Accueil Politique Revalorisation des tarifs et « contre-offensive » sur internet pour l’IVG

Revalorisation des tarifs et « contre-offensive » sur internet pour l’IVG

par Arnaud Bihel

Le gouvernement confirme la hausse de 50% des tarifs pour favoriser la pratique de l’acte, aujourd’hui déficitaire, par les établissements de santé. La ministre des Droits des femmes appelle en outre à la mobilisation sur internet pour défendre l’IVG.


 

« Le tarif qui sera payé aux établissements de santé pratiquant l’IVG sera revalorisé de 50 % à compter de la nouvelle définition des tarifs pour 2013 ». C’est ce qu’a annoncé la ministre des Affaires sociales, Marisol Touraine, lors d’une visite à la maternité des Lilas (Seine-Saint-Denis), à l’occasion du 38ème anniversaire de la loi Veil relative à l’interruption volontaire de grossesse.

Promesse enfin tenue

Aujourd’hui, la tarification de l’acte d’IVG varie entre 200 et 450 euros selon le lieu et la méthode. Comme le signalait l’IGAS (inspection générale des affaires sociales), dans un rapport remis fin 2009 à Roselyne Bachelot, alors ministre de la Santé, ce tarif fait de l’IVG une activité déficitaire. Et cela « expliquait pour partie la faiblesse du nombre de professionnels disposés à pratiquer cet acte et la longueur, par conséquent, des délais d’attente pour les femmes », notait Najat Vallaud-Belkacem en octobre. Le nombre de centres hospitaliers en métropole dotés d’un centre IVG est passé de 729 en 2000 à moins de 600 en 2009. En 2010, Roselyne Bachelot avait promis de revaloriser l’acte de 50%, mais cette annonce ne s’est jamais concrétisée.

Cette revalorisation confirmée ce jeudi devrait prendre effet au mois de mars. Elle s’ajoute au remboursement à 100% de l’acte pour les patientes, déjà entériné par le gouvernement. Et elle était attendue : le gouvernement avait déjà annoncé le 1er octobre que les tarifs seraient relevés « significativement ». Et on s’attendait à ce qu’il s’agisse d’une hausse de 50%. Car il avait déjà calculé le coût de la mesure pour la sécu : 31,7 millions d’euros par an (Lire : Coup double pour revaloriser l’IVG).

Bataille sur internet..

Le droit à l’IVG doit aussi être défendu via internet. C’est ce qu’a souligné de son côté Najat Vallaud-Belkacem, disant son inquiétude face à l’influence des sites pro-vie, « très bien référencés sur Google » (Lire aussi ce reportage de l’AFP). La ministre des Droits des femmes appelle les associations « à se développer sur internet, à envahir les réseaux sociaux » pour « lancer une contre offensive ».

La ministre avait par ailleurs annoncé, le 9 janvier, envisager « la création d’un site internet et un numéro de téléphone officiels sur l’avortement pour pallier le manque d’informations fiables disponibles sur le sujet ». Elle dénonçait déjà l’existence de sites « extrêmement trompeurs » sur le sujet.

et en justice

La défense de l’IVG se jouera aussi au Palais de justice de Paris, lundi 21 janvier. Le tribunal examinera une plainte de l’association départementale de Planning Familial de Paris contre le docteur Xavier Dot, président de l’association pro-vie SOS Tout Petits.
Le Planning familial s’estime victime d’actions de militants anti-avortement qui avaient entravé l’accueil de femmes en demande d’IVG, les 25 et 26 juin 2012. Des associations pro-IVG appellent à manifester en soutien au Planning familial ce lundi devant le Palais de justice.

 

Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Tollé contre les anti-IVG de Tenon

 

 

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1 commenter

quedeville 18 janvier 2013 - 13:46

une ministre n’est pas une militante pas plus pro que anti IVG, elle doit faire appliquer et respecter la loi et le droit à l’IVG.
je tiens à préciser que je suis médecin et que je pratique les IVG.
Pour rappel si la prise en charge à 100 % de l’IVG est paru au JO, les décrets d’application ne sont toujours pas paru , ce qui peut être un obstacle à la pratique de l’ivg pour certaines patientes notamment les plus jeunes .
Plutot que de mener l’offensive sur le net , le gouvernement devrait plutôt s’atteler à la parution de ces décrets d’application

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