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Au Tadjikistan, la candidate contre l’autocrate

par Arnaud Bihel

BobonazarovaOinihol Bobonazarova portera les couleurs d’une opposition unie. Cette laïque a même le soutien du parti islamique. Pas forcément suffisant pour contester le règne d’Emomali Rakhmon.


 

Oinihol Bobonazarova, juriste et défenseure des droits de l’homme, sera la candidate de l’opposition unie à la présidentielle du 6 novembre au Tadjikistan. « Ses chances sont minces » face à l’autocrate Emomali Rakhmon, au pouvoir depuis 1994 dans cette ancienne république soviétique d’Asie centrale, note Courrier International. Mais son atout est de faire l’unanimité au sein de l’opposition. Elle qui n’appartient à aucun parti est la candidate de plusieurs mouvements politiques, et en premier lieu du Parti de la renaissance islamique (IRPT). Lequel justifie son choix, étonnant, de soutenir cette femme laïque : il s’agit « de montrer aux gens, dans le pays comme au dehors, que l’IRPT est un parti modéré qui accepte l’idée qu’une femme brigue la présidence, et que nous sommes prêts à travailler avec d’autres forces démocratiques », explique son leader Muhiddin Kabiri.

A 65 ans, Oinihol Bobonazarova dirige l’ONG Perspective-Plus, qui défend les droits des prisonniers des travailleurs migrants et des femmes et est proche de l’Open Society Fondation du financier philanthrope Georges Soros. Elle insiste sur le fait que, si elle remporte l’élection, elle sera une présidente par interim, car elle entend décentraliser le pouvoir et donner un plus grand rôle au Parlement.

D’ici au scrutin du 6 novembre, la force de la candidature d’Oinihol Bobonazarova dépendra surtout du soutien de la communauté internationale, et de sa pression pour des élections transparentes. Dans un communiqué, le 23 septembre, elle a déjà fait part de ses craintes de ses doutes sur la sincérité du futur scrutin, disant redouter des « violations massives des droits électoraux des citoyens ».

Mais même sans fraudes, sa victoire est loin d’être assurée. « Tous les rouages administratifs sont contrôlés par le parti au pouvoir. Bobonazarova est une militante des droits humains compétente , elle suscite le respect dans les milieux professionnels et intellectuels. Mais les élections arrivent trop tôt, et il est peu probable qu’elle gagne suffisamment en notoriété, surtout sans les provinces où l’électorat est peu engagé en politique », comment l’expert Parviz Mullojanov pour le site EurasiaNet.org.

 

Photo : Oinihol Bobonazarova le 3 juillet 2013 ©OSCE/Nozim Kalandarov

 

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