Accueil Société Une femme sur trois dans le monde victime de violences, et ce n’est pas nouveau

Une femme sur trois dans le monde victime de violences, et ce n’est pas nouveau

par Arnaud Bihel

Ce constat de l’OMS qui a l’honneur des médias aujourd’hui a en fait été établi il y a un an et demi. Quant aux « 70 millions de filles mariées avant leurs 18 ans », ce nombre repris par la presse est en fait 10 fois plus élevé.


Dans le monde, une femme sur trois a subi des violences physiques ou sexuelles infligées par son partenaire. Ces chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont été publiés vendredi 21 novembre par la prestigieuse revue scientifique The Lancet et largement relayés dans la presse. S’il importe de les marteler, ils n’ont toutefois rien d’une « révélation », comme on peut le lire : dès juin 2013 l’OMS publiait ces données sur ce que sa directrice, Margaret Chan, qualifiait de « problème mondial de santé publique d’ampleur épidémique ».

Rien de malheureusement nouveau non plus sur le fait qu’entre 100 et 140 millions de jeunes filles et femmes ont subi des mutilations génitales. Sans compter une erreur, commise par l’OMS dans son communiqué de presse et reprise par les autres médias, qui évoquent le nombre de 70 millions de filles mariées avant leurs 18 ans. En fait, ce sont 700 millions de femmes et de filles aujourd’hui dans le monde qui ont été mariées avant leurs majorité. Tandis que, si la tendance se poursuit, plus de 14 millions de filles mineures seront mariées chaque année dans les 10 ans à venir (Voir : « Accélérer les efforts » contre l’excision et les mariages précoces).

The Lancet, au-delà de ces chiffres, consacre toute une série d’articles à la question, en prélude à la campagne Seize jours d’action contre la violence liée au genre (25 novembre-10 décembre 2014).

Lutter contre « l’idée insidieuse que les femmes sont inférieures. »

L’occasion pour la coordinatrice de cette série, Charlotte Watts du Gender Violence and Health Centre à la London School of Hygiene & Tropical Medicine, au Royaume-Uni, de plaider avant tout pour la prévention. « Il faut bien entendu renforcer les services d’aide aux femmes victimes de violence, mais, pour un réel changement dans la vie des femmes et des filles, il faut œuvrer pour l’égalité des sexes et la prévention de la violence avant même qu’elle ne se manifeste », souligne Charlotte Watts. « Il n’y a pas de baguette magique pour éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles. Mais les données scientifiques nous disent que des changements de mentalité et de comportement sont possibles et peuvent se produire en l’espace de moins d’une génération. »

Dans son communiqué, l’OMS souligne que, pour les auteurs de cette série, « il sera capital de travailler à la fois avec ceux qui commettent des actes de violence (hommes et garçons) et celles qui en sont victimes pour parvenir à un changement durable en battant en brèche les normes sociétales profondément enracinées concernant les relations entre hommes et femmes et l’idée insidieuse que les femmes sont inférieures. »

 

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Une enquête inédite sur l’ampleur des violences de genre

 

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