
Capture d’écran du clip de campagne d’Oxfam « La vérité sur les femmes et le chocolat » (voir : fin d’article)
Après un mois de campagne, Oxfam a obtenu de Mars et Nestlé des programmes d’action pour lutter contre les discriminations auxquelles sont confrontées les travailleuses du cacao.
En février, avec sa campagne La face cachée des marques, l’ONG Oxfam pointait du doigt les failles de la responsabilité sociale et environnementale des géants de l’agroalimentaire. Trois des plus puissants producteurs de chocolat au monde, Mars, Mondelez et Nestlé, étaient tout particulièrement épinglés pour les inégalités et les « discriminations généralisées » qui pénalisent des millions de travailleuses du secteur du cacao dans les champs ou les usines de transformation dans les pays en développement (Voir : Les politiques indigestes des géants de l’agroalimentaire).
Demi-salaire
Des femmes discriminées « en matière de revenus, de statut social ou de perspectives d’avenir ». Oxfam citait par exemple le cas d’Agnès Gabriel : elle gagne 3 dollars par jour sur la plantation de cacao pour laquelle elle travaille, alors que ses homologues masculins gagnent plus du double.
Depuis, plus de 60 000 personnes se sont mobilisées et ont signé la pétition sur le site dédié d’Oxfam pour demander à ces trois marques « d’arrêter de mettre les femmes à l’écart ». Et un mois plus tard, la mobilisation a payé : Mars et Nestlé se sont engagés sur quatre points :
Évaluer et mettre en lumière les conditions des femmes dans leurs chaînes d’approvisionnement du cacao ; mettre en place, d’ici un an, un plan d’action précis ; souscrire aux principes d’autonomisation des femmes définis par l’ONU ; et élaborer des programmes de lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes. (Plus de détails sur le site d’Oxfam. Voir également les communiqués, en anglais, de Mars et Nestlé).
Maintenir la pression
Le troisième géant, Mondelez International (ex-Kraft Foods), qui pèse 15% du marché mondial du chocolat, ne s’est en revanche pas manifesté. « Les consommateurs et investisseurs accentueront la pression si Mondelez reste sans réagir et laisse ses concurrents prendre la tête », avertit Alison Woodhead, responsable de la campagne La face cachée des marques. Sans donner un blanc-seing à ces concurrents réactifs : « Nous applaudissons ces premiers engagements de la part de Mars et de Nestlé. Mais seules des actions concrètes permettront un changement réel et durable. Nous continuerons à demander des comptes à ces deux sociétés et à exiger qu’elles honorent leurs promesses », souligne Alison Woodhead.
