Accueil CultureCinéma 24 heures dans la vie d’une femme

24 heures dans la vie d’une femme

par Isabelle Germain

Dans « La vie domestique », une mère de famille d’une banlieue endormie réalise à quel point elle est enchaînée.


 

Depuis ses débuts et son premier court métrage, Isabelle Czajka trace de subtils portraits féminins. L’adolescente en deuil de père de « L’année prochaine » devient une jeune fille de 25 ans qui plaque tout pour un beau gosse dans « D’amour et d’eau fraiche ». Toutes deux étaient interprétées par Anaïs Demoustier, au talent discret puis éclatant.

Dans « La vie domestique », Emmanuelle Devos incarne Juliette, une mère de famille qui a suivi son mari dans une banlieue résidentielle et refuse de se faire happer par sa vie de femme au foyer. Débutant comme un « Desperate housewives » à la française, « La vie domestique » réunit autour d’Emmanuelle Devos Julie Ferrier, épouse qui a grimpé socialement mais ne l’assume pas encore vraiment, Helena Noguerra, mère encore à moitié adolescente et Natacha Régnier enceinte d’un troisième enfant qui semble avoir déjà renoncé à sa propre vie.
Sauvé de la caricature par le talent des actrices et de la mise en scène, le film s’attarde sur les tâches quotidiennes, la logistique maternelle et conjugale et la manière dont elles grignotent petit à petit ces femmes. Se déroulant sur 24 heures, le récit se focalise petit à petit sur Juliette et réussit à créer un véritable suspens insidieux dans une vie banale de banlieue entre l’attente d’un rendez-vous qui pourrait déboucher sur un travail, et un fait divers résolu le soir dont Juliette semble seule à comprendre le véritable tragique.

Finement, sans juger, la réalisatrice révèle « le rôle donné à chacun, homme et femme, dans l’organisation de la société » et « comment les femmes deviennent leur propre bourreau », selon ses termes. Salutaire.

Valérie Ganne

« La vie domestique » d’Isabelle Czajka, avec Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Natacha Régnier, Helena Noguerra et

24 heures dans la vie d’une femme

 

Dans « La vie domestique », une mère de famille d’une banlieue endormie réalise à quel point elle est enchaînée.

 

Depuis ses débuts et son premier court métrage, Isabelle Czajka trace de subtils portraits féminins. L’adolescente en deuil de père de « L’année prochaine » devient une jeune fille de 25 ans qui plaque tout pour un beau gosse dans « D’amour et d’eau fraiche ». Toutes deux étaient interprétées par Anaïs Demoustier, au talent discret puis éclatant. Dans « La vie domestique », Emmanuelle Devos incarne Juliette, une mère de famille qui a suivi son mari dans une banlieue résidentielle et refuse de se faire happer par sa vie de femme au foyer. Débutant comme un « Desperate housewives » à la française, « La vie domestique » réunit autour d’Emmanuelle Devos Julie Ferrier, épouse qui a grimpé socialement mais ne l’assume pas encore vraiment, Helena Noguerra, mère encore à moitié adolescente et Natacha Régnier enceinte d’un troisième enfant qui semble avoir déjà renoncé à sa propre vie.

Sauvé de la caricature par le talent des actrices et de la mise en scène, le film s’attarde sur les tâches quotidiennes, la logistique maternelle et conjugale et la manière dont elles grignotent petit à petit ces femmes. Se déroulant sur 24 heures, le récit se focalise petit à petit sur Juliette et réussit à créer un véritable suspens insidieux dans une vie banale de banlieue entre l’attente d’un rendez-vous qui pourrait déboucher sur un travail, et un fait divers résolu le soir dont Juliette semble seule à comprendre le véritable tragique. Finement, sans juger, la réalisatrice révèle « le rôle donné à chacun, homme et femme, dans l’organisation de la société » et « comment les femmes deviennent leur propre bourreau », selon ses propres termes. Salutaire.

Valérie Ganne

 

« La vie domestique » d’Isabelle Czajka, avec Emmanuelle Devos, Julie Ferrier, Natacha Régnier, Helena Noguerra et

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

Laisser un commentaire