Trump, la haine et la misogynie au pouvoir

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Donald Trump le 19 octobre 2016 à Phoenix, Arizona. Photo Gage Skidmore sur Flickr (CC BY-SA 2.0)

Donald Trump sera le prochain président des États-Unis. La victoire choquante d’un populiste agressif, xénophobe et sexiste.


 

Un candidat qui manie l’invective en permanence, utilise la haine comme argument, dont la xénophobie fait figure de programme, et qui dénigre les femmes comme il respire. Sans parler de sa vive opposition au droit à l’avortement, ou de son déni des causes humaines du réchauffement climatique. Ce candidat sera le prochain président des États-Unis.

Défiant tous les pronostics, Donald Trump a remporté l’élection présidentielle du 8 novembre 2016 face à Hillary Clinton. La candidate démocrate qui entendait écrire l’Histoire en devenant la première femme présidente des États-Unis tombe de haut. Les Républicains, de plus, gardent le contrôle du Congrès.

Certes, la candidature d’Hillary Clinton avait ses faiblesses ; sa difficulté à remporter la primaire démocrate face à Bernie Sanders l’avait bien montré. Hillary Clinton avait, collée à la peau, l’image de la candidate du système, proche des milieux financiers. La majorité des sondée.e.s la jugeaient malhonnête. Alors que Barack Obama a échoué à réduire des inégalités de plus en plus criantes, le discours populiste de Trump a parlé davantage à ceux qui se sentent laissés de côté.

“Le machisme et la misogynie ont montré leur immonde visage”

Mais, c’est une autre certitude, le sexisme aura été l’un des principaux freins à l’élection de la candidate démocrate. Donald Trump se faisait le porte-voix des hommes, qu’ils soient privilégiés ou déclassés, refusant de céder du terrain aux « méchantes femmes ». Donald Trump incarnait la peur et la haine que peuvent ressentir les hommes blancs face à l’érosion d’un pouvoir qu’ils considèrent comme leur dû. Qu’il n’ait eu de cesse d’étaler son machisme vulgaire, qu’il se soit par le passé vanté d’avoir usé de sa célébrité pour commettre des agressions sexuelles contre des femmes, ne l’a pas pénalisé outre mesure.

« Les futures générations sauront que, la première fois qu’une femme a exercé la Présidence, le machisme et la misogynie ont montré leur immonde visage » : cette phrase, on l’entendait il y a seulement deux mois de la bouche de Dilma Rousseff, la première présidente du Brésil, après sa destitution controversée. Aux États-Unis, il aura suffi que machisme et la misogynie montrent les dents pour empêcher qu’une femme exerce la présidence. Et leur sourire éclatant risque de nous hanter dans les prochaines années.

 

 

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5 réflexions au sujet de « Trump, la haine et la misogynie au pouvoir »

  1. Les américains élisent un agresseur sexuel, de son propre aveu. La culture du viol a de beaux jours devant elle. Je suis complètement déprimée.

  2. Il faut ajouter qu’aucun parti américain n’élira de femme aux futures primaires avant très longtemps, de peur de perdre l’élection en raison du sexisme. D’ici quelques heures, on va commencer à taper sur Hillary Clinton la “mauvaise candidate” et il y aura bien des analystes pour clamer que choisir une femme c’était des bons sentiments mais qu’on ne gagne pas les élections avec de bons sentiments.

  3. Le tout est maintenant de cerner son niveau de dangerosité… pas facile avec un type pareil, qui a montré pendant toute la campagne qu’il était quelqu’un de bienveillant (genre vendeur d’armes), idéaliste (genre Rocco Siffredi), plutôt humble (genre Poutine) et grande classe (genre épisode de télé réalité)… Je suis sous le choc

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