Des enquêtes fédérales sont en cours. Une université californienne, notamment, aurait refusé d’enquêter sur plusieurs plaintes d’étudiantes. Dans un cas, une plaignante se serait vu répondre qu’il n’y avait pas eu viol, dans la mesure où l’agresseur s’était retiré avant d’atteindre l’orgasme.
L’Université de Californie du Sud (USC) est sous le coup d’une enquête fédérale pour l’absence de réponse (ou plutôt, les mauvaises réponses) apportée à au moins treize étudiantes disant avoir été victimes de viol ou d’agression sexuelle.
Selon les plaignantes, les enquêtes menées par l’Université ont mis des étudiants en cause, mais ils n’ont écopé que de remontrances et ont pu continuer leur cursus dans l’université.
L’enquête fédérale vise à examiner, selon le Huffington Post qui a le premier évoqué l’affaire, « les allégations selon lesquelles l’université n’a pas su traiter les plaintes pour violences sexuelles ni donner de réponse rapide aux plaintes pour harcèlement sur le campus », ce qui contreviendrait au Title IX, une loi fédérale sur l’égalité de genre.
Pas de viol car pas d’orgasme
La première des plaignantes, Tucker Reed, a alerté la direction de l’USC en décembre 2012. Elle s’est entendue répondre, dit-elle, qu’il ne fallait pas « punir » son agresseur mais apporter une « réponse éducative ».
Une autre plaignante rapporte que l’agent de sécurité du campus qui a enquêté sur sa plainte a conclu qu’il n’y avait pas eu viol, dans la mesure où l’agresseur s’était retiré avant d’atteindre l’orgasme. La plainte n’a donc pas été transmise à la police de Los Angeles.
Un autre agent de sécurité aurait répondu à une troisième plaignante que les femmes ne devaient pas « sortir, boire, et espérer ne pas se faire violer ».
Plusieurs universités sur la sellette
Pas de viol, car pas d’orgasme… Cette remarque choquante qui ressort de l’affaire met l’USC sur le devant de la scène. Mais elle n’est pas la seule université à faire l’objet d’une enquête fédérale pour n’avoir pas donné de suite à des plaintes pour agressions sexuelles. Les plaintes d’étudiantes, regroupées au sein d’une « coalition étudiante contre le viol » (Student coalition against rape) visent trois autres universités californiennes. Par ailleurs, ces deux dernières semaines, des enquêtes fédérales ont été ouvertes à l’encontre d’une université du Colorado et d’une autre en Pennsylvanie.
La minimisation des plaintes rappelle aussi une autre affaire récente qui a secoué les Etats-Unis : le viol de Steubenville, révélateur d’une certaine indulgence à l’égard des violeurs.
Photo © Neon Tommy sur Flickr. Sit-in de la Student coalition against rape.
