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Coup d’envoi d’une « bataille culturelle » contre le sexisme

par Arnaud Bihel
sexisme pas notre genre

sexisme pas notre genreLe « plan d’actions et de mobilisation » veut mettre en lumière le sexisme dans toutes ses dimensions, mais aussi les initiatives qui contribuent à le faire reculer.

Lire aussi : « Dénoncer le sexisme pour ce qu’il est : une forme de mépris de classe et de racisme »

« Sexisme, pas notre genre ! ». C’est donc le slogan du « plan d’actions et de mobilisation contre le sexisme », officiellement lancé jeudi 8 septembre à 17h. Un plan qui s’étendra jusqu’au 8 mars 2017, journée internationale des droits des femmes, avec un double objectif : « Débusquer partout le sexisme pour le rendre visible » et « mettre en lumière les initiatives qui contribuent à le faire reculer. »

Il s’agit de mener une « bataille culturelle » contre le sexisme, d’« identifier puis déconstruire ces stéréotypes, représentations, comportements ordinaires qui délégitiment et destabilisent les femmes », souligne la ministre des Droits des femmes. Car « malgré le consensus apparent, malgré les lois et la détermination des pouvoirs publics, malgré l’opiniâtreté des femmes, les résultats ne sont pas au rendez-vous », relève Laurence Rossignol. En rappelant que pour les femmes « les inégalités et les discriminations sont tenaces » :

« Dans leur univers professionnel, elles subissent les écarts de rémunération, le sexisme ordinaire et le harcèlement. Sur leur lieu de travail, la moitié des femmes a déjà vécu une situation embarrassante et même très embarrassante, en raison de leur sexe. Leur liberté de mouvement est menacée par le harcèlement de rue. La liste est longue. »

Lire aussi : Quand les femmes se restreignent pour ne pas subir le sexisme

Pas de lois ou d’action des pouvoirs publics en vue, donc, dans le cadre de ce plan de mobilisation. Si un site internet, www.sexismepasnotregenre.gouv.fr, sera le point de convergence des informations, c‘est en premier lieu sur les associations – liées par une lettre d’engagement – que le gouvernement entend s’appuyer pour cette campagne qui se veut « complémentaire de l’action publique ».

Le premier levier est celui des initiatives labellisées. Des actions ou événements, portés par des particuliers, associations ou entreprises, en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre le sexisme, pourront recevoir le label « Sexisme, c’est pas mon genre ». Dix associations sont partenaires du ministère en tant que labellisatrices. Les événements labellisés seront répertoriés sur le site sexismepasnotregenre.gouv.fr. Le premier d’entre eux est musical et débute dès ce 8 septembre : le festival Subsonica – Women in Rock à Montpellier.

Deuxième levier : les voix de marraines et parrains. Des personnalités issues du monde la culture, de l’économie, du sport, des médias. Parmi ces personnalités engagées figurent entre autres l’actrice et productrice Julie Gayet, la médaillée olympique de boxe Sarah Ourahmoune, le chef cuisinier Pierre Gagnaire, le scientifique Axel Kahn, la Présidente exécutive d’Havas Worldwide Mercedes Erra, ou encore le médecin et écrivain Martin Winckler et l’élue Aurore Bergé.

Voir : « Dénoncer le sexisme comme ce qu’il est : une forme de mépris de classe et de racisme »

Tout un chacun, et toute une chacune, enfin, est invité à participer à la mobilisation sur les réseaux sociaux en témoignant de ses expériences du sexisme et des réponses à y apporter, avec le hashtag #sexismepasnotregenre

 

 

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2 commentaires

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taranis 8 septembre 2016 - 10:29

Si nous ne pouvons au nom des libertés, contraindre ou infléchir les idéologies politico-religieuses…nous pouvons car nous l’avons engager avec le racisme…Au moins faisons du sexisme un délit pour protéger celles qui n’adhèrent pas à la cette notion fondamentaliste qui ferait de la femme un être inferieur…il suffit de mettre « noir » à la place de « femme » pour comprendre cette apartheid ….Sortons aussi des plaintes les dénonciations de ces idéologies sexistes qui non rien a voir avec le racisme , la phobie c’est la peur d’y être soumises un jour par ce prosélytisme …sinon nous pouvons être « phobe » de tout et pourquoi pas « daeshophobe »

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09 Aziza 10 septembre 2016 - 14:42

Tarais, tout cela n’est pas si simple. La lecture des quotidiens, et les commentaires des lecteurs me renvoient l’image d’une France traumatisée par les attentats, qui au lieu de faire face, s’est rapidement trouvé des boucs-émissaires: les femmes d’une confession déterminée.
Les faits divers qui dénoncent de soi-disant attaques « vestimentaires » sont rapidement contredits par le réel.Ainsi , l’affaire de Corse, où il s’est avéré que PERSONNE ne s’était baignée habillée ou n’avait porté de burkini, mais qu’il s’agissait d’un bon vieux règlement de compte patriarcal entre deux bandes de caÏds….Ainsi les femmes prennent double peine: discriminées parce que femmes, parce que musulmanes. C’est une telle honte. je vis pour l’instant au Québec, où la France est regardée avec une douloureuse stupéfaction. Ici, les femmes aux cheveux verts ou roses côtoient les femmes portant un hijab(souvent de couleurs variées). Les discours nauséabonds de certains politiques français ne sont que des copié-collé de ceux tenus sur les Juifs entre 1933 et 1944, mais le pire , c’est le « complotisme » qui sévit: même en présence d’informations qui excluent complètement les motifs religieux à une agression, on ne veut pas croire, c’est le journal qui ment….Il est donc impossible d’y voir clair dans un tel contexte, totalement dépourvu de la plus élémentaire objectivité.
Il ne s’agit pas de religion, mais de manipulation sectaire, et c’est à ce titre que le prosélytisme est dangereux.
Cependant la meilleure arme contre tout prosélytisme de quoi que ce soit, c’est de donner aux femmes la force et la sécurité d’une identité par elles mêmes.
Ici, les femmes ne sont pas harcelées dans la rue; l’écart de salaires entre hommes et femmes existe encore, mais il est faible(7% je crois), et si la parité n’est pas atteinte complètement, il y a des femmes à de hauts postes dans la police, la justice, l’Armée, les entreprises, les partis politiques. Pas assez. Mais on se sent respectée.

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