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Quand la télé associe sexe et adolescentes

par Arnaud Bihel

Un tiers des 238 épisodes de séries décortiqués dans une étude contiennent des scènes évoquant une forme d’exploitation sexuelle. Plus encore quand il s’agit de jeunes filles.


 Près des deux tiers des épisodes des séries contiennent des scènes liées au sexe, dont une moitié touchent à l’exploitation. Le tout étant souvent abordé sous l’angle de l’humour.
C’est le constat d’une étude menée par l’association Parents Television Council (PTC). Elle a analysé en détails le contenu de 238 épisodes de séries diffusées en
prime time aux États-Unis Ce sont 150 d’entre eux, soit 63%, qui contiennent des scènes associant femmes et sexe, essentiellement dans les dialogues.

Et dans un tiers des épisodes ces scènes « vont jusqu’au niveau de l’exploitation sexuelle » – c’est à dire qu’elles font état de violences, trafic ou harcèlement sexuel, de pornographie ou de strip-tease.

Pire, ces situations se retrouvent davantage quand l’héroïne concernée est mineure. Autrement dit : « La présence d’un personnage féminin mineur dans une scène accroît la probabilité que cette scène fasse référence à une forme d’exploitation sexuelle ».

Banalisation

Dans ces cas, la question est alors plus fréquemment abordée sous l’angle de l’humour. Ce qui ne minimise en rien le problème, au contraire, souligne l’étude qui voit là une banalisation. « Cela crée un environnement qui tend à rendre l’exploitation sexuelle triviale et acceptable ».

Tim Winter, le président du PTC, insiste :« La fréquence avec laquelle les téléspectateurs sont amenés à regarder ces situations d’exploitation sexuelle, et à en rire, confirme le sentiment que les médias de divertissement créent un environnement qui encourage, et même facilite, la sexualisation des femmes. Quand on rit de meurtres de prostituées, il devient extrêmement difficile de considérer les atteintes aux droits des prostituées comme un sujet de société national. C’est tout autant le cas des mauvais traitements envers les enfants ou du trafic sexuel ».

« Plaisir des yeux »

Cette étude participe d’une campagne plus large menée par le PTC : « 4 Every Girl ». A l’origine, une précédente étude publiée en 2010 dans laquelle l’association observait que « les adolescentes sont en train de devenir la nouvelle cible de la sexualisation féminine dans les médias ».

Les responsables de chaînes aux États-Unis se défendent en mettant en cause la méthodologie des études du PTC. Reste qu’un autre travail de ce type, mené par le Geena Davis Institute, arrivait à des conclusions proches.

Une analyse menée sur 122 films familiaux constatait que les personnages féminins sont « bien plus susceptibles » que les personnages masculins d’être habillés de façon sexy (24% contre 4%), ou d’être décrits par un autre personnage comme étant désirables ou physiquement attrayants. Et concluait : « Les femmes, à l’écran, servent toujours au plaisir des yeux, même pour les spectateurs les plus jeunes ».

 

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