Accueil CultureCinéma SK1 : de l’ombre à la lumière

SK1 : de l’ombre à la lumière

par Arnaud Bihel

SK1Enquête criminelle basée sur des faits réels, SK1 est un polar efficace autour de la figure du tueur Guy Georges. La critique du mardi de Valérie Ganne.


 

SK1 est le nom de code donné par la police judiciaire dans les années 90 à un tueur en série qui sévissait surtout dans l’Est parisien.
Derrière SK1 il y avait Guy Georges, un homme traqué pendant sept ans par les policiers du 36 quai des Orfèvres, dont en particulier Charlie qui avait fait de son arrestation un défi personnel.

Frédéric Tellier s’attaque à un univers très codé, le polar français, qu’il réussit à renouveler : c’est son premier film mais il a déjà réalisé la série télévisée Les hommes de l’ombre. Un polar de plus, oui, mais d’ampleur : basé sur des faits véridiques, bien réalisé, bien interprété, L’affaire SK1 s’attache autant à l’enquête haletante pour retrouver le tueur qu’à la recherche de « l’homme derrière le monstre », comme le résume son avocate. Car le procès fait partie intégrante du film et en est même l’apogée : le serial killer doit alors faire face aux familles et à ses actes. Dans le rôle de Guy Georges, Adama Niane est la révélation de ce film. Cet acteur aux grands yeux doux qui travaille surtout au théâtre a eu le culot pour son premier grand rôle au cinéma d’assumer ce personnage terrible.

Dans les films et les séries hyper-violents qu’on aime tant avaler, quelle est la part de voyeurisme ? Dans SK1 on ne voit pas les crimes mais les scènes de crimes. Répétitives puisqu’il s’agit toujours du même mode opératoire, elles sont sans doute trop nombreuses. La majorité des femmes de ce film sont donc morte dans des conditions atroces, sauf une qui a échappé au tueur et assiste les policiers dans leurs recherches. Les autres rôles féminins sont en retrait, une enquêtrice dans l’équipe, la directrice du 36, la femme du héros et ses filles, refuge familial…

Seule l’avocate de la défense, incarnée par Nathalie Baye, a vraiment du poids, nourri par la véracité de son personnage, qu’elle a rencontré. Les autres femmes indispensables sont à l’arrière : la journaliste Patricia Tourancheau qui a suivi l’affaire pour Libération en a tiré un livre sur lequel le cinéaste s’est beaucoup appuyé. Et c’est le viol d’une amie proche qui a été le déclic pour le réalisateur et l’a mené à réaliser ce premier film, dont on dit souvent qu’il est le plus personnel de la carrière d’un cinéaste. On lui en souhaite beaucoup d’autres à venir.

SK1 de Frédéric Tellier (2h, France) avec Raphaël Personnaz, Nathalie Baye, Olivier Gourmet, Michel Vuillermoz, Adama Niane, produit par Labyrinthe Films, distribué par SND, en salles le 7 janvier 2015

 

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire