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Singapour, mauvais exemple pour la parentalité

par Arnaud Bihel

Le Centre for Fathering, association de pères à Singapour, est l’un des exemples de bonnes pratiques citées dans le rapport du Centre d’analyse stratégique consacré au soutien aux parents. C’est bien le moins : Singapour ne connaît même pas le congé paternité.


 

Dans son rapport consacré au soutien à la parentalité, remis lundi 3 septembre, le Centre d’analyse stratégique évoque à peine le rôle des pères. L’un des rares exemples mis en avant dans cette optique est celui du Centre for Fathering à Singapour. Cette association de pères entend « mobiliser les acteurs locaux en les sensibilisant à l’importance du rôle des pères pour leurs enfants », note le rapport. Et c’est bien le moins qu’elle puisse faire. Car, globalement, la politique de soutien à la parentalité à Singapour est loin de pouvoir être citée en exemple.

Le Premier ministre de l’île-État asiatique s’est justement inquiété, récemment, de la chute de la natalité ces 20 dernières années : aujourd’hui, le taux de fécondité à Singapour est de seulement 1,2 enfant par femme. Le gouvernement a lancé une consultation sur cette question.
D’après les témoignages recueillis par l’agence IPS, l’absence de prise en compte des nécessité de conciliation entre vie professionnelle et vie familiale explique en grande partie les réticences à fonder une famille.

Deux parents

L’association singapourienne pour les droits des femmes, AWARE, appelle à faire de l’égalité femmes/hommes une priorité des politiques publiques. L’île, par exemple, ne connaît pas le congé paternité. Ainsi, « le message est que le soin aux enfants est l’affaire des mères. Nous devons donner davantage de soutien aux deux parents », explique Corinna Lim, directrice d’AWARE.
Laura Hwang, présidente du Conseil des organisations des femmes de Singapour, appelle elle aussi à partager la charge de la parentalité : « c’est ce qui peut peser le plus sur la décision d’une jeune femme active d’avoir des enfants ».

A l’heure actuelle, ce sont donc les femmes qui subissent les pressions sur le soin et l’éducation des enfants, tout en devant faire front dans le monde du travail. « A Singapour, de nombreuses entreprises, surtout les locales, ne sont pas ‘family-friendly’ ; les femmes ont peur de perdre leur travail en cas de grossesse », témoigne Jacinta Leow, 33 ans, qui travaille dans la communication. Elle-même a quitté son travail quand elle était enceinte et en a pris un autre un an après la naissance de son enfant.

 

Avec l’agence IPS

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