Accueil SagaPortrait « Rosie the Riveter », les figures d’une icône

« Rosie the Riveter », les figures d’une icône

par Arnaud Bihel

Rosie RockwellMary Doyle Keefe, modèle d’une image de « Rosie the Riveter », devenue symbole de l’émancipation des femmes, est décédée à 92 ans. Elle aura été l’une des multiples incarnations de l’icône Rosie.


 

Mary Doyle Keefe est décédée mardi 21 avril, à l’âge de 92 ans. En 1943, âgée de 19 ans, elle avait été le modèle d’une image iconique : celle de « Rosie the Riveter », œuvre du célèbre illustrateur Norman Rockwell. Elle-même n’était pas riveteuse, mais opératrice téléphonique, quand elle a posé pour incarner cette figure puissante, symbole de ces millions de femmes qui ont travaillé dans les usines américaines pour contribuer à l’effort de guerre entre 1941 et 1945.

L’image, publiée en couverture du Saturday Evening Post le 29 mai 1943, a pris le nom de Rosie en référence à une chanson, enregistrée quelques mois plus tôt, célébrant l’ouvrière de l’armement « qui fait l’histoire en travaillant pour la victoire ». Cette chanson, très swing, aurait été inspirée par un article de presse sur Rosalind P. Walter, ouvrière d’une usine de New York.

Une chanson, une image : ainsi est née « Rosie the Riveter ». Une icône idéale pour servir la propagande d’Etat pour l’effort de guerre. Dans les semaines qui ont suivi, et jusqu’à la fin de la guerre, l’icône s’est retrouvée incarnée par plusieurs avatars – de vraies ouvrières de l’armement prénommées Rose.

Outre Rosalind P.Walter, une autre « Rosie » célébrée à l’époque fut Rose Bonavita-Hickey, autre New-yorkaise, mise en avant pour un record de productivité en juin 1943. Et la plus médiatisée fut sans doute Rose Monroe, riveteuse d’une usine d’armement du Michigan, parce qu’elle est apparue dans un film de propagande. Elle s’était retrouvée « au bon endroit au bon moment », racontait sa fille à sa mort, en 1997.

Rosie WestinghouseEt l’image de « Rosie » la plus célèbre aujourd’hui met en scène une autre femme encore. Quand on entend « Rosie the Riveter », on pense d’abord à cette affiche qui arbore le slogan « We can do it ». Mais c’est une autre femme (pas riveteuse non plus) qui en a été le modèle : Geraldine Hoff Doyle, en 1942. Et cette image est d’ailleurs, semble-t-il, restée confidentielle durant la guerre, et de longues années après ; ce n’est qu’à partir des années 80 qu’elle est devenue légendaire. Geraldine Hoff Doyle est décédée en 2010.

Cette affiche « We can do it ! » n’avait pas non plus le sens féministe, d’appel à l’émancipation, qu’elle a pris aujourd’hui. Dans l’usine où elle a été utilisée, en 1942, il s’agissait d’inviter les ouvrières à fournir le maximum d’effort – pire, à étouffer leurs revendications, estiment la plupart des historiens.

 

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