Accueil Eco & Social Rééquilibrage de la charge contraceptive : une pilule masculine sans effets secondaires

Rééquilibrage de la charge contraceptive : une pilule masculine sans effets secondaires

par Léa Bousquet

La nouvelle pilule pour homme sans effets secondaires parviendra-t-elle enfin à inverser la charge de la contraception ?

Une équipe de scientifiques aux Etats-Unis a annoncé avoir mis au point une pilule contraceptive masculine efficace à 99% chez les souris, mercredi 23 mars, lors de la conférence de printemps de la Société américaine de chimie.


La professeure en charge du laboratoire, Gunda Georg, est pleine d’espoir : « Je pense que cela peut avancer rapidement », a-t-elle déclaré. L’équipe, financée par les Instituts américains pour la santé et l’ONG Male Contraceptive, espère commencer des essais cliniques humains dans la deuxième moitié de 2022. La pilule pourrait être commercialisée d’ici cinq ans.


Là où l’on ne comptait plus les effets secondaires engendrés par la prise de la pilule féminine, la pilule masculine testée serait sans hormone et ne provoquerait pas d’effets secondaires. L’idée d’une pilule masculine est née dans les années 1960 (en même temps que l’autorisation de la pilule féminine), mais son évolution a toujours été freinée car les effets indésirables des pilules développées étaient décriés.

Double standard révélateur : si la prise de poids, les accès de dépression et la hausse de cholestérol étaient absolument scandaleuses pour les hommes, ces effets sont aussi ceux des pilules pour les femmes depuis leur création.

La nouvelle avancée reste importante, mais un questionnement demeure si toutefois la pilule venait à être commercialisée : l’arrivée d’une pilule masculine va-t-elle révolutionner le partage de la charge contraceptive entre les couples ? La charge mentale va-t-elle changer de camp ?
Comme vu précédemment dans une étude de l’IFOP (voir article ci-joint), si 87 % des hommes se montrent plutôt favorables à l’idée de participer financièrement à la contraception de leur partenaire, près d’un tiers d’entre eux n’est pas prêt à y engager son corps.
La contraception masculine existe déjà : si les pratiques telles que l’anneau ou le slip chauffant ne sont pas validées par les autorités sanitaires et demeurent méconnues, la vasectomie et les préservatifs demeurent des solutions dont la fiabilité est, presque totale. Pourtant, la charge contraceptive reste très majoritairement portée par les femmes dans le couple.

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