Accueil Société Quand le recrutement carbure aux stéréotypes

Quand le recrutement carbure aux stéréotypes

par Arnaud Bihel

Les femmes sont moins enclines au risque, moins disponibles, mais plus douces et pédagogues…. une étude met en avant les stéréotypes sexués « naturellement » ancrés chez les recruteurs.


 

Chez les recruteurs, les stéréotypes sexués ont la vie dure. C’est ce que montre une étude publiée mardi 8 octobre par le Céreq, Centre d’études et de recherches sur les qualifications.

Les discriminations à l’embauche sont punies par la loi et les recruteurs en sont conscients. Mais ils « ont alors tendance à justifier leurs choix par des arguments qui leur paraissent totalement légitimes bien qu’ils soient, en réalité, fondés sur des stéréotypes. »

Lesquels, en négatif comme en positif, peuvent porter sur « la » jeunesse, les jeunes des quartiers défavorisés, les handicapés ou les seniors, observe l’étude… « Mais on note aussi, et surtout, la prégnance de stéréotypes sexués ».

Sur les 30 recruteurs interrogés dans ce cadre, seuls deux considèrent que « le sexe des candidats n’a eu aucune incidence sur le choix de la personnes effectivement embauchée », note le Céreq ; et les autres considèrent le sexe du candidat « comme un critère secondaire qui arrive loin derrière les compétences requises, l’expérience professionnelle, etc ». Il apparaît pourtant rapidement comme un critère essentiel : quand les recruteurs en viennent à raconter plus en détail « leurs pratiques effectives d’embauche, la réalité est tout autre »… et les stéréotypes s’enfilent comme des perles.

Le « côté pouponnage »

« Quoiqu’on en dise, il y a des métiers pour les hommes et d’autres pour les femmes… c’est comme ça, c’est tout ! ». Cette remarque d’une directrice RH est heureusement la plus radicale. Mais nombre de recruteurs assignent « naturellement » des qualités spécifiques aux hommes et aux femmes.

« On n’a pas beaucoup de femmes commerciales parce que c’est un métier très difficile… il n’y a rien d’acquis, et puis il y a des objectifs à atteindre ! (…) Les femmes ont peut-être un peu plus besoin de sécurité » (dixit le PDG d’une PME). Aux yeux des recruteurs, elles sont aussi moins disponibles – le prix des obligations familiales qui leurs sont également assignées.

Les stéréotypes ne sont pas forcément négatifs, d’ailleurs. On les retrouve dans les discours vantant la mixité… « assortis d’une justification du recrutement de femmes pour leurs aptitudes particulières ». Florilège :

Les femmes sont « mieux organisées » que les hommes, elles « savent faire passer beaucoup plus de choses avec de la douceur (…) alors que les hommes sont beaucoup plus brusques » (une responsable RH de grande entreprise). Elles sont aussi aussi plus pédagogues, c’est leur côté maternel bien sûr : « Ce qui est important, c’est le côté « pédagogique », c’est le côté « pouponnage » j’allais dire… » (le Directeur d’exploitation d’une TPE).

Cette étude du Céreq a été publiée à l’occasion du lancement, par le ministère des Droits des femmes, de la première « semaine de l’égalité professionnelle », qui se déroulera du 14 au 20 octobre. Le 17 octobre sera notamment dévoilé un classement des entreprises les plus en avance sur l’égalité professionnelle.

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

9 commentaires

Nelly 8 octobre 2013 - 14:00

Pfff ça me désole, ça n’avance pas… Les clichés ont le cuir dur et nous les femmes on trinque implacablement… Fatiguant, surtout quand on entend ça de la bouche d’une femme RH. Le chemin est encore très long et franchement, des fois, j’ai envie de baisser les bras et cesser d’argumenter pour faire changer d’opinion mes proches. Marre !

Répondre
Eric 8 octobre 2013 - 16:08

« Les femmes sont moins enclines au risques »

En fait ce que vous appelez « stéréotype », c’est ce que moi j’appelle une réalité scientifique validée mille fois par les chercheurs (sans même parler de l’expérience quotidienne).

Prenez une activité risquée, qui fait des morts ou des blessés graves, n’importe laquelle – je ne crois pas qu’il y ait une seule exception à cette loi universelle du comportement sexué – (base jump, tauromachie, plongée sous-marine, sports mécaniques, alpinisme, escalade sans sécurité, etc.), jetez un œil sur les listes de victimes, à chaque fois, neuf mort sur dix sont des hommes. Et plus on grimpe dans le risque, moins on trouvera de femmes.

Ce ne sont pas les clichés qui ont « le cuir dur ». C’est la réalité qui ne veut pas faire place à vos fantasmes. Contrairement aux hommes, la réalité ne se montre jamais galante.

Ah si, il y a des risques spécifiquement féminins que ne prennent pas les hommes : se balader seuls en minijupe et fortement alcoolisés tout en ayant conscience (à l’état sobre) de susciter une très forte convoitise. Ou bien coucher avec des partenaires notoirement violents. Voilà des risques que beaucoup de femmes prennent volontiers et qui n’intéressent pas les hommes.

Répondre
isabelle germain 8 octobre 2013 - 17:55

« Eric »
« Les femmes sont moins enclines au risques »

En fait ce que vous appelez « stéréotype », c’est ce que moi j’appelle une réalité scientifique….

Vous n’êtes jamais fatigué de défendre des fantasmes d’un autre temps Eric ?

Répondre
cih 8 octobre 2013 - 20:02

@eric
J’espère que vous êtes abonné au moins, histoire que vous soyez utile pour au moins une chose.

Répondre
Lène 8 octobre 2013 - 20:19

« Eric »
« Les femmes sont moins enclines au risques »

En fait ce que vous appelez « stéréotype », c’est ce que moi j’appelle une réalité scientifique validée mille fois par les chercheurs (sans même parler de l’expérience quotidienne).
(…)
Ce ne sont pas les clichés qui ont « le cuir dur ». C’est la réalité qui ne veut pas faire place à vos fantasmes. Contrairement aux hommes, la réalité ne se montre jamais galante.

Ah si, il y a des risques spécifiquement féminins que ne prennent pas les hommes : se balader seuls en minijupe et fortement alcoolisés tout en ayant conscience (à l’état sobre) de susciter une très forte convoitise. Ou bien coucher avec des partenaires notoirement violents. Voilà des risques que beaucoup de femmes prennent volontiers et qui n’intéressent pas les hommes.

Éric, le dernier dinosaure, lalala… Espèce menacée de disparition à laquelle j’aimerais contribuer.
Tissu d’ânerie et de contre-vérités, de clichés et d’insultes, comme d’hab!
À la prochaine?

Répondre
florence 9 octobre 2013 - 06:32

Sans être aussi radicale -restons polie- qu’un certain E. je me pose beaucoup de questions sur les comportements humains. Innée, acquise ou hormonale l’irrésistible attirance de beaucoup de femmes pour les bébés et le pouponnage, et de fait un comportement « adaptatif » globalement plus doux, bienveillant, et une propension à se protéger des risques dans le souci de rester en vie pour veiller sur nos enfants ? Inné, acquis ou hormonal l’attrait de beaucoup d’hommes pour le combat, réel ou symbolique, et de fait un comportement plus agressif et violent, avec des prises de risque allant parfois jusqu’à l’obsession, au risque d’en mourir ?

Répondre
DestyNova 9 octobre 2013 - 09:06

Eric vous ne savez pas ce que c’est que la science. La science dit qu’à la naissance il n’y a pas de cerveau mâle ou femelle, comme il n’y a pas de cerveau noir/blanc, roux/brun, UMP/socialiste.
Dire que les femmes ont un cerveau différent c’est à peu près aussi con que de dire qu’il ya des foie mâle et femelle.

Répondre
Lili 9 octobre 2013 - 09:24

« Eric »
« Les femmes sont moins enclines au risques »

En fait ce que vous appelez « stéréotype », c’est ce que moi j’appelle une réalité scientifique validée mille fois par les chercheurs (sans même parler de l’expérience quotidienne).


Ce ne sont pas les clichés qui ont « le cuir dur ». C’est la réalité qui ne veut pas faire place à vos fantasmes. Contrairement aux hommes, la réalité ne se montre jamais galante.

Il ne s’agit pas d’une vérité scientifique, mais d’une vérité statistique, ce qui est très différent.

En effet, la plupart des hommes ont un comportement plus risqué que la plupart des femmes.

Mais voyez vous, la plupart des garçons sont élevés et conditionnés par notre société à prendre plus de risques. Et la plupart des femmes à être plus en recherche de sécurité. Parfois -souvent- (comme la tauromachie, l’armée active), l’activité est interdite aux femmes… par les hommes. Si elle n’est pas interdite, l’accès en est bloqué par des barrières sexistes. Facile de mettre sur le dos des femmes une non-prise de risque alors qu’elles n’en ont pas le droit.

Scientifiquement, le cerveau et le comportement des hommes et des femmes ne sont pas différents. Ils sont justes adaptés à leur environnement, et en l’occurrence cet environnement leur assigne de manière artificielle des rôles stéréotypés.

Et cette enquête montre que même en 2013 cette assignation des rôle, qui n’a plus aucune utilité en termes de survie de l’espèce, se perpétue de manière illégitime et donc à combattre.

Répondre
luce44 11 octobre 2013 - 17:51

Qui oserait dire que les femmes ne prennent pas de risques ? Tout dans l’histoire prouve le contraire : risque de mettre au monde des enfants dans des conditions longtemps mortifères,risque de suivre leur compagnon partout et n’importe où, de les soigner, de sélectionner les plantes, d’inventer l’agriculture, la cuisine, le tissage… Lisez l’histoire des femmes scientifiques d’Eric (oui) Sartori, vous verrez les risques qu’ont pris toutes ces femmes de se faire huer, invectiver quand elles voulaient étudier et passer des diplômes, de toutes ces femmes pionnières et aventurières qui ont fondé des sciences et fait de nombreuses découvertes. Invisibles et oubliées !!
Les hommes se sont arrangé pour leur briser les ailes, au grand dommage des sociétés, et c’est elles qui ne prendraient pas de risques !!
Ce sont plutôt les hommes qui n’ont pas pris historiquement le risque d’être à égalité avec les femmes.

Répondre

Laisser un commentaire