Lors de la 51e cérémonie des César, L’attachement réalisé par Carine Tardieu a reçu le César du meilleur film. Après Justine Triet en 2024, elle est la sixième femme à s’imposer dans cette catégorie. Et, pour la première fois depuis la création de ce Prix en 1975, autant d’hommes que de femmes ont reçu un César.
Présidée par Camille Cottin et animée par Benjamin Lavernhe en qualité de maître de cérémonie, cette 51e édition des César a été marquée de plusieurs temps forts : hommages, prises de paroles… mais c’est surtout son caractère historique en termes de parité que nous retiendrons.
Les réalisatrices récompensées
L’attachement a conquis le public et l’Académie
Adapté du roman L’Intimité d’Alice Ferney, paru en 2020, et vu par près de 780.000 spectateurs et spectatrices en salle, L’attachement faisait l’objet de 8 nominations aux César. Si le César de la meilleure réalisation a été attribué à Richard Linklater pour Nouvelle vague (4 César), le film de Carine Tardieu repart toutefois avec trois belles récompenses : César du meilleur film, César de la meilleure adaptation pour Carine Tardieu, Raphaële Moussafir et Agnès Feuvre et César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Vimala Pons.
En recevant le César du meilleur film aux côtés de ses producteurs Fabrice Goldstein et Antoine Rein, la réalisatrice s’est dit « heureuse du partage » de récompenses lors de cette soirée : « tout le monde en a eu un peu ».
Meilleur premier film
Elles étaient deux sur cinq à être nommées dans la catégorie du meilleur premier film et c’est Pauline Loquès qui a remporté le César de cette catégorie pour son film Nino. « Un film fabriqué par une majorité de femmes en cheffes de poste. Pas choisies pour leur genre mais pour leur talent, leur force de travail » comme a tenu à le rappeler la réalisatrice lors de son discours.
Partir un jour d’Amélie Bonnin était nommé dans 4 catégories mais est reparti bredouille de cette soirée, tant la concurrence était rude. On se souviendra toutefois que son court métrage du même nom avait reçu le César du meilleur film de court métrage de fiction en 2023.
Les femmes s’illustrent encore dans la catégorie courts métrages
Côté courts métrages, Sandra Desmazières remporte le César du meilleur film de court métrage d’animation pour Fille de l’eau. Et Margaux Fournier repart avec celui du meilleur court métrage documentaire pour Au bain des dames. Le meilleur court métrage de fiction est quant à lui attribué au réalisateur Ambroise Rateau pour Mort d’un acteur.
Légère déception pour La petite dernière
Alors que Benjamin Lavernhe, excellent maître de cérémonie, ironisait au début de celle-ci en disant que la réalisatrice Hafsia Herzi n’était pas « la petite dernière » au moment de remporter des Prix, ce n’est toutefois pas lors de cette cérémonie qu’elle en aura reçu le plus.
Celle qui, la veille, avait remporté le Prix Alice Guy (lire : Hafsia Herzi remporte le prix Alice Guy 2026) et dont le film faisait l’objet de 7 nominations, n’aura finalement pas soulevé de César cette année.
La petite dernière repart de la soirée avec une seule statuette, celle du meilleur espoir féminin pour l’incroyable jeune actrice Nadia Melliti, qui a d’ailleurs émue l’ensemble de l’assemblée par son discours posé et notamment ses paroles d’hommage aux personnels hospitalier et éducatifs ainsi qu’aux agriculteurs. Elle a terminé celui-ci en dédicaçant son Prix à sa mère : « Je t’avais promis le Ballon d’Or, mais ce soir, je rentre avec le César d’Or ».
J’ai l’impression de vivre un rêve éveillé, alors ne me réveillez pas.
Nadia Melliti
Record de parité dans les récompenses
Ce que l’on retiendra aussi de cette 51e édition, c’est la parité observée dans les récompenses non-genrées et même une récompense accordée pour la première fois à une femme, celles des meilleurs effets visuels.
« Chasse gardée » des hommes, cette catégorie n’avait jusqu’à présent jamais récompensé une femme. Il aura fallu attendre 2026 pour que l’Académie des César décerne le trophée des meilleurs effets visuels à Lise Fischer pour son travail dans L’inconnu de la grande arche. Pour rappel, Lise Fischer était déjà nommée l’an dernier dans cette même catégorie pour le film La Montagne de Thomas Salvador.

Cette année, les catégories techniques ont ainsi ouvert davantage leurs portes aux femmes avec notamment le César du meilleur montage pour Catherine Schwartz (Nouvelle Vague), celui des meilleurs costumes pour Pascaline Chavanne (Nouvelle Vague), des meilleurs décors pour Catherine Cosme (L’Inconnu de la Grande Arche) et bien sûr, celui des meilleurs effets visuels pour Lise Fischer (L’Inconnu de la Grande Arche).
A noter que pour les meilleurs décors, Catherine Schwartz est seulement la 5e femme à recevoir cette récompense depuis 1975.

Si tout le monde retiendra que Franck Dubosc a reçu son premier César lors de cette 51e édition, n’oublions pas que ce César du meilleur scénario original se partage toutefois entre lui et Sarah Kaminsky pour leur travail commun sur le film Un ours dans le Jura.
Enfin, Léa Drucker remporte le César de meilleure actrice pour son rôle d’enquêtrice de l’IGPN dans Dossier 137 de Dominik Moll. Il s’agit de son deuxième César puisqu’elle avait été déjà récompensée dans la même catégorie en 2019 pour son rôle dans Jusqu’à la garde de Xavier Legrand.
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