Accueil L'édito 2020, « Il suffira d’une crise… »

2020, « Il suffira d’une crise… »

par La rédaction

En 2020, dans les rangs féministes bruissait la phrase de Simone de Beauvoir : « N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »  Nous y sommes.  Tout n’a pas régressé en 2020, certains sujets ont même progressé, mais l’avertissement de la philosophe féministe était nécessaire.

Les Nouvelles News abordaient pourtant 2020 avec enthousiasme, voyant s’ouvrir une année féministe et écolo. Féministe parce que, non seulement la parole des femmes était libérée mais elle commençait à être prise au sérieux. Un symbole : l’écrivain Gabriel Matzneff longtemps soutenu par les médias, les éditeurs et des dirigeants politiques était enfin lâché par ceux qui avaient été bien obligés d’entendre la parole des victimes d’agressions sexuelles avec le mouvement #MeToo. Une année écolo parce que les climatosceptiques étaient débordés eux aussi par des paroles qu’ils avaient réussi à ridiculiser jusque-là. 

En France, les élections municipales ont vu cinq femmes arriver à la tête de cinq des 10 plus grandes villes de France. Beaucoup étaient écolos : ELECTIONS MUNICIPALES : UN PAS VERS LA PARITÉ. Et un premier pas vers une politique féministe a été fait dans une ville conquise par un homme : DÉBUT DE BUDGET SENSIBLE AU GENRE À LYON

Mais cet élan féministe a été de courte durée, un nouveau gouvernement a été nommé quelques jours après avec deux  ministres contestés : PARITÉ ET PATRIARCAT AU GOUVERNEMENT. Et un président de le République parlant « D’HOMME À HOMME » tandis que les soutiens du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, évoquaient la  « PRÉSOMPTION D’INNOCENCE »  pourtant hors sujet. Ce qui n’a pas empêché le ministre de l’Intérieur de se montrer grivois lors d’une audition au Sénat : SEXISME DÉCOMPLEXÉ DE GÉRALD DARMANIN AU SÉNAT. Côté grivoiseries, l’année avait commencé avec l’épisode divertissant du départ de Benjamin Griveaux… qui fut l’occasion d’entendre à nouveau des commentateurs mélanger des affaires de mœurs et d’agressions sexuelles : AFFAIRE GRIVEAUX : DES COMMENTAIRES CONFUS

Dans les médias, exit les femmes décideuses : ILS PENSENT LA GUERRE, ELLES PANSENT LES BLESSURES ou encore : ELLES COUSENT, ILS CAUSENT. Et on est revenu aux fondamentaux : « UNE FEMME », L’EXCEPTION QUI CONFIRME LA RÈGLE « SANS FEMME » Ce qui n’empêchait pas les hommes omniprésents de venir se plaindre « on ne peut plus rien dire » : BRUCKNER FAIT LE TOUR DES MÉDIAS POUR DÉFENDRE L’HOMME BLANC … Et les féministes d’être montrées du doigt : QUAND LE SEXISME DES MÉDIAS EST DÉNONCÉ. La pub s’est mise au diapason : PENDANT LA CRISE LA PUB CONTINUE. SEXISTE… (Certains médias n’avaient pas attendu la crise pour se montrer sexistes : ENCORE DES RELENTS DE HAINE ANTIFÉMINISTE DANS LA VIEILLE PRESSE) Pourtant l’année avait bien commencé avec ce constat en mars : L’INFO DEVIENT MOINS MISOGYNE.

Charge mentale Et les stéréotypes infusés dans les têtes par les médias ont fait leur œuvre : au pied du mur du confinement, la charge mentale et la répartition des tâches domestiques ne s’est pas équilibrée. Les femmes ont continué de porter le plus lourd fardeau: CONFINÉES, LES FEMMES EN FONT PLUS QUE LES HOMMES… AVEC LE SOURIRE (PRESQUE) Mais comme nous sommes optimistes aux Nouvelles News nous avons cherché les recettes des couples qui équilibrent : CONFINÉ.E.S ET ÉGAUX EN MÉNAGE ? ÇA ARRIVE !

Côté conciliation vie pro / vie perso, la France a encore fait plus de bruit que de concrêt : ALLONGEMENT DU CONGÉ PATERNITÉ : PREMIÈRE ÉTAPE ET COUP DE COM. Tandis qu’à l’étranger, le sujet avance : DES CONGÉS NAISSANCE LONGS ET ÉGAUX EN FINLANDE

 Culture. Cependant la crise n’a pas empêché un bouleversement très prometteur pour l’égalité femmes hommes : l’Académie des César, l’instance de consécration qui adoube la production cinématographique, est devenue paritaire. L’ACADÉMIE DES CÉSAR ENFIN DÉMOCRATIQUE ET PARITAIRE. Cette victoire a été remportée après de multiples rebonds, des résistances insensées (CÉSAR ET POLANSKI : LE MAUVAIS SCÉNARIO SE POURSUIT   ou : CÉSAR : ET À LA FIN, ILS TRIOMPHÈRENT. FORESTI « ECŒURÉE »)  et de courageuses mobilisations féministes.  Petit à petit « on se lève et on se barre » à cédé la place à ON SE LÈVE ET ON PREND LA PLACE ! Ce discours d’AGNES JAOUI : « JE CROIS À L’INFLUENCE IMMENSE DES IMAGES » montre la difficulté du chemin parcouru.

Pouvoir. Chez les grands de ce monde, l’année n’avait pas bien commencé au forum économique mondial : A DAVOS, LES HOMMES GARDENT LE POUVOIR. Mais quelques femmes ont continué d’accéder au pouvoir : en Grèce KATERÍNA SAKELLAROPOÚLOU Et, dans un élan d’essentialisme, certains ont pu dire que les femmes dirigeantes géraient mieux la crise sanitaire… pas sûr : LES FEMMES DIRIGEANTES MEILLEURES QUE LES HOMMES FACE À LA PANDÉMIE ?

Stéréotypes toujours, dans la presse française, la vice-présidente des Etats-Unis n’a pas échappé à une carricature sexiste KAMALA HARRIS : « LA PREMIÈRE MAIS PAS LA DERNIÈRE ». ET PAS «PREMIÈRE DAUPHINE!»

Côté carrière pour les femmes, ce n’est pas la joie. Dès le début de l’année, une enquête du Cereq notait que, bien qu’elles soient plus diplômées que les hommes, les femmes accèdent moins qu’eux aux postes de managers : DÉBUT DE CARRIÈRE TOUJOURS PLUS LENT POUR LES FEMMES. Les écarts de carrière sont bien sûr toujours accompagnés d’écarts de rémunération et les femmes devraient en moyenne travailler 59 jours de plus que les hommes pour obtenir le même salaire qu’eux en une année EQUAL PAY DAY : LE 25 MARS ENCORE !

Alors qu’on applaudissait les soignant.es et autres soldates du care, nous avons proposé cette réflexion : LE JOUR D’APRÈS : LA VALEUR SOCIALE DES MÉTIERS. Dans ce contexte : MARTIN WINCKLER APPELLE LES SOIGNANTES À FAIRE LA RÉVOLUTION Mais elles ont appris à être dévouées avant de revendiquer quoi que ce soit AIDES À DOMICILE, LES SOLDATES DU CARE OUBLIÉES. 

Rôle modèle ? La seule femme DG d’une entreprise du CAC40 a été évincée. Elle n’avait pas la même pratique du pouvoir que les boys clubs qui dirigent les empires LA CROISADE ÉCOLO D’ISABELLE KOCHER POUR RESTER À LA TÊTE D’ENGIE Même si elle a été remplacée par une femme, celle qui a été choisie, CATHERINE MACGREGOR , est sous haute surveillance du boys club

Droit à l’avortement Si les délais d’IVG ont été allongés en France, les attaques contre le droit à l’avortement se poursuivent dans le monde. POLOGNE : « EN GUERRE » CONTRE L’INTERDICTION DE L’IVG

Sur la question des violences contre les femmes, des mesures ont été prises dès le début du confinement. Dans tous les milieux, les agressions sexuelles ont continué d’être dénoncées comme ici dans le sport. Mais la conscience de la gravité de ces agressions n’est pas encore arrivée dans tous les cerveaux :AGRESSIONS SEXUELLES DES ÉTUDIANTES : IMPUNITÉ ET MANQUE D’ÉDUCATION EN CAUSE .  Et en cours d’année, un organisme de mesure des violences devait disparaître : DISPARITION DU PRINCIPAL ORGANISME MESURANT LES VIOLENCES SEXISTES ET SEXUELLES. Le problème de la déqualification de la parole des victimes demeure :QUALIFICATION DE « VIOL » REJETÉE POUR JULIE, MOBILISATION POUR CHANGER LA LOI.  Et la fin de l’année a été marquée par le passage du 3919 en marché public, ce qui fait craindre une baisse de la qualité de l’accompagnement des victimes 3919 : POURQUOI LES ASSOCIATIONS ALERTENT.

2020 n’a pas été une année de fête pour les sportifs… Alors pour les sportives, ce fut pire. En début d’année nous observions perplexes, une photo du GIE « France Sport Expertise » : L’ÉCONOMIE DU SPORT ENTRE HOMMES. et, quand l’équipe de Lyon a remporté pour la cinquième fois consécutive la Ligue des Championnes, les médias nationaux s’y sont à peine interessé : CHAMPIONNES D’EUROPE, MÉDIATISATION MINIMUM

Elles ont tiré leur révérence

HOMMAGES À GISÈLE HALIMI, BREVETS DE FÉMINISME ET THÉORIE DU COMPLOT

ANNE SYLVESTRE, CHANTEUSE ENGAGÉE

CLAIRE BRETÉCHER : DES HOMMAGES ET QUELQUES BOURDES

2020 fut une année difficile à bien des égards. Le plus décevant étant l’occasion manquée d’une transformation sociétale. Le « soin aux autres », le « care », apparu central avec la crise sanitaire, ce travail si indispensable pour faire tenir une société debout, n’a pas été mis au centre du jeu économique. Il reste entre les mains des femmes, sous-payé ou non payé, invisible, dévalorisé. Tandis que le travail de production de biens (parfois inutiles et destructeurs de ressources naturelles) est valorisé pour retrouver -vite, vite- de la croissance.  L’espoir que « le jour d’après » selon l’expression du président de la Répulique ne soit pas comme le jour d’avant s’est vite envolé… Coline Serreau nous avait confié un message écolo et féministe POUR REMETTRE LES IDÉES À L’ENDROIT A (re)lire avant d’aborder 2021 ? 

Et nous vous souhaitons de très belles fêtes de fin d’année.

 

 

 

 

 

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