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Téléphones d’alerte pour femmes en danger

par vincimoz

 


Les « faits divers » des journaux racontent brièvement ces drames de femmes mortes sous les coups d’un conjoint violent. Une tous les deux jours et demi en France. Et combien de femmes contraintes de vivre cachées ? Pour les protéger, la Mairie de Paris reprend l’initiative expérimentée depuis 3 ans en Seine-Saint-Denis : des téléphones portables d’alerte mis à la disposition des femmes victimes.

En partenariat avec Orange France Télécom et Mondial Assistance, elle vient de lancer l’opération « téléphone, Femmes en grand danger ». Le dispositif vise les femmes en situation de décohabitation ; celles qui ont déposé une plainte suivie de sanctions envers le conjoint violent. Le pourcentage de femmes victimes qui osent porter plainte est estimé à seulement 10%. Et encore : il se situerait entre 6 et 8 % a indiqué Fatima Lalem, adjointe au Maire de Paris en charge de l’égalité femmes/hommes. 1 951 plaintes et procès-verbaux pour violences conjugales auraient été déposées dans la capitale en 2011. « Une femme qui subit des violences et ne bénéficie pas de la protection adéquate est une proie pour son agresseur », a souligné Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes.

Un outil approprié

15 téléphones portables seront à leur disposition sur Paris. Equipés d’un bouton d’alerte ces téléphones permettent de joindre Mondial Assistance 24h/24. En cas de danger immédiat, l’appel est redirigé vers les services de police en vue d’une intervention. Le cas échéant, les opérateurs sont là pour réconforter, écouter et conseiller. Ce téléphone d’alerte est utilisable sur une durée de six mois renouvelable une seule fois. Si le Centre d’Information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) est au cœur de ce dispositif en ce qui concerne l’évaluation de la situation de « grand danger », c’est au procureur de la République que revient la décision d’attribuer ou non un téléphone.

Le dispositif s’inscrit au cœur d’une politique qui mérite encore d’être améliorée. La téléprotection n’est qu’« un outil de plus dans la lutte contre les violences faites aux femmes » fait remarquer François Molins, procureur de la République de Paris. Un outil ne se substituant en rien à la prévention de ces violences et à la protection de celles qui en sont victimes. Séparée du conjoint violent, la victime bénéficie généralement d’une protection judiciaire. Le téléphone d’alerte est dans ce cas « un outil approprié » dit-il.

Meilleure application des ordonnances de protection

Najat Vallaud-Belkacem a confirmé la création d’un Observatoire des violences faites aux femmes pour l’automne et a assuré « le décollage du dispositif de l’ordonnance de protection ». Mis en place en 2010, son application se heurte à « une très forte inertie » a-t-elle rappelé. La téléprotection rentre précisément dans le cadre d’une application effective de ces ordonnances. La ministre a également exprimé son souhait de rallonger l’ordonnance, actuellement limitée à quatre mois et de « tout mettre en œuvre pour que les violences faites aux femmes ne soit plus ce silence assourdissant de la République. »

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