Accueil International Gouvernement paritaire au Canada, « parce qu’on est en 2015 »

Gouvernement paritaire au Canada, « parce qu’on est en 2015 »

par Arnaud Bihel

Comme promis, le nouveau Premier ministre canadien Justin Trudeau a composé un gouvernement comptant autant de femmes que d’hommes.


 

Justin Trudeau a prêté serment mercredi 4 novembre, devenant le nouveau Premier ministre du Canada. Un Premier ministre à la tête d’une équipe paritaire, comme il l’avait promis : son gouvernement compte 15 femmes et 15 hommes.

Et quand une journaliste lui a demandé pourquoi un gouvernement paritaire était si important à ses yeux, Justin Trudeau a tout simplement répondu :
« Parce qu’on est en 2015 ».

 

La presse canadienne relève que les femmes ne se contentent pas de portefeuilles de complaisance. Jody Wilson-Raybould est nommée ministre de la Justice et devient la première personne autochtone à occuper ce poste. Catherine McKenna sera la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, un poste stratégique à moins d’un mois de la COP21, alors que le gouvernement Trudeau entend tourner le dos à des années de politique qui faisaient du Canada un des pays les moins engagés contre le changement climatique. Chrystia Freeland devient ministre du Commerce, la première femme à occuper ce poste depuis les années 1980.

C’est « la première fois dans l’histoire » du Canada, a souligné Justin Trudeau, que le gouvernement compte autant de femmes que d’hommes. Et c’est encore très rare dans le monde.

En France, le gouvernement est paritaire, pour la première fois, depuis 2012 (avec même, à ce jour, plus de femmes que d’hommes). La Suède est l’un des rares autres exemples, avec le Cabo Verde. En moyenne dans le monde, les femmes représentent moins de 20% des ministres.

Voir : La carte mondiale des femmes en politique

 

2 commentaires

clairobin 11 novembre 2015 - 16:33

Attention à la propagande canadienne: il y a une distinction à faire entre Ministre et Ministre d’État. Est-ce que la plupart des femmes sont nommées Ministre ou Ministre d »État? ( un cran sous Ministre et se rapporte à ce dernier ou dernière- donc pas les mêmes salaires) à vérifier n’est-ce pas?

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clairobin 12 novembre 2015 - 15:35

Hugo de GranpréHUGO DE GRANDPRÉ
La Presse
(OTTAWA) Le tiers des 15 femmes nommées au Conseil des ministres du gouvernement Trudeau mercredi sont en fait des ministres « déléguées », soit des ministres traditionnellement appelées « ministres d’État » ou plus communément « ministres juniors ». Aucun homme ne se retrouve dans cette position.

Ces informations sont contenues dans des décrets publiés sur le site internet du Conseil privé, qui donnent plus de détails sur les rôles et les fonctions des membres du nouveau cabinet libéral qui ont prêté serment mercredi.

Le nouveau premier ministre Justin Trudeau a présenté en grande pompe à Rideau Hall ce premier conseil des ministres fédéral de l’histoire du Canada où la parité hommes-femmes a été atteinte, conformément à sa promesse électorale. Il a nommé 15 hommes et 15 femmes.

Lorsqu’une journaliste lui a demandé pourquoi cette parité hommes-femmes était si importante pour lui, M. Trudeau a répondu : « Parce que nous sommes en 2015. » Sa réponse a été reprise par des médias d’un peu partout, dont le New York Times.

Or, selon ces décrets, cinq de ces 15 femmes sont en fait des ministres déléguées à un autre ministre, « afin qu’elle lui prête son concours dans l’exercice de ses responsabilités ».

Traditionnellement, de tels ministres sont appelés « ministres d’État », mais ce titre a aussi été radié de leur titre officiel selon ces décrets, qui maintiennent néanmoins que ces femmes sont « déléguées » à un autre ministre.

Par exemple, dans le cas de Bardish Chagger, jeune Ontarienne nommée ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme, on peut lire : « Le Gouverneur général en conseil délègue l’honorable Bardish Chagger, ministre d’État devant porter le titre de ministre de la Petite Entreprise et du Tourisme, auprès du ministre de l’Industrie afin qu’elle lui prête son concours dans l’exercice de ses responsabilités. »

DES INFORMATIONS ABSENTES DANS LES DOCUMENTS

Toutes ces informations étaient absentes dans les documents rendus publics par les libéraux mercredi et remis aux journalistes.

Les quatre autres femmes visées par des décrets les « déléguant » ainsi auprès d’un autre ministre sont Marie-Claude Bibeau, députée des Cantons-de-l’Est nommée ministre du Développement international et de la Francophonie, Carla Qualtrough, responsable des Sports et des Personnes handicapées, Patricia A. Hajdu, à la Condition féminine, et Kirsty Duncan, aux Sciences.

Deux sont déléguées au ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Navdeep Singh Bains, deux à la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, et une, Marie-Claude Bibeau, au ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion. Dans le cas de Mme Bibeau, cette délégation ne semble porter que sur le volet « Francophonie » de ses responsabilités, qui incluent aussi le Développement international.

Le gouvernement libéral a indiqué tard en fin de soirée que tous les ministres sont membres à part entière du cabinet et qu’ils seront rémunérés en conséquence.

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