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Sophie de Menthon plaide le harcèlement « sympa »

par Arnaud Bihel

Sophie de Menthon commente à sa manière le rapport du HCEfh sur le harcèlement sexuel dans les transports en commun. Et se pose décidément en spécialiste de la minimisation des violences sexuelles.


Selon le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes (HCEfh), 100% des utilisatrices des transports en commun ont été victimes au moins une fois dans leur vie de harcèlement sexiste ou violences sexuelles, conscientes ou non que cela relève de ce phénomène. S’il s’agit davantage d’un chiffre destiné à alerter que d’une donnée réellement objective, il est souvent repris par les médias, ce jeudi, quand ils évoquent l’avis du HCEfh sur les violences sexuelles dans les transports en commun (Voir : Violences sexuelles dans les transports : le signal d’alarme). Mais cela n’a pas l’heur de plaire à Sophie de Menthon. La cheffe d’entreprise et polémiste médiatique serait-elle choquée par l’ampleur du phénomène ? Non. Par le fait qu’on diaboliserait le harcèlement alors qu’il peut être « sympa » :

La cheffe d’entreprise et polémiste médiatique a aussitôt suscité une foule de commentaires sur Twitter, sous le mot-clé #plutotsympa. La secrétaire d’Etat aux droits des femmes s’est prise ainsi au jeu :

Ou encore la Secrétaire d’Etat à la Famille, Laurence Rossignol :

Sophie de Menthon n’a évidemment pas lu le rapport du HCEfh, qui fait bien la distinction entre un sifflement et le harcèlement. Le document précise ainsi : « Le harcèlement n’est pas de la drague, et inversement. La drague comprend une rencontre, à deux, c’est-à-dire avec le consentement de l’autre. Sans consentement, c’est du harcèlement. Si la personne dit non, c’est non. Si elle ne dit rien, c’est toujours non. Poursuivre la discussion après un refus, c’est du harcèlement et ne constitue en rien une justification pour proférer des insultes sexistes. Le harcèlement n’est ni de la drague ni de la flatterie. Opérer cette clarification n’est évidemment pas contraire à ce que la séduction puisse aussi avoir droit de cité dans les transports. »

Sophie de Menthon n’en est pas à son coup d’essai en matière de minimisation des violences sexuelles. En janvier 2013, dans l’émission Les Grandes Gueules sur RMC, Sophie de Menthon avait participé à un festival d’injures à l’encontre de Nafissatou Diallo, la femme de ménage qui avait accusé Dominique Strauss-Kahn de viol. « Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux », avait-elle notamment décla(Voir : Sur RMC, le « conte de fée » de Nafissatou Diallo).

 

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4 commentaires

4 commentaires

09 Aziza 16 avril 2015 - 10:38

Comme quoi, il ne suffit pas d’être une femme! le sexisme n’a pas de sexe.
La minimisation et la banalisation, par des femmes qui circulent surtout en voiture( avec chauffeur?) est plus que désolante.

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09 Aziza 16 avril 2015 - 13:11

J’ajouterais que se faire siffler, c’est se faire traiter comme un animal, et cela n’a rien de flatteur.

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Sosso 16 avril 2015 - 14:15

SDM est une balise : quand on atteint le niveau « plus con que SDM » on est bon pour le Guiness des records

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taranis 17 avril 2015 - 11:37

Draguer n’est pas un délit et c’est d’ailleurs le plus souvent flatteur. Il n’y a pas de mal à trouver une personne séduisante et à le lui faire savoir, mais uniquement si c’est fait avec respect et bienveillance. Tout simplement en considérant la réceptivité de la personne avec qui il souhaite nouer une relation de séduction réciproque ! La drague respecte le consentement ou l’absence de consentement de l’autre. Elle est polie et tient compte des réactions de la personne en face. Le harcèlement ne prend pas en compte ces interactions. C’est le résultat de la volonté d’un seul individu dont le but n’est pas de nouer une relation mais d’intimider une autre personne. Il met à défaut le confort de la personne prise pour cible et l’entrave dans son sentiment de sécurité. « Complimenter » un physique ou une tenue c’est aussi envoyer indirectement un message clair à la personne : « si tu ne veux pas que ça t’arrive, dissimule-toi ou fais d’autres choix… ». Répété à longueur de journée, ce message est une entrave réelle à la liberté de choix, d’expression et de déplacement des personnes qui en sont victimes. Le fait que ce message repose parfois sur de bonnes intentions n’en provoque pas moins un effet négatif bien réel : obliger les personnes à subir ce message ou à s’y conformer. Nous voulons vivre dans une société plus égalitaire, faire ce que nous avons à faire sans être effrayés, menacés. Et nous ne sommes pas les seules. De nombreux mouvements en Europe et à travers le monde dénoncent ces comportements.

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