Accueil Politique & SociétéSanté Violences : les professionnels de santé manquent de formation

Violences : les professionnels de santé manquent de formation

par Arnaud Bihel

ViolencesSpotUn sondage révèle que moins de 20% des étudiants en médecine ont reçu « un cours ou une formation » sur les violences sexuelles ou physiques.


 

La question de la formation des professionnels de santé face aux violences est posée à l’approche de la journée contre les violences faites aux femmes le 25 novembre.

La Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) doit présenter mercredi 20 novembre des outils de formation destinés aux professionnel-le-s de la santé.

Un plan et un spot

Le ministère des Droits des femmes présentera vendredi 22 novembre un « plan interministériel de prévention et de lutte contre les violences faites aux femmes ». Ce même jour sera lancé un spot officiel du ministère, « Contre les violences, libérons la parole ». Ce film de 30 secondes sera diffusé sur tous les médias nationaux.

Le spot est visible ici

A cette occasion sera également présenté un sondage réalisé auprès des étudiant-e-s en médecine, qui vient souligner ce manque de formation. Selon les chiffres dévoilés par l’AFP, ils sont une très faible minorité à déclarer avoir déjà reçu « un cours ou une formation » sur les violences sexuelles (19,3%), physiques (16,9%), et encore moins sur les violences psychologiques (7%) ou verbales (5,6%).

Pourtant, ils sont plus de la moitié (54,2%) à avoir déjà rencontré dans le cadre de leurs stages des patient-e-s victimes de violences physiques. Très nombreux également à être confrontés à des victimes de violences physiques, psychologiques (43,9%), verbales (41,1%) ou sexuelles (31,7%).

Ce sondage national, réalisé sur internet auprès de 1 472 étudiants en médecine, témoigne aussi d’une méconnaissance du phénomène. Ils sont 83,8% des répondants à avoir jugé que la proposition « 10 000 femmes sont violées par année » est « probablement vraie », alors que le nombre annuel de viols est estimé à au moins 75 000.

Le projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes, qui attend d’être examiné en deuxième lecture par les députés, prévoit que « la formation initiale et continue des médecins, des personnels médicaux et paramédicaux1 (…) comporte une formation sur les violences intrafamiliales, les violences faites aux femmes ainsi que sur les mécanismes d’emprise psychologique. »

Il y a un an, le premier Conseil interministériel aux droits des femmes avait acté la mise en œuvre d’un plan national de formation des professionnels amenés à rencontrer des femmes victimes de violences, coordonné par la MIPROF.

 

Photo : image du spot qui sera diffusé à partir du 22 novembre

 

 


Contre les violences, libérons la parole ! par droitsdesfemmes

 


 

1  Ainsi que « des travailleurs sociaux, des magistrats, des avocats, des personnels enseignants et d’éducation, des agents de l’état civil, des personnels d’animation sportive, culturelle et de loisirs, des personnels de la police nationale, des polices municipales et de la gendarmerie nationale, des personnels de préfecture chargés de la délivrance des titres de séjour, des personnels de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, et des agents des services pénitentiaires ».

 

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1 commenter

Aziza 21 novembre 2013 - 08:31

POur les travailleurs sociaux, une formation initiale a été mise en place dés 1994, avec le parrainage et la participation de la Délégation aux Droits des Femmes. Les policiers ont également été formés.(la BM et les policiers de base)
CEPENDANT, cette formation était sur la base du volontariat; elle n’est devenue obligatoire (et améliorée) que voici une dizaine d’années.Par ailleurs, si ces formations ont appris aux stagiaires les gaffes à ne pas faire et dire, et les mécanismes principaux de la violence, elles n’ont pas amené à réfléchir sur la situation globale des femmes dans la société , et les stéréotypes sexistes. Trouver systématiquement UNE policière dans les commissariats pour enregistrer une plainte(et non une main courante!), et indiquer la marche à suivre(Urgences Médico Judiciaires) a pris des années!

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