.

Sur la page Facebook de la campagne, quelques commentaires déplorent aussi cette vision à sens unique : « Merci maman ET merci PAPA » ; « J’espérais que vous auriez retenu la leçon des derniers JO, apparemment non. Quelle honte ».

Dans le monde, Procter & Gamble est la compagnie qui dépense le plus d’argent pour la publicité. Elle y consacre chaque année plus de 9 milliards de dollars.

 

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4 commentaires

09 Aziza 8 janvier 2014 - 17:52

Oui, c’est vrai, on peut déplorer qu’il n’y ait pas d’image de père, mais soyons sérieuses: dans la vraie vie, ce sont effectivement majoritairement les mères qui éduquent les enfants; les pères qui s’en occupent sont surtout dans le ludique….et la question « où sont les pères, » les femmes se la posent bien souvent en réalité….

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delandre 9 janvier 2014 - 09:29

Les jeunes filles n’ont qu’à lire « On ne nait pas femme, on le devient » de De Beauvoir, arrêter de jouer les pondeuses… ce serait déjà un bon début…
quant au clip : on aurait du avoir une petite fille et le père… car les championnes se sont les filles/femmes… que les médias écartent (ou alors on dérive dans les histoire de couple)

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Féminazi 9 janvier 2014 - 10:31

« delandre »
Les jeunes filles n’ont qu’à lire « On ne nait pas femme, on le devient » de De Beauvoir, arrêter de jouer les pondeuses… ce serait déjà un bon début…

Ah ben oui, ça doit être la faute des femmes, je vois que ça…! Elles ont qu’à arrêter d’être soumises à leur objectification perpétuelle en tant que mères, à leur discrimination au travail qui les pousse à quitter leur boulot pour avoir des enfants, à la pression de la société qui les étiquette ratées si elles n’en ont pas. Ouais ça doit bien être leur faute. On dirait qu’elles l’auraient bien cherché ?

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Lili 9 janvier 2014 - 17:33

C’est vraiment insupportable. Du reste ça avait été relevé lors des derniers JO, comme vous le signalez. Ils ont pourtant recommencé, ce qui signifie que les protestations on été insuffisantes et que le résultat commercial de cette campagne a été excellent malgré le sexisme.
il y a donc un réel problème d’action des consommateurs vis-à-vis de ces marques. La page Facebook regorge de remerciements émus de mères qui se sentent « enfin reconnues » dans leur rôle. Ca en dit long,…

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