Accueil Société Visa pour l’image : sur fond de crise le photojournalisme reste indispensable

Visa pour l’image : sur fond de crise le photojournalisme reste indispensable

par Isabelle Fougere

Alors que le photojournalisme connaît la plus grave crise de son histoire, alors que la production voit fondre ses budgets, le festival Visa Pour l’Image, à Perpignan, donne à voir un monde dont la presse ne sait ou ne veut plus parler, lui préférant les potins « people » plus confortables. Pourtant, partout sur la planète, des hommes et des femmes continuent de porter leurs regards sur  l’actualité et l’époque, prenant parfois des risques insensés pour donner à voir et enrichir les archives du futur.


 

A Perpignan, le plus grand festival international de photojournalisme au monde, qui s’ouvre le 31 août, met en lumière le travail des photojournalistes avec rigueur et respect. Guerre, nature, environnement, populations, religions, faits de société et grands fléaux de notre époque, de la misère aux Etats-Unis à la violence au Guatemala, en passant par le travail des enfants, la Somalie ou le Pakistan, les expositions – reportages ou anthologies d’un photographe – abordent une grande diversité de sujets. Un concentré d’événements marquants dont on parle ou que l’on tait. Un événement qui rend pendant quelques semaines espace et sens à l’engagement et à la lutte contre l’indifférence. Quelles que soient les technologies et l’économie des médias fragilisant le métier, le photojournalisme reste indispensable pour donner à voir le monde.

« Shared sorrows – Divided lines » projet de reportage de Justyna Mielnikiewicz« Shared sorrows – Divided lines », projet de reportage de Justyna Mielnikiewicz, sur les conflits du Caucase et la vie quotidienne de ses populations

Justyna Mielnikiewicz, 35 ans, est photoreporter indépendante, d’origine polonaise et géorgienne.  Depuis 2002, elle vit à Tbilissi (Géorgie) et mène un travail de longue haleine sur les conflits qui déchirent la région du Caucase, en Abkhazie, Sud Ossétie, Nord Karabakh, Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie. Pour elle, les frontières  et les lignes de front actuelles, issues de l’histoire, ne correspondent pas aux réalités vécues par les différents peuples du Caucase. Elle démontre que les conflits successifs qui s’y déroulent n’ont pas pour origine des conflits ethniques mais politiques. Dans cette zone d’importance géostratégique mal connue, elle bouscule les stéréotypes et donne à rencontrer des populations laissées pour compte par l’actualité. Dans les villages du Caucase, Justyna Mielnikiewicz capte des images de paix et photographie la puissance de la vie par delà les armes et la guerre.

Le 5 septembre 2009, la photographe recevra au festival Visa Pour l’Image de Perpignan le prix Canon/AFJ de la Femme Photojournaliste 2009 soutenu par le Figaro Magazine. Elle pourra ainsi poursuivre son travail.

Upstate Girls – Le revers de la médaille du rêve américain Brenda Ann Kenneally

Upstate Girls – Le revers de la médaille du rêve américain

Brenda Ann Kenneally

Un reportage de cinq ans exceptionnel, qui balaye  les clichés issus de séries télévisées à l’univers lisse et cossu telles que « Desperate Housewifes ». La photographe américaine a suivi  des familles pauvres de la petite ville de Troy (100 km au Nord de New York), symbole de la réussite Américaine en matière d’industrie. On la surnommait la « Maison de l’Oncle Sam ». Mais la ville présente de fortes disparités sociales. Pour le montrer, Brenda Kennealy a dû passer derrière le décor et se faufiler dans des logements insalubres, chez des familles monoparentales touchées par une misère sombre. Usines fermées, construction de nombreux centres de rétention, problèmes ethniques, de réinsertion des détenus, politique d’incarcération systématique : les plaies de Troy sont multiples. Les femmes de détenus élèvent seules leur famille. Faute de moyens, d’espoir ou d’ambition, la jeunesse suit l’exemple des parents : travailler le plus tôt possible pour des salaires de misère, afin d’aider  la famille : « The Dead End Jobs » comme les qualifie Brenda Kenneally. Une exploration sensible et sans concessions du revers de la médaille du rêve américain.

Prix Canon de la Femme photojournaliste décerné par l’AFJ (Association des Femmes Journalistes), en collaboration avec Le Figaro Magazine en 2008.

Lire aussi « le meilleur du webdocu a rendez-vous à Visa » sur lefigaro.fr

Du 29 août au 13 septembre 2009
Semaine Professionnelle du 31 août au 6 septembre
www.visapourlimage.com

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