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Une fille de 7 ans fait reculer le marketing genré

par Arnaud Bihel

 MaggieC’est l’histoire de Maggie Cole, une britannique de 7 ans qui s’est offusquée que les supermarchés Tesco réservent « aux garçons » un réveil à l’effigie de super-héros.


 

C’est une belle histoire dont la presse s’est emparée. La chaîne britannique de supermarchés Tesco a présenté ses excuses, et a promis de retirer de tous ses magasins une affichette mettant en avant des « cadeaux fun pour les garçons ».

C’est la photo d’une fillette de 7 ans, Maggie Cole, l’air chiffonné devant cette affiche, qui a poussé le géant à reculer. Il s’agissait en l’occurrence d’un réveil à l’effigie des super-héros de Marvel, que Tesco destinait donc « aux garçons ». Après que sa mère Karen l’a publiée sur les réseaux sociaux, la photo a été partagée des milliers de fois.

Le 25 novembre, sur son blog, elle explique que sa fille s’est elle-même indignée quand elle a vu cette affiche. Notamment parce que « l’année dernière en rentrant de l’école elle m’a raconté que des amis lui avaient dit qu’il y avait des jouets pour filles et des jouets pour garçons. Je lui ai expliqué qu’ils avaient tort, que n’importe qui peut jouer avec n’importe quel jouet s’il lui plaît. Qu’elle peut jouer avec des chevaliers et des dragons (ce qu’elle aimait alors) et que des garçons peuvent jouer à la poupée et à la cuisine s’ils en ont envie. »

Si cette histoire est devenue virale, c’est en grande partie parce qu’elle a reçu le soutien de l’association Let Toys Be Toys, qui milite contre le marketing genré. Et notamment pour que les grandes enseignes suppriment de leurs rayons – et de leurs sites internet – les signalétiques « garçons » et « filles ». Avec un certain succès (Voir : Au Royaume-Uni, des rayons jouets de moins en moins sexués). Mais l’histoire de Maggie Cole vient rappeler que les actes n’ont pas forcément suivi les engagements : Tesco figure parmi les entreprises ayant déjà promis de mettre un terme à ses signalétiques genrées.

Ce n’est pas la première fois que les initaitives de jeunes filles anti-marketing genré connaissent un succès médiatique. En février dernier par exemple c’est une autre anglaise de 7 ans, Charlotte Benjamin, qui avait connu son heure de gloire  avec sa lettre à Lego, dans laquelle elle se plaignait que « tout ce que font les filles chez Lego c’est rester à la maison, aller à la plage et faire du shopping. De toute évidence, elles ne travaillent pas. Les garçons eux, partent à l’aventure, sauvent le monde et exercent des professions importantes ». Au printemps, une lycéenne américaine, Antonia Ayres-Brown, poussait Mc Donald’s à ne plus proposer de jouets « pour fille » ou « pour garçon ».

 

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5 commentaires

5 commentaires

Elie 26 novembre 2014 - 19:57

Pauvre petite fillette déjà contaminée par la négation de la différence sexuelle et dont le regard est déjà rempli de haine.

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09 Aziza 27 novembre 2014 - 09:14

Si vous parlez sérieusement, Elie, sachez que la différence sexuelle est biologique, et n’inclut pas que l’on ait des goûts différents selon les sexes. En effet, ces goûts varient complètement suivant les époques et les cultures. Et les processus hormonaux ne se manifestant qu’après la puberté, en certaines occasions, il est parfaitement absurde de penser qu’une petite fille va obligatoirement aimer le rose et les princesses!
Lisez Barthes, ses réflexions sur la « machine à montrer le désir » qu’est la société, qui nous désigne ce que nous devons désirer…
Si vous ne parlez pas sérieusement, pardon…

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victoria9 27 novembre 2014 - 09:30

j’ai l’impression d’avoir déjà lu cette histoire il y a un an!

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Odile Bouchet 27 novembre 2014 - 12:59

Je suis horrifiée de la séparation absurde qui existe entre les filles et les garçons actuellement et suis bien contente de lire que ça ne plait pas à tous(tes). Quand j’étais enfant cela existait et j’ai beaucoup protesté contre en grandissant, mais mes petits-enfants subissent une pression bien plus grande sur ce point. Il est clair qu’un garçon peut jouer à la poupée et une fille à l’héroïne tout terrain sans que cela affecte jamais sa perception des attributs de chaque sexe. Une poupée ne fera pas une fille d’un garçon ni une tenue de zorro ne fera un garçon d’une fille, c’est absurde, et si ça leur fait plaisir de jouer, qu’ils le fassent, ils seront bien à temps de frustrer leurs désirs immédiats quand ils auront des examens à passer, des postes de travail à obtenir, ou des problèmes de santé! La vie a de multiples ressources pour leur barrer le chemin du plaisir de vivre, laissons-leur l’horizon dégagé à l’heure de jouer.

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arnaudbihel 27 novembre 2014 - 14:09

« victoria9 »
j’ai l’impression d’avoir déjà lu cette histoire il y a un an!

C’est peut être l’histoire de Charlotte Benjamin, 7 ans aussi, et sa lettre à Lego ? Du coup nous l’avons ajoutée à l’article.

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