Le fléau du cadmium est aujourd’hui connu. Ce qu’on sait moins, c’est que les femmes sont davantage exposées aux risques de contamination à ce métal lourd. Face à l’urgence sanitaire, les responsables politiques restent silencieux.

Il y en a partout : dans les pommes de terre, les pâtes, les céréales, le chocolat… Le cadmium contamine la population française à grande vitesse. Selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publié le 25 mars 2026, les Français.e.s sont surexposé.e.s à ce métal lourd, notamment à travers l’alimentation.
Scandale d’État
La dangerosité du cadmium est connue depuis plusieurs années. Concrètement, ce métal lourd est un toxique cumulatif, qui à partir d’une certaine dose cumulée dans l’organisme, a de graves effets sur la santé. Dès les années 90, le Centre international de recherche sur le cancer le qualifie de « cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». En 2021, l’étude Esteban menée par Santé publique France soulignait également les effets d’une surexposition au cadmium. L’étude de l’Anses confirme ces premières estimations.
Malgré sa toxicité prouvée, le cadmium reste largement présent dans les engrais phosphatés, très utilisés par l’agriculture. Si l’Anses préconise un taux maximal de 20 microgramme de cadmium par kilogramme dans les engrais français, le niveau européen autorise la présence de 60mg/kg.
En juin 2025, les Unions régionales de professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-Médecins libéraux) ont adressé une lettre au gouvernement afin que les moyens nécessaires soient investis pour combattre « un véritable fléau de santé publique ». Mais l’inaction politique persiste.
Les femmes sont les plus exposées
Pire : les femmes seraient davantage contaminées par le cadmium que les hommes. En moyenne, les femmes présentent 0,68 microgramme de cadmium par gramme de Cd de créatinine dans les urines, contre 0,47 chez les hommes, précise l’étude Esteban. Pourquoi ? Le taux de fer dans le corps baisse drastiquement dans le corps des femmes à plusieurs moments de leur vie, pendant leurs menstruations ou la grossesse. Or, lorsque la quantité de fer est trop faible dans l’organisme, le cadmium prend sa place. La députée Clémentine Autain multiplie les prises de parole et dénonce un scandale d’État.
Les conséquences sur la santé sont terribles. L’accumulation de cadmium dans le corps augmente le risque d’ostéoporose, cette maladie qui cause un affaiblissement du squelette, parce que le métal lourd attaque directement le métabolisme du calcium et de la vitamine D. La structure osseuse se fragilise, le risque de fractures augmente et détériore grandement la qualité de vie. En France, 2,5 et 3,5 millions de femmes souffrent d’ostéoporose, contre un million d’hommes. Près d’un quart des cas serait dû au cadmium selon l’Anses, qui avertit que «jusqu’à 34% d’entre elles pourraient être affectées d’ici à 2040 si les niveaux d’exposition ne diminuent pas ».
Mais ça ne s’arrête pas là. La présence élevée de cadmium favorise également les maladies gynécologiques comme l’endométriose puisque ce métal lourd agit comme perturbateur endocrinien. L’accumulation de ce métal lourd dans le corps peut également provoquer une ménopause précoce.
Décadmiumer les sols agricoles
Face à l’ampleur du fléau du cadmium, des solutions existent. D’abord, pour stopper le processus d’accumulation du métal lourd dans l’organisme, l’Anses recommande de limiter la consommation de certains produits à base de blé, sucrés et salés et de favoriser les légumineuses lors des repas. Mais si l’Anses préconise une alimentation issue de l’agriculture biologique, les classes populaires restent davantage exposées au cadmium.
Au niveau politique, une demande de commission d’enquête a été déposée en 2025 par la députée Clémentine Autain (L’Après). Mais la présidente de l’Assemblée Nationale, Yaël Braun-Pivet, n’a pas donné suite. Clémentine Autain et le député Benoît Biteau (EELV) ont ensuite défendu une proposition de loi visant à encadrer légalement la présence de cadmium dans les engrais utilisés dans l’agriculture. 98% de la contamination au cadmium provenant de l’alimentation. Dans son étude, l’Anses insiste sur de « nouvelles pratiques agricoles » et la possibilité de décadmiumer les sols agricoles français. Toutefois, la proposition de loi a été rejetée par le gouvernement ainsi que le Rassemblement National.
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