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Regards sur deux grandes stars françaises

par Valérie Ganne

Au Festival de Cannes, mercredi 6 juillet, deux films de part et d’autre de la Croisette posaient un regard tendre sur deux stars : Jane Birkin et Gérard Depardieu.

Du premier on dit qu’il est un monstre de cinéma, une expression galvaudée qui finalement ne veut plus dire grand-chose. Gérard Depardieu n’est pas un monstre, c’est un roc au cœur d’enfant. 

C’est en tous cas ainsi que le révèle la jeune cinéaste Constance Meyer dans son premier film, Robuste, en ouverture de la Semaine de la critique mercredi 6 juillet au soir. Gérard (alias Georges dans le film) star de cinéma vieillissante, voit arriver le remplaçant de son garde du corps, une jeune femme placide et robuste. Incarnée par Deborah Lukumena, une des deux héroïnes de Divines (Caméra d’or à Cannes voici 5 ans), Aïssa est une jeune femme au physique imposant et à la placidité reposante. De cette rencontre imprévue nait une relation d’estime mutuelle malgré les différences, de classe, d’âge, de genre et de couleur qui pourraient les séparer. Le Depardieu de Robuste est seul, lassé du cinéma (il invente mille stratagèmes pour quitter les plateaux ou éviter des rendez-vous), intranquille et tendre. Sa dernière phrase face caméra, qui pourrait être tirée des Liaisons dangereuses, porte une émotion rare : « Madame, me voilà donc vaincu timide et esclave comme un enfant« .

Jane Birkin, trésor national

De la seconde on pourrait dire qu’elle est davantage qu’un simple prénom : car Jane Birkin a beau être d’origine anglaise, c’est un trésor national. Le même mercredi soir, mais de l’autre côté de la Croisette, au Palais, Charlotte Gainsbourg présentait un documentaire sur sa mère, sobrement intitulé Jane par Charlotte. Du Japon à New York en passant par la Bretagne, Charlotte regarde sa mère comme elle n’a jamais osé la regarder. Et toutes deux parlent sans doute comme elles n’ont jamais osé se parler. Avec Jo, dernière fille de Charlotte (9 ans), le dialogue entre trois générations s’établit naturellement. Charlotte Gainsbourg, pour son premier film, a privilégié le mélange de procédés, de la photographie, du super 8, des films au portable, dans un montage inventif et vivant. Ce qui n’empêche pas les fantômes d’être présents : au centre du film, comme un cœur noir, les deux femmes visitent l’appartement de Charles Gainsbourg, rue de Verneuil où visiblement Jane Birkin n’avait pas remis les pieds depuis sa mort. Et puis Kate, première fille de la chanteuse, grande sœur de Charlotte, morte à 46 ans, revient tout au long de leurs conversations, ou sur des photos de jeunesse que Jane ne peut toujours pas regarder. Un regard complice et tendre d’une femme timide sur sa mère, un documentaire-cadeau qui donne envie de vieillir.

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