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La Tunisie en route pour le Forum Social Mondial

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FSMTunisie_h150Deux ans après le ‘Printemps arabe’, le printemps 2013 sera celui du Forum Social Mondial qui se tiendra en Tunisie. Une première pour l’Afrique du Nord.


 

« Le Forum Social Mondial sera une remarquable occasion pour la société civile tunisienne. Nous y voyons un formidable potentiel, tout spécialement dans l’optique de concilier les points de vues parfois divergents des groupes qui y participent, de trouver de nouvelles solutions aux problèmes locaux, et d’asseoir le processus de démocratisation à tous les niveaux ».

Abderrahmane Hedhili est le président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), l’une des principales organisations du comité de pilotage du Forum Social Mondial (FSM) qui se tiendra en mars dans son pays. A l’approche de l’événement, où plus de 10 000 participants du monde entier sont attendus, la société civile tunisienne est mobilisée sur plusieurs fronts.

Plusieurs grandes organisations se sont alliées pour fixer le cadre de l’événement, leurs délégués participant à un comité de pilotage. Des groupes de travail ont été établis, pour aborder des sujets tels que les droits des femmes, la jeunesse et la culture. Abderrahmane Hedhili souligne que derrière la thématique ‘vitrine’ du Printemps arabe, l’agenda du Forum comporte toute une série de thèmes, de la crise économique et sociale globale aux questions religieuses, culturelles ou environnementales.

« Le monde arabe est le nouveau centre des mouvements sociaux »

Amélie Cannone, co-présidente du réseau AITEC, basé à Paris, et grande habituée des FSM, suit les développements du Forum tunisien et se prépare à se rendre à Tunis pour participer à son organisation jusqu’au printemps.

Elle se souvient que « la chute de Moubarak a été annoncée pendant le dernier FSM qui se tenait à Dakar, au Sénégal, en février 2011. Cela a suscité un incroyable sentiment de joie et d’espoir ». Il est alors devenu rapidement évident que le Forum suivant devait se tenir, pour la première fois, dans un pays nord-africain. Une façon de saluer le courage et la détermination des militants tunisiens et égyptiens.

« Le monde arabe est le nouveau centre des mouvements sociaux », souligne Alaa Talbi, autre membre du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux. Pour lui, le FSM peut ainsi aider à renforcer les mouvements sociaux arabes et contribuer à leur coopération avec des mouvements internationaux.

« Des Indignados espagnols aux manifestants étudiants du Québec et du Chili, en passant par les mouvements Occupy aux États-Unis et au Royaume-Uni, tous ont puisé leur inspiration dans le Printemps arabe », renchérit Amélie Cannone.

Des centaines de kilomètres à vélo

Jusque là, le plus gros de l’énergie consacrée au Forum à venir s’est manifestée à Tunis. Mais Marwen Tlili, un jeune citoyen et militant vivant dans la capitale, a estimé que les autres régions du pays ne devaient pas manquer l’opportunité de l’événement.

Il a alors rassemblé un petit groupe de camarades militants et organisé au mois d’octobre une caravane cycliste, dans l’intention de diffuser les informations sur le FSM et prendre contact avec les groupes locaux dans des villes comme Kasserine ou Gafsa, en les encourageant à proposer leurs propres contributions au FSM. Au final, la caravane cycliste a parcouru plus d’un millier de kilomètres et diffusé l’information dans des dizaines de villes partout dans le pays.

« Je crois que notre caravane a un un grand impact sur les gens que nous avons rencontrés », estime Marwen Tlili. « En Tunisie, voir un groupe de cyclistes passer dans votre ville n’est pas une chose habituelle comme ça l’est en Europe. Cela a impressionné les gens et donné une image positive du Forum ». Les organisateurs ont prévu de nouvelles caravanes de vélos en amont du FSM. L’une d’elles pourrait partir du Maroc, une autre d’Italie, en direction de Tunis.

« Encourager la jeunesse »

Amélie Cannone souligne également l’importance de la coopération transnationale, ainsi que la nécessité de mobiliser les jeunes et les femmes. Ce que fait le Forum Social Maghrébin depuis des années à l’échelle régionale.

Il ne faut pas non plus perdre de vue la dimension écologique, insiste la militante. « Le modèle économique actuel, basé sur l’extraction intense des ressources naturelles, est particulièrement présent dans la région », note-t-elle. « C’est pourquoi le FSM, qui englobe de nombreux participants du mouvement alter-mondialiste, devra prendre les questions environnementales au sérieux. Il s’agit de promouvoir l’économie locale, en s’appuyant sur de nouveaux modèles de production, la protection sociale et des conditions de vie décentes pour tous. ».

Marwen Tlili partage son enthousiasme à l’égard de l’impact d’un tel événement : « Le Forum social mondial doit être l’occasion pour les peuples de changer leurs vies. Nous voulons en particulier encourager les jeunes, qui ont encore la révolution en tête, à s’engager et à accomplir des actes positifs autour d’eux. »

© 2012 IPS-Inter Press Service

 

Photo © Aurélie Lecarpentier/IPS. De jeunes militants de la caravane cycliste sur les routes de Tunisie.

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