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Viol collectif : un verdict qui indigne

par Arnaud Bihel

PJCreteil_h150Des associations mettent en cause l’institution judiciaire après les acquittements et les faibles peines à l’issue du procès pour viol collectif à Créteil. En cause également, l’emploi par la presse du terme « tournante ».


Onde de choc après le verdict rendu à la cour d’assises du Val-de-Marne, au procès de plusieurs hommes accusés de viols collectifs sur deux jeunes filles. Les faits s’étaient déroulés à Fontenay-sous-Bois entre 1999 et 2001. De multiples voix déplorent un verdict très léger : 10 accusés ont été acquittés, 4 autres condamnés à des peines allant de trois ans de prison avec sursis à un an ferme. Seul le viol d’une des deux plaignantes a été reconnu.

Justice en accusation

Pour l’association ‘Osez le féminisme !’ (OLF), « ce verdict envoie un message catastrophique à l’ensemble de notre société. Aux victimes de viol : porter plainte ne sert à rien ! Aux violeurs : il est permis de violer ! »
L’association souligne, comme les avocats des victimes, les « scandaleux dysfonctionnements de l’institution judiciaire dans ce dossier : instruction bâclée, absence de soutien et non protection des victimes. »

Le Collectif national pour les droits des femmes juge de son côté que « ce verdict atterrant témoigne de l’incapacité de la justice française à prendre en compte les récits des victimes de viols », et appelle à une manifestation lundi 15 octobre devant le ministère de la Justice. Les associations rappellent que 75 000 femmes sont violées chaque année en France. Le Collectif Féministe Contre le Viol, qui gère une plateforme d’appel pour les femmes victimes de viol, estime que seule une victime sur 10 seulement porte plainte.

Accélération des procédures

‘Osez le féminisme !’ appelle François Hollande « à ouvrir dans les mois qui viennent un grand débat national contre les violences faites aux femmes : traitant de l’éducation à l’égalité dès le plus jeune âge, de la formation des professionnels, du traitement médiatique des violences, de l’accompagnement des victimes et du soutien aux associations qui agissent aux côtés des femmes victimes de violences ».

La ministre des Droits des femmes a elle aussi réagi à ce verdict. Impossible pour un élu de commenter une décision de justice, « adoptée à huis clos par un jury qui s’est forgé une intime conviction », mais Najat Vallaud-Belkacem « exprime sa solidarité aux jeunes femmes. » Et répond indirectement à OLF : « La garde des sceaux est en train de créer les conditions pour qu’elles [les victimes de viol] puissent être accompagnées tout au long de la procédure judiciaire, à travers la généralisation sur tout le territoire des bureaux d’aide aux victimes. Une priorité est de permettre une accélération de ces procédures. » Quelques jours auparavant, la ministre avait précisé que la lutte contre les violences faites aux femmes fera l’objet d’annonces au moment du Comité interministériel du mercredi 24 octobre.

Non au terme « tournantes »

« Un viol n’est pas un épisode de la vie turbulente d’un village, d’un quartier ou d’une ville. C’est un crime. Un viol commis en réunion ne mérite aucun diminutif », écrit en outre la ministre des Droits des femmes. Une manière de faire écho à un autre motif d’indignation largement exprimé sur les réseaux sociaux. En rendant compte du verdict, de nombreux organes de presse ont évoqué le « procès des tournantes ». Non à cet euphémisme, se sont indignées de nombreuses voix sur Twitter. Trois exemples :

Membre du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem, Maxime Bryner précise :

tournante3

 

Porte-parole de OLF, Thalia Breton interpelle les journalistes :

tournante2

 

Il faut appeler un viol un viol, souligne également Chris Blache, membre d’EELV et du collectif La Barbe:

tournante4

 

?Lire aussi sur Les Nouvelles NEWS :

Violeurs, police et parole des victimes

« Si les autres avaient pu parler, aurais-je été violée ? »

WikiLeaks… et le viol devient grave

 

Photo : Palais de justice de Créteil © tlewelt

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33 commentaires

Azhour 11 octobre 2012 - 15:01

La ministre veut nommer le crime oui très bien. Mais s’il y a bien une pratique qui nie ce crime tous les jours c’est bien la correctionnalisation du viol. Vous savez que cette correctionnalisation a été une pratique des tribunaux jusqu’en 2004 et qu’elle a été « légalisée » en 2004 Loi du 9 mars 2004 dite loi Perben II . Bizarrement je n’entends ni la ministre des droits des femmes ni la ministre de la justice faire allusion à cette procédure illégale car contraire aux droits fondamentaux et aux principes à valeurs constitutionnelles. http://www.village-justice.com/articles/correctionnalisation-negation-crime,12082.html

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Azhour 11 octobre 2012 - 15:03

Depuis 3 semaines je reprends chaque titre de « journal » . Pas un n’a fait exception ils ont tous utilisé les mots des agresseurs « les tournantes »

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hic 11 octobre 2012 - 17:47

« Azhour »
La ministre veut nommer le crime oui très bien. Mais s’il y a bien une pratique qui nie ce crime tous les jours c’est bien la correctionnalisation du viol. Vous savez que cette correctionnalisation a été une pratique des tribunaux jusqu’en 2004 et qu’elle a été « légalisée » en 2004 Loi du 9 mars 2004 dite loi Perben II . Bizarrement je n’entends ni la ministre des droits des femmes ni la ministre de la justice faire allusion à cette procédure illégale car contraire aux droits fondamentaux et aux principes à valeurs constitutionnelles. http://www.village-justice.com/articles/correctionnalisation-negation-crime,12082.html

+1 mais votre lien ne fonctionne pas.

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arnaudbihel 11 octobre 2012 - 17:58

« Azhour »
La ministre veut nommer le crime oui très bien. Mais s’il y a bien une pratique qui nie ce crime tous les jours c’est bien la correctionnalisation du viol.

Pour compléter, nous traitions ici cette question de la correctionnalisation : http://www.lesnouvellesnews.fr/correctionnalisation-viol-question-sans-reponse

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asc 11 octobre 2012 - 20:58

Moi qui m’évertue à parler d’égalité entre les sexes dans ma classe! Qu’est-ce que je vais dire à mes élèves? Qu’on n’est même pas capable en France de rendre justice aux victimes de viols collectifs? ça me donne envie de vomir. Le nombre de dépôts de plainte pour viol pourrait bien baisser en France, ouf, l’honneur est sauf. Bienvenue au moyen-âge. A quand le retour des lynchages en public? Justice honteuse! Les mains sales!

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Lora 12 octobre 2012 - 06:54

Exactement ce que je disais à propos de la lutte contre les stéréotypes sexués, dont on se débarrasse sur les enseignants. Pendant ce temps, la justice fonctionne sur le plus criminel des stéréotypes sexuels en disant que être victime de viol, même collectif, même mineure, ce n’est pas grave, ou qu’elle était certainement consentante, même si elle dit, ou même pense le contraire.
Voilà un jugement qui rend inutile tout effort des enseignants pour enseigner l’égalité femmes-hommes. L’égalité ne s’enseigne pas avec des mots, mais avec l’exemple.

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rivi 12 octobre 2012 - 09:07

« la justice fonctionne sur le plus criminel des stéréotypes sexuels en disant que être victime de viol, même collectif, même mineure, ce n’est pas grave »
La justice ne dit pas ça. Vous feignez de croire que les faits sont établis, mais ils ne le sont pas. Les accusations ne valent pas parole d’évangile.
Ce que dit la justice, c’est qu’on n’envoie pas quelqu’un en prison pour dix ans si l’on n’a pas de preuves sérieuses que cette personne a commis un crime.
La présomption d’innocence, un principe fondamental de la démocratie.
Il y a quelques jours on parlait de l’affaire Loïc Sécher. Si on vous suivait, on mettrait des dizaines de milliers d’hommes derrière les barreaux sur la base de simples accusations.
Les jurés ne sont pas des mages. Ils n’ont pas le pouvoir de déterminer ce qui s’est passé s’ils ne disposent pas d’éléments matériels. Et ils sont moralement tenus de se limiter à ce qui est établi.

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hic 12 octobre 2012 - 10:16

@rivi
Ce qui est bizarre, c’est que l’on ne prend pas autant de pincettes pour juger les atteintes aux biens, qui sont punies pourtant très sévèrement. Et puis, il faut arrêter de feindre de croire la justice neutre; lorsque des accusés disent des choses prouvant leur culpabilité, puis ensuite disent le contraire au tribunal, et que le tribunal retient la deuxième version, il y a de quoi être scandalisé-es. Lorsque c’est surtout la victime que l’on enquête, pour vérifier qu’elle ne ment pas, alors que ce n’est jamais fait dans les autres affaires, lorsque des symptômes de stress post-traumatiques sont utilisés pour mettre en doute la version de la victime alors qu’ils pourraient être utilisés de manière bien plus pertinente pour prouver la véracité des faits, lorsque des affaires criminelles comme le viol sont correctionnalisées à tour de bras, et j’en passe. La justice ne sait tout simplement pas comment une personne réagit à un viol, et ne sait pas comment adapter le droit à ce crime, et cherche encore moins à l’appliquer.

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Seb. 13 octobre 2012 - 06:20

Si j’ai bien compris il ne s’agit pas de 10 acquittements mais de 2 acquittements, les 8 autres n’ont pas été renvoyés devant la juridiction de jugement par le procureur qui a estimé qu’il ne disposait pas d’éléments suffisant pour étayer son accusation.

Il y a une certaine publicité accordée à l’indignation provoquée par cette décision mais il y a peu d’effort d’explication de celle-ci. Par conséquent, il est difficile de se faire une idée. Paradoxalement, les mouvements qui dénoncent le message dramatique envoyé aux victimes, sont les principaux acteurs de la publicité donnée à ce verdict, je crois que l’on appelle cela des pompiers-pyromanes.

Quoiqu’il en soit, il me semble toujours un peu douteux d’organiser et de provoquer le mécontentement public sur une décision de justice. L’institution judiciaire est condamnée à l’imperfection. Il me paraît extrêmement compliqué de commenter cette décision dans l’ignorance des éléments qui ont convaincu le jury. Dans un Etat de droit on ne met pas en prison des gens pour satisfaire l’opinion publique.

Aussi brutal que cela puisse paraître, la procédure pénale n’a pas pour objet de consoler les victimes mais de trouver le juste équilibre entre la sécurité publique et la garantie des libertés individuelles. La justice pénale n’est pas l’outil adapté pour aider les victimes à se reconstruire. Même si cela est parfois le cas, l’investir de cette mission génère nécessairement des déceptions. Certains juristes préconisent de déconnecter le statut de victime du résultat du procès pénal. J’imagine que la création du bureau des victimes vise cet objectif, reste à savoir les attributions et moyens qui seraient alloués à cette institution.

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hic 13 octobre 2012 - 17:14

@seb
« Il y a une certaine publicité accordée à l’indignation provoquée par cette décision mais il y a peu d’effort d’explication de celle-ci. »

Ici, un article regroupant divers autres articles permettant de comprendre pourquoi ce verdict est à l’image de la façon générale qu’a la justice dans notre pays d’appréhender le viol (Doit-on rappeler que ce n’est ni immuable, ni partout pareil, et qu’il existe de pays qui ont modifié leurs lois pour coller mieux à la réalité des viols), et pourquoi ce verdict provoque l’indignation dont on entend parler.

http://sandrine70.wordpress.com/2012/10/12/creteil-viols-collectifs-sans-violeurs/

« Paradoxalement, les mouvements qui dénoncent le message dramatique envoyé aux victimes, sont les principaux acteurs de la publicité donnée à ce verdict, je crois que l’on appelle cela des pompiers-pyromanes. »
?
Je ne comprends pas cette remarque; actuellement, ce sont des mouvements féministes qui dénoncent la façon dont justice a été rendue lors de ce procès et de nombreux autres. Il est normal de parler du verdict si l’on souhaite un minimum mobiliser.

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Lora 13 octobre 2012 - 17:33

« hic »

« Paradoxalement, les mouvements qui dénoncent le message dramatique envoyé aux victimes, sont les principaux acteurs de la publicité donnée à ce verdict, je crois que l’on appelle cela des pompiers-pyromanes. »
?
Je ne comprends pas cette remarque; actuellement, ce sont des mouvements féministes qui dénoncent la façon dont justice a été rendue lors de ce procès et de nombreux autres. Il est normal de parler du verdict si l’on souhaite un minimum mobiliser.

Seb voudrait faire taire les victimes. Et accuse les féministes qui dénoncent la façon indigne dont sont traitées les femmes victimes de viol, de violence envers elles. La loi du silence, c’est ce qu’il propose. Marcella Iacub a déjà agressé verbalement Muriel Salmona de la sorte. Parce que, selon ces personnes, le traumatisme, c’est de parler du traumatisme…

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hic 13 octobre 2012 - 20:56

@lora
Ah ben c’est sûr, c’est une manière efficace de faire disparaître le problème, de ne pas en parler…

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Seb. 14 octobre 2012 - 06:53

L’indignation est une réaction émotive, seulement il n’y a aucune analyse, bonne ou mauvaise, qui tende à expliquer cette décision, hormis que l’instruction a été bâclée. Sur ce dernier point, c’est un peu le problème de la justice aujourd’hui. J’ai eu échos d’instructions concernant des enfants très sérieusement maltraités par leurs parents pendant toute leur enfance qui se sont résumés à une audition des enfants, et à celle de 5 témoins et qui ait évidemment passée à côté de beaucoup de choses ; d’affaires de pédophilie où l’expertise pédopsychiatrique a durée 5 minutes car l’enfant refusait de parler à l’expert et où n’a pas été possible d’en obtenir une seconde. On pourrait également évoquer l’affaire Outreau et « l’expertise au tarif d’une femme de ménage ». Il n’y a hélas pas de spécificité. Ca ne justifie rien mais on découvre l’eau chaude.

Je n’ai pas de parti pris, je n’étais pas sur les lieux, je n’ai pas assisté à l’audience, je ne sais donc pas si la décision des jurés est ou non pertinente à l’égard du dossier. Je ne connais pas les difficultés liées à l’enquête, les diligences qui ont été ou qui n’ont pas été réalisées.

(à suivre)

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Seb. 14 octobre 2012 - 06:56

Je ne comprends pas ce qu’on espère en alimentant ce buzz médiatique et en manifestant. Pensez-vous que le jury en appel prendra une meilleure décision si on maintien une pression médiatique ? Pour ma part, je pense que pour juger, il faut de la sérénité, et je ne crois pas que ce soit à la rue de faire justice. Je ne suis vraiment pas convaincu que les gens qui expriment leur colère et leur indignation dans la rue et dans les médias aient pris davantage la mesure du dossier que les membres du jury qui ont dû prendre la responsabilité de cette décision.

Dans un autre dossier, lorsque je vois les manifestations qu’a suscitées l’aménagement de peine de Michelle Martin, ex épouse de Dutroux, je suis consterné. Désormais, dès qu’une décision de justice ne plaît pas, on assiste à des manifestations de colère et d’indignation, avant même de chercher à comprendre les origines, la logique et la finalité de la décision. On ne rend pas des jugements pour faire plaisir au public.

(à suivre)

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Seb. 14 octobre 2012 - 06:56

Vous ne voyez pas de contradiction entre le fait de dénoncer le message catastrophique envoyé par ce verdict aux victimes et aux violeurs tout en étant l’un des principaux acteurs de la publicité faite autour de cette décision (donc de contribuer à propager ce message désastreux) ? Pour ma part, c’est juste évident. Cela dit OLF n’est pas à une contradiction près, qui lors de l’affaire DSK recadrait ses membres qui se lâchaient sur le sujet en leur disant que leur association n’avait pas vocation à commenter des décisions de justice en particulier, et que leur crédibilité en dépendait. Actuellement sur leur page prospèrent, sans la moindre modération, des invitations à prendre les magistrats dans des tournantes, et autres commentaires du même acabit.

Lorsque l’on est une organisation qui prétend défendre des valeurs progressistes et qui bénéficie tout de même d’une importante couverture médiatique, il me semble que l’on est tenu de garder une certaine hauteur. Ce type de commentaires sur la page d’OLF n’a d’ailleurs pas besoin de ce genre d’affaires pour apparaître. Au regard des réactions que suscitent leurs interventions chez ceux qui les soutiennent, peut-être faudrait-il qu’ils s’interrogent sur leur manière de faire.

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Seb. 14 octobre 2012 - 06:58

Que vous dire ? J’ai bien compris que vous me percevez comme un sinistre individu dont la seule obsession est d’abaisser et d’humilier les femmes, favorable au retour du droit de cuissage et autres archaïsmes. Et si ce genre de caricature vous aide à vivre, je peux même vous avouez que je passe mes nuits à chercher des enfants à kidnapper, des petites filles naturellement, pour les sacrifier lors de cérémonies rituelles destinées à jeter des sorts à la gente féminine. Sérieusement, et je vous demande de m’accorder une toute petite minute de réflexion avant de rédiger votre réponse, pensez-vous réellement que mon souhait soit de faire taire les victimes de viol ?

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Joke 14 octobre 2012 - 11:16

Je comprends que les victimes n’acceptent pas le verdict.
Mais le principe que le doute doit profiter à l’accusé est aussi essentiel que celui du droit du pire des criminels à pouvoir bénéficier du secours d’un avocat.
Elles ont vu leurs agresseurs, elles savent qu’ils sont coupables.
Mais il faut des preuves.
Je comprends les victimes, disais-je, mais je trouve anormal la contestation du verdict par ceux et celles qui ne sont pas les victimes.
Le parquet a fait appel. Seul le parquet a le droit de contester le verdict. C’est très bien qu’il l’ai fait.

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elise 14 octobre 2012 - 21:04

Il est trés difficile d’aborder ce problème(exuser l’euphemisme) il y a pourtant le film

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seb. 14 octobre 2012 - 22:03

Derrière ce lien le blog d’un avocat où est développée une analyse de ce jugement. Elle vaut ce qu’elle vaut mais elle a le mérite d’aborder certains des aspects juridiques et de de la pratique judiciaire : http://www.maitre-eolas.fr/post/2012/10/12/Incompr%C3%A9hension

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seb. 15 octobre 2012 - 00:14

Celui-ci c’est le point de vue d’un juge, peut être un peu trop angélique, mais il explique relativement bien la difficulté de sa fonction :
http://www.huyette.net/article-a-propos-de-l-emotion-suscitee-par-une-decision-de-cour-d-assises-jugeant-des-accuses-de-viol-coll-111155308.html

Et ce lien renvoi à une critique de la réaction médiatique, dans laquelle je me retrouve :
http://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/10/11/tournantes-fiasco-judiciaire-ou-mediatique/

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Maréchal 15 octobre 2012 - 07:45

Le titre du billet du blog La plume d’Aliocha induit déjà un parti pris, en qualifiant de tournante un viol collectif.
Le billet du blog

« seb. »
Celui-ci c’est le point de vue d’un juge, peut être un peu trop angélique, mais il explique relativement bien la difficulté de sa fonction :
http://www.huyette.net/article-a-propos-de-l-emotion-suscitee-par-une-decision-de-cour-d-assises-jugeant-des-accuses-de-viol-coll-111155308.html

Et ce lien renvoi à une critique de la réaction médiatique, dans laquelle je me retrouve :
http://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/10/11/tournantes-fiasco-judiciaire-ou-mediatique/

« seb. »
Celui-ci c’est le point de vue d’un juge, peut être un peu trop angélique, mais il explique relativement bien la difficulté de sa fonction :
http://www.huyette.net/article-a-propos-de-l-emotion-suscitee-par-une-decision-de-cour-d-assises-jugeant-des-accuses-de-viol-coll-111155308.html

Et ce lien renvoi à une critique de la réaction médiatique, dans laquelle je me retrouve :
http://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/10/11/tournantes-fiasco-judiciaire-ou-mediatique/

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Seb. 15 octobre 2012 - 10:23

Expliquez-moi en quoi cela induit un parti pris ? C’est probablement une faute de français, voir une faute de goût, une maladresse, mais je ne vois pas en quoi cela induit un parti pris. Le terme « tournante » a été celui utilisé par la majorité des commentateurs, et la majorité des commentateurs ont centré leur papier sur l’incompréhension, le choc qu’a suscité cette décision.

( à suivre)

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Seb. 15 octobre 2012 - 10:24

Vous conviendrez que ce n’est pas le cœur du sujet de ce billet. Il s’agit d’une critique du traitements médiatique de ce dossier ; du fait que les journalistes n’ont pas fait leur travail. Le procès est à huis clôt, personne ne sait ce qui s’est passé à l’audience, personne ne connaît le dossier. Que font les journalistes ? Ils ne font pas pas un article sur le procès, ils font un article sur réactions provoquées par le verdict. C’est à dire qu’ils ne font pas un papier sur les faits, mais ils font un papier sur les réactions provoqués par les faits. Et pour cela, il vont recueillir des propos de gens qui ont un évidemment parti pris ou de gens qui ne connaissent pas plus qu’eux le dossier, et bien souvent de gens qui ne connaissent pas le dossier et qui ont un parti pris. Excusez-moi mais c’est le degré zéro du journalisme et le conscience professionnelle.

La motivation du jugement n’est pas disponible instantanément, et il est difficile d’attendre qu’il le soit pour faire son papier, soit. Mais dans ce cas on travaille en amont, on va voir des professionnels du droit, de la justice et on se demande ce qu’il est possible d’attendre de cette décision, qu’elle serait la signification des différentes décisions envisageables. On peut même allé dans une bibliothèque (soyons fou !) et s’instruire sur le fonctionnement de nos institutions, et du pourquoi et du comment elles sont ce qu’elles sont aujourd’hui. Mais non ! On pourrait dire des choses qui heurteraient ceux qui étaient bien décidés à ce lancer dans un lynchage en bonne est dû forme. Donc non seulement tenté de mettre en perspective cette décision dans un contexte plus global demanderait plus de travail, mais en plus cela risquerait de faire perdre des lecteurs, pourquoi ce faire chier ?

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Mathilde 15 octobre 2012 - 11:11

le terme de « tournante » est le terme donné aux viols en réunion par les criminels qui s’y livrent. voilà pourquoi reprendre ce terme pose gravement problème. un viol collectif n’a rien à voir avec une partie de ping pong à plusieurs ou à un tour de manège.

« Seb. »
Expliquez-moi en quoi cela induit un parti pris ? C’est probablement une faute de français, voir une faute de goût, une maladresse, mais je ne vois pas en quoi cela induit un parti pris. Le terme « tournante » a été celui utilisé par la majorité des commentateurs, et la majorité des commentateurs ont centré leur papier sur l’incompréhension, le choc qu’a suscité cette décision.

( à suivre)

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Seb. 15 octobre 2012 - 13:14

Ca ne répond pas à la question : en quoi cela induit un parti pris. Le terme de « tournante » est probablement mal choisi, pour autant ce n’est pas parce que vous considérez que l’usage de ce terme à la place de « viol collectif » contribue à banaliser un crime que l’auteur ait cette volonté de banalisation. Par ailleurs, c’est le terme qui a été utilisé et repris par la grande majorité des médias et commentateurs, donc pour se faire comprendre de ses lecteurs assez spontanémment on aura tendance à reprendre le terme. Il n’est pas inutile de s’interroger sur le sens des mots et leur porté mais il est excessif d’attribuer ce type intentions à ceux qui les utilisent. C’est également dommage de réduire un article qui propose une analyse, avec laquelle on peut être d’accord ou pas, à un seul mot de son titre.

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elise 15 octobre 2012 - 14:48

Le film « l’amour violé » de Yannick bellon aborde le sujet de façon remarquable mais il est rarement diffusé ; Pourquoi ?

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Lora 15 octobre 2012 - 15:27

@ Seb

D’abord je tiens à souligner le procédé masculiniste que vous employez et qui consiste à s’étaler, prendre toute la place, noyer les échanges d’un flot de phrases où les idées sont diluées, parce que votre but n’est pas la confrontation des opinions, mais le brouillage des messages.

Revenons au sujet : la façon dont les viols sont jugés.

Maître Lisa Laonet avocate au Barreau de Paris, spécialiste du droit des victimes et de la protection de l’enfance :

 » Crime passible de 15 ans de réclusion criminelle, le viol est en réalité bien souvent minimisé, banalisé au cours des procédures. Entre correctionnalisation judiciaire et extrême mansuétude dans les peines infligées, on peut parfois même douter du caractère criminel du viol aux yeux de l’institution judiciaire. »

Texte complet sur le site « LA CORRECTIONNALISATION DU VIOL, LA NEGATION D’UN CRIME » Cliquer sur « Le viol est-il un crime »

Verdict absolument correct dans une société de domination masculine.

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Seb. 15 octobre 2012 - 17:36

Nous avons déjà eu l’occasion de discuter sur ce forum, je ne vais pas passer mon temps à me justifier de ma non adhésion au masculinisme. Je dirai seulement que ce n’est pas parce qu’une personne n’est pas d’accord avec la manière dont vous concevez le féminisme que cette personne est nécessairement masculiniste.

Pour ce qui est de la longueur de mes interventions, j’essai seulement de me faire comprendre, et vu la complexité des sujets il m’apparaît difficile de faire court. J’ai plutôt le sentiment de précisément inviter à la confrontation des opinions, chacune de mes interventions aborde des points précis, que de chercher à brouiller les messages.
Je le dit dans ironie, je serai que vos commentaires soient plus long. Lorsque je poste un lien qui critique le traitement médiatique de ce dossier http://laplumedaliocha.wordpress.com/2012/10/11/tournantes-fiasco-judiciaire-ou-mediatique/#comment-25717, j’avoue être déçu qu’on ne réagisse seulement à un mot du titre sans même aborder le fond de l’article.

Pour ce qui est de votre lien http://lacorrectionnalisationduviol.wordpress.com/le-viol-est-il-un-crime-par-maitre-lisa-laonet-avocate-au-barreau-de-paris-specialiste-du-droit-des-victimes-et-de-la-protection-de-lenfance/ j’ai déjà répondu sous un autre article de ce site ce que je pensais de la correctionnalisation http://www.lesnouvellesnews.fr/correctionnalisation-viol-question-sans-reponse

(à suivre…)

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Seb. 15 octobre 2012 - 17:51

Il est vrai que la prise en charge des victimes d’infraction pénale laisse à désirer, mais ce n’est une spécificité des victimes de viol. Si je suis favorable à une meilleure prise en charge des victimes d’une manière générale mais je ne crois que cela soit le rôle de la justice pénale. Le procès pénal c’est le ministère public contre l’accusé. Les victimes ne sont pas parties au procès pénal, elles sont parties civiles, la nuance est importante. Elle ne peuvent juridiquement réclamer des peines pénales, et la peine pénale n’a pas pour objet de les soulager.

Maître Lisa Laonet fini d’ailleurs son article en disant que les textes ne sont pas mauvais. Il faut aussi cependant replacer son propos. C’est une avocate spécialisée dans le droit des victimes, de part sa fonctions elle affirmera toujours que les victimes ne sont pas suffisamment entendues et que l’on est trop clément avec les accusés. De la même manière que Maître Eolas, pénaliste mais du côté de la défense, fait probablement preuve d’un peu trop d’empathie à l’égard des accusés http://www.maitre-eolas.fr/post/2012/10/12/Incompr%C3%A9hension mais c’est son travail. Ces deux vérités méritent cependant d’être exprimées, la justice est toujours un peu entre les deux, c’est tout l’intérêt du contradictoire.
Maître Lisa Laonet conteste ce jugement mais elle n’explique pas pourquoi en droit et en fait ce jugement est contestable, et l’analyse de Maître Eolas me semble à cet égard plus juridique, et c’est bien de droit dont on parle.

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Seb. 15 octobre 2012 - 17:58

Veuillez comprendre :
« Je le dis sans ironie, Je serai content que vos commentaires soient plus long »

à la place de :

« Je le dit dans ironie, je serai que vos commentaires soient plus long »

Répondre
Carole 16 octobre 2012 - 07:33

Sur le viol, un film à voir Mourir à tue-tête :
http://www.onf-nfb.gc.ca/fra/collection/film/?id=1094

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Seb. 16 octobre 2012 - 20:53

J’avouterai qu’il est vrai que la prise en charge des victimes en amont du procès laisse à désirer, pour cela il faudrait des moyens.

Il est déjà rare qu’au niveau du dépôt de plainte que la victime ait la chance de se trouver face à un professionnel qualifié à recueillir ce type parole. Le policier, le gendarme reste souvent bloqué sur les exigences de son enquête, il va réclamer des faits précis, des dates, des heures, des lieux, des noms, des descriptions. Cela pour un premier contact est rarement à la portée d’une victime qui a subi quelque chose de violent. Celle-ci n’a pas nécessairement un récit construit et cohérent à délivrer à la police, et nécessite un travail de reconstruction de ce récit qu’elle ne parviendra pas nécessairement à faire seule. Pour cela, il faut que des formations sérieuses et appropriées soient délivrées aux forces de l’ordre qui auront vocation à recueillir cette parole.

Ensuite, les victimes ne sont pas toujours très bien orientées. J’ai eu échos d’une personne qui ayant été entendue à sa majorité pour des violences des maltraitances sérieuses qu’elle avait subie pendant toute son enfance, et qui, n’ayant aucune culture juridique, n’avait toujours pas 15 jours avant le procès de ses parents pensé à s’adresser à un avocat et à aucun moment quelqu’un ne lui avait suggéré de le faire.

Là où je vis, il y une association de victime mandatée par la justice, habilitée par le ministère de la justice, dont j’avoue ne pas bien à quoi elle sert. Ses statuts prévoient notamment une aide dans les démarches et une écoute des victimes mais selon les retours que j’en ai eu, elle se contente bien souvent de donner aux victimes la liste des avocats.

( à suivre)

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Seb. 16 octobre 2012 - 20:54

(suite)

Les avocats d’ailleurs ne sont pas tous à la hauteur, et certains ne préparent pas du tout leur client au procès. Là encore j’ai eu des retours, pour des faits relativement graves des victimes ont vu leur avocat une fois pendant une heure sans vraiment lui expliquer à quoi s’attendre et de qu’elle manière leurs attentes peuvent ou ne peuvent pas se traduire juridiquement. Ensuite, il est vrai que les instructions ne sont pas toujours très poussées, mais c’est plus un question de moyens qu’une absence de volonté.

Au final, après le procès, certaines victimes sont particulièrement frustrées car elles sont surprises par le déroulement du procès et ont le sentiment que celui-ci est passé à côté de beaucoup de chose. Elles mettent du temps à s’en remettre car elles se passent et repassent ce procès dans la tête.

Des moyens supplémentaires permettraient de résoudre une grande partie de ces problèmes, ou au moins d’améliorer la situation. Plutôt que de critiquer les juges et le droit, il faudrait critiquer les politiques, et par suite les électeurs, de ce manque d’intérêt pour la justice qui ne se réveille que sauvagement lorsqu’une actualité un peu croustillante leur permet de se défouler.

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