Accueil International 14 juin : grève des femmes en Suisse

14 juin : grève des femmes en Suisse

par Camille Saint-Cricq

28 ans après une manifestation de 500.000 Suissesses contre les inégalités, nouvelle grève des femmes.

« Inégalités salariales au détriment des femmes, harcèlement de rue, travail de « care » assumé gratuitement, violences domestiques: ça suffit » : le site de la marche mondiale résume ainsi ce qui ne tourne pas rond. Alors ce vendredi 14 juin, elles se (re)mettent en grève. Grève du travail rémunéré, du travail domestique du « prendre soin », de l’école et de la consommation afin que le travail des femmes soit visible et que leurs revendications soient entendues.

Pourquoi le 14 juin ? Parce que, il y a 28 ans, le 14 juin 1991, 500.000 femmes Suisses (dans un pays qui compte 4 millions d’habitants) descendaient dans les rues pour l’égalité et contre les violences sexistes  C’était 10 ans après l’inscription de l’égalité des genres dans la Constitution. Et elles estimaient que rien n’avait changé ou si peu.

Ce 14 juin 2019, le manifeste de « la grève féministe » fait le tour des inégalités et du sexisme rendu encore plus visibles par le mouvement #MeToo. Le syndicat Unia résume ainsi les revendications : « Du respect, du temps, de l’argent »

Quelques faits et chiffres montrent que cette grève n’est pas du luxe. Ecart entre les salaires médians entre hommes et femmes : 12% en 2018. Et surtout: 40% de cet écart ne se justifie ni par l’expérience, ni par la formation, ni par le type de poste, ni par la position hiérarchique note l’Office fédéral de statistique suisse (OFS).  Et plus on monte dans les hautes sphères des entreprises plus l’écart se creuse pour atteindre 18,5% en haut de la pyramide.

Le travail domestique représente, comme dans de nombreux pays, plus d’un « tiers fantôme du Produit intérieur brut ». Des écarts de retraites colossaux entre femmes et hommes sont expliqués par des interruptions de carrières des femmes. Interruptions liées au manque de structures d’accueil des jeunes enfants poussant les Suissesses à sacrifier une partie de leur vie professionnelle. Et d’ailleurs, une femme sur dix est licenciée après son congé maternité, (un congé qui n’a vu le jour qu’en 2005).

En politique elles représentent moins de 30 % des élu.e.s et sont plutôt cantonnées aux petites communes.

Et une Suissesse sur cinq est victime de violence domestique selon Amnesty International. Les remarques sexistes, le harcèlement sexuel sont monnaie courante.

Dans leur appel à la grève, les Suissesses demandent des salaires égaux bien sûr mais aussi « la valorisation sociale et salariale des métiers perçus comme ‘féminins ‘ ».  « Une réduction générale du temps de travail pour mieux partager travail rémunéré et non rémunéré et parce que le modèle économique actuel déprécie les personnes et dégrade les ressources naturelles de notre planète ». Elles réclament des retraites égales et des congés parentaux ou pour enfants ou proches malades. Une protection des femmes contre les violences sexistes. Sans oublier la gratuité de l’avortement et de la contraception. La suppression des « taxes roses » sur les produits d’hygiène féminine notamment. Elles veulent « Mettre fin aux stéréotypes de genre dans la culture, les médias, l’éducation et la publicité » Et plus globalement :« nous voulons redéfinir l’espace public et politique afin d’y occuper la place qui nous revient. »

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Alexia DELARUE 14 juin 2019 - 12:18

Bizarrement, on n’en entend pas parler… à part dans les nouvelles news 🙂

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