Accueil Politique Les têtes de l’Union européenne sous le feu des critiques

Les têtes de l’Union européenne sous le feu des critiques

par Isabelle Germain

deuxUn homme terne et une novice, c’est ainsi que sont présentées dans la presse européenne les nouvelles personnalités de l’Europe. Les 27 de l’Union européenne ont désigné, jeudi 19 novembre à Bruxelles, leur premier président stable : Herman Van Rompuy, le Premier ministre belge. Et leur chef de la diplomatie : la britannique Catherine Ashton, actuelle commissaire européenne au commerce.


 

Le traité de Lisbonne prévoit qu’ils soient installés à ces postes pour deux ans et demi, ce qui doit apporter de la stabilité, contrairement au système actuel de présidence tournante tous les six mois, qui donne… le tournis.

Déjà les critiques fusent. El Pais en Espagne parle de « figures ternes », le Financial Times doute de leur capacité à rivaliser avec Washington et Paris et une bonne partie de la presse européenne se met à l’unisson. Côté politique c’est parfois pire : Daniel Cohn-Bendit dans Le Nouvel Observateur parle d’un « président du Conseil falot et d’une Haute représentante insignifiante ». Il estime que « les chefs d’Etat et de gouvernement ont poursuivi leur politique d’affaiblissement des institutions européennes ». Nicolas Sarkozy bien sûr, qui a participé à sa nomination, n’est pas de cet avis, estimant que Herman Van Rompuy  est un homme de très grande qualité rompu aux compromis.
 
Les femmes parlementaires se réjouissent de l’arrivée de Catherine Ashton.  Sa nomination, il est vrai, est une habile réponse des dirigeants européens à la candidate lettone à la présidence, Vaira Vike-Freiberga, qui faisait principalement campagne sur la féminisation des hautes sphères de l’Union. Mais la nouvelle chef de la diplomatie des 27 encaisse des critiques différentes de celles du Président. Comme à l’accoutumée lorsqu’il s’agit d’une femme, le procès en incompétence n’est pas loin : « novice », « néophyte », « une trajectoire météoritique mais sans éclat particulier ». Voilà ce qui figure dans le portait brossé par l’AFP et repris par nombre de journaux.
 
D’autres insistent sur son côté « baronne anglaise » peu rompue aux dossiers internationaux. Du coup, ses états de service paraissent anecdotiques. Pourtant elle est commissaire européen au commerce depuis 2008 et « elle a trouvé une solution au conflit sur le boeuf aux hormones avec les Etats-Unis, elle a conclu un accord de libre échange avec la Corée du Sud et a normalisé les relations avec les Etats ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) », résume un proche ; mais cela est noyé dans une masse d’informations moins signifiantes. Au fil des portraits qui sont brossés d’elle, on apprend qu’elle « est mariée à Peter Kellner, un commentateur politique et président de l’institut de sondage YouGov, dont elle a eu deux enfants ». Informations dont la presse se passe pour ses collègues hommes. Les femmes parlementaire vont devoir encore manifester…

 

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3 commentaires

henry 21 novembre 2009 - 16:37

comme on ne veut surtout pas de cette EUrope là… moins ca avancera, mieux on se portera ! Décédement les politiques sont plus que ridicules… ils font honte aux peuples!

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henry 21 novembre 2009 - 16:40

Il est navrant qu’une femme ait toujours a faire ses preuves, sous les critiques stupides de ces males, alors que les « professionnels » masculins ne sont pas légion.

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Nouch 23 novembre 2009 - 11:44

Je pense qu’il ne faut pas être de mauvaise foi…
Ce que reprochent les détracteurs de Ashton ET de Van Rompuy est leur inexpérience en diplomatie et le fait qu’ils soient totalement inconnus au niveau international. Pour ma part, je désole aussi le fait que les deux postes aient été attribués à des conservateurs…
C’est clair que sur les deux premiers critères, j’avais une nette préférence pour Vike-Freiberga, une vraie diplomate européenne.

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