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Sexisme dans TPMP : pour la première fois, le CSA frappe au portefeuille

par Arnaud Bihel

Pour deux séquences dégradantes, dont une dans laquelle l’animateur de C8 Cyril Hanouna avait fait toucher son sexe à une chroniqueuse, le CSA prononce pour la première fois une sanction financière.


 

C’est une première. Le CSA a prononcé, mercredi 7 juin, une sanction financière à l’encontre de la chaîne C8 pour deux séquences diffusées dans l’émission Touche Pas à Mon Poste (TPMP) animée par Cyril Hanouna. La plus lourde tient à une séquence diffusée le 7 décembre 2016 « durant laquelle l’animateur de l’émission a conduit une chroniqueuse, qui avait les yeux fermés, à poser sa main sur son sexe ». Pour cette raison, C8 est interdite de diffuser toute publicité dans la tranche horaire de l’émission durant deux semaines. Ce qui constituera un manque à gagner de plusieurs centaines de milliers d’euros pour la chaîne.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a considéré que cette scène méconnaissait les dispositions de la loi du 30 septembre 1986 qui donnent aux chaînes la responsabilité de lutter contre « les stéréotypes, les préjugés sexistes, les images dégradantes et les violences faites aux femmes », en particulier dans les émissions ayant un impact important sur le jeune public.

Plusieurs associations avaient saisi le CSA suite à cette séquence, réclamant « l’ouverture d’une procédure de sanction contre la chaîne C8 pour les agissements répétés d’humiliation des femmes et de banalisation des violences sexuelles dans l’émission TPMP ». Parmi elles, la Fondation des Femmes « se félicite » de cette décision qui montre que « le CSA a pris compte de la gravité des comportements diffusés et de leur impact sur la représentation des femmes dans le cadre d’un programme très suivi du public ». L’association « espère que cette sanction permettra de mettre un terme à ces comportements répétés qui propagent une image dégradante des femmes et participent de la culture du viol. »

Une autre interdiction de diffusion publicitaire, pour une durée d’une semaine, vient sanctionner une autre séquence, diffusée un mois plus tôt, qui plaçait un chroniqueur dans « une situation de détresse et de vulnérabilité manifeste » après qu’il avait été victime d’une caméra cachée morbide.

C’est la première fois que le « gendarme de l’audiovisuel » applique à l’encontre d’une émission son arme la plus sévère, la sanction financière. Jusque là, le CSA s’était contenté, dans toutes les procédures, contre cette émission ou d’autres, de mises en garde et de mises en demeure. Le CSA avait d’ailleurs déjà infligé une mise en demeure à C8 pour une précédente séquence d’une émission de Cyril Hanouna ayant véhiculé « des préjugés sexistes » et présenté « une image dégradante de la femme » : en octobre, « vivement encouragé par l’animateur », un chroniqueur avait « embrassé la poitrine d’une invitée en dépit du refus clairement exprimé par celle-ci à deux reprises ».

Voir : Agression sexuelle dans TPMP : mise en demeure du CSA

Le CSA rappelle qu’il a « multiplié en vain les avertissements à l’égard de l’émission Touche pas à mon poste ». Tout récemment encore, un canular homophobe dans l’émission TPMP a provoqué l’ouverture d’une nouvelle procédure de sanction. La Fondation des Femmes rappelle que « l’arsenal de sanctions dont dispose le CSA pourrait conduire, en cas de récidive, au recours à des sanctions plus lourdes encore, dont la suspension du programme, de la chaîne, ou des amendes calculées sur le chiffre d’affaires du groupe Bolloré. »

 

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flo 8 juin 2017 - 14:23

A propos de sexisme peu ragoûtant, je viens de tomber (et mes bras avec) sur un article du Monde paru dans le blog « 3e balle dans les coulisses de Roland Garros » tenu par un certain Henri Seckel, journaliste de son état (oui oui) intitulé « c’est quand même mieux quand Serena n’est pas là »… déjà au titre, on comprend qu’il va y avoir du lourd, mais on est loin d’être au bout de ses peines ! « finesse de buffle », « manières de diva », voilà comment est qualifiée Serena Williams, d’autres joueuses à l’avenant désignées comme « puce », « cigogne », ou « peste »… Du grand art journalistique, ce monsieur est mûr pour postuler chez Hanouna !

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