Stéphanie Frappart, première femme à arbitrer une Coupe du monde masculine de football

par Agathe Ripoche

Pour la première fois dans l’histoire du football, une femme arbitre un match de coupe du monde masculine ce jeudi 1er décembre 2022. La française Stéphanie Frappart ajoutera une ligne de plus à son palmarès déjà bien rempli de « premières fois ».

Si l’on peut reconnaître un point positif à cette Coupe du monde masculine de football qui se déroule actuellement au Qatar, c’est bien la présence de six femmes parmi les arbitres sélectionné·e·s. Au total, 36 arbitres parmi lesquel·le·s trois femmes : la française Stéphanie Frappart, la rwandaise Salima Mukansanga et la japonaise Yamashita Yoshimi. Et 69 assistant·e·s qui comptent également trois femmes : l’américaine Kathryn Nesbitt, la brésilienne Neuza Back et la mexicaine Karen Díaz. 

Evidemment, 3 sur 36 et 3 sur 69 sont des chiffres bien bas mais c’est inédit. L’ancien arbitre italien Pierluigi Collina, actuel président de la Commission des arbitres de l’instance mondiale, a déclaré qu’ “Elles doivent avant tout être perçues comme des arbitres, qui méritent leur sélection et doivent, comme les autres, travailler dur pour être désignées sur les rencontres.”

Si depuis le début de la Coupe du monde, le 20 novembre dernier, aucune des six femmes arbitres n’a encore eu l’occasion d’arbitrer en tant qu’arbitre centrale, la grande première aura lieu ce jeudi 1er décembre lors du match Costa Rica-Allemagne. Et c’est la française Stéphanie Frappart qui sera aux commandes de ce match à enjeu. Et elle ne sera pas la seule femme sur le terrain puisque la brésilienne Neuza Back et la mexicaine Karen Díaz officieront à ses côtés comme assistantes. Trois femmes et un homme comme arbitres d’un match de coupe du monde masculine, du jamais vu ! Soulignons d’autre part que cette première a lieu dans un pays où les droits des femmes sont bafoués voire inexistants (lire : Coupe du monde masculine de foot au Qatar : appels au boycott) renforçant ainsi le caractère historique d’une telle décision.

Au micro de l’AFP, la Française s’est dite très émue et fière de cette sélection, elle qui a toujours milité pour que les femmes arbitres soient prises pour leurs compétences et pas forcément pour leur genre : « Si des filles ont des qualités, il faut leur laisser l’opportunité aussi d’y arriver ».

Ce n’est pas la première fois que Stéphanie Frappart sera « la première à« . En effet, en 2014, elle a été la première femme à arbitrer une rencontre masculine en 2e division. L’année 2019 a été pour elle un grand tournant puisqu’elle a fait ses premiers pas en Ligue 1 masculine (28 avril 2019) avant de découvrir la Supercoupe d’Europe en août 2019 (Liverpool-Chelsea) puis deux matchs de l’Europa League en octobre et novembre. Cette même année, la Française a également été désignée meilleure arbitre féminine du monde. Elle avait notamment arbitré la finale de la Coupe du monde féminine de football qui opposait les Etats-Unis aux Pays-Bas (2-0). Son travail et sa persévérance l’amènent en décembre 2020 à arbitrer un match de Ligue des Champions masculine entre la Juventus et le Dynamo Kiev (3-0). Un rendez-vous important tant cette compétition est prestigieuse dans la sphère du ballon rond. Depuis, elle n’a eu de cesse d’enchaîner les rendez-vous importants y compris chez les féminines avec notamment l’arbitrage au Camp Nou du quart de finale de la Ligue des Championnes opposant le FC Barcelone au Real Madrid (30 mars 2022). Ce match avait réuni 91 553 spectateurs établissant ainsi un record d’affluence pour un match de football féminin.

Après être devenue la première femme à arbitrer en coupe du monde masculine en tant que 4e arbitre lors des rencontres Mexique-Pologne et Portugal-Ghana, le 22 novembre dernier, elle deviendra donc ce 1er décembre, la première à officier en tant qu’arbitre principale.

Lors d’une conférence de presse, les deux équipes qui s’affronteront lors de cette rencontre ont été interrogées au sujet de cette première historique. Loin des discours misogynes et sexistes qui ont pu avoir lieu par le passé, les retours ont été très positifs. Le sélectionneur allemand Hansi Flick a d’ailleurs salué le professionnalisme de ces arbitres et de Stéphanie Frappart : « J’ai 100 % confiance en elle et en son équipeElle mérite d’être ici grâce à ses performances et je pense qu’elle va très bien faire son travail. » Le défenseur Allemand Lukas Klostermann a ajouté que « Cela ne va pas influencer le match. Elle a déjà dirigé des rencontres de Ligue des champions et a montré ce qu’elle savait faire. Elle mérite d’être là et je lui souhaite un bon match. On n’en a pas parlé dans l’équipe, c’est complètement normal pour nous et j’espère que ça restera normal à l’avenir. Je ne fais jamais attention au fait que l’arbitre soit un homme ou une femme. » Même son de cloche chez les Costariciens où le sélectionneur Luis Fernando Suarez s’est dit admiratif du parcours accompli par les femmes dans ce milieu : « ce nouveau pas en avant est une très bonne chose, particulièrement dans un sport où le sexisme existe. […] Cette désignation met en valeur l’engagement des femmes pour réussir et c’est bon pour le foot. Cela veut dire qu’il est plus ouvert et démocratique. »

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