Alors que la finale de la Ligue des champions aura lieu ce samedi 30 mai, des vidéos d’internautes menaçant les femmes qui voudraient se joindre aux festivités circulent sur les réseaux sociaux. Lors de la dernière édition, les violences masculines avaient eu des conséquences tragiques en France.

« Les meufs qui veulent aller sur les Champs ou aller voir le match du PSG, vous pouvez oublier tout simplement. Ne venez pas ou vous allez vite vite vite le regretter ». Des vidéos dans ce genre, la créatrice de contenu Journalope en voit défiler des dizaines sur les réseaux sociaux à mesure que la finale de la Ligues des champions approche. Un déjà vu puisque l’année dernière les violences masculines avaient pris le pas sur la célébration sportive.
Un an après : pas d’évolution
Le 31 mai 2025, une série de drames est survenue à la suite de la victoire de l’équipe masculine de football du Paris Saint Germain (PSG) en Ligue des champions. À Paris, des milliers de personnes s’étaient notamment rendues sur les Champs-Elysées pour célébrer la victoire.
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Rapidement, l’euphorie est remplacée par un déferlement de violence. À Paris, un jeune homme de 23 ans est mort après avoir été percuté par une voiture de supporters alors qu’il roulait sur un scooter. À Dax, un mineur de 17 ans est mort après avoir reçu des coups de couteau. À Grenoble, quatre personnes d’une même famille ont été blessées dont deux grièvement après qu’une voiture a heurté la foule. 22 membres des forces de l’ordre, sept sapeurs-pompiers et 192 manifestants ont été blessés. 692 incendies ont été comptés selon un bilan provisoire.
De nombreuses femmes ont également témoigné avoir été la cible d’insultes sexistes, des gestes d’intimidations et d’agressions sexuelles lors de cette soirée. Mais leurs témoignages sont passés sous les radars des autorités.
Un an plus tard, rien n’a changé. Le foot reste la chasse gardée de supporters masculinistes qui s’accaparent l’espace public et en excluent les femmes : « Si tu es une fille, tu ne sors pas. Mais si tu es sur les Champs, on sait pourquoi tu es là », résume la créatrice Journalope, avant de s’insurger : « Ce n’est pas aux meufs de s’adapter à la violence des hommes ».
Banalisation des violences masculines
« Depuis quand célébrer une victoire dans l’espace public est réservé aux hommes ? », interpelle la créatrice. Loin d’être encouragée, la présence des femmes est à peine tolérée… et encore. Pendant 40 ans en Iran, la loi de la République islamique a interdit aux femmes l’accès aux stades. En 2023, la Fédération iranienne de football a annoncé qu’elles seraient désormais autorisées à assister aux matches de championnat de football masculin. Mais seulement une poignée de stades respectent cette autorisation.
Même en France, où aucune juridiction ne l’interdit, il est difficile de casser ce schéma culturel. Loin du brassage social voulu par le sport, les femmes continuent d’être exclues des célébrations sportives.
Parmi les supporters de foot, certains imposent une performance de l’hyper virilité. La violence associée au foot masculin est alors banalisée. Mais ses dérives prennent de l’ampleur. Il y a moins d’une semaine, le 21 mai dernier, à la veille de la finale de la Coupe de France entre le RC Lens et l’OGC Nice, des supporters parisiens et niçois se sont donnés rendez-vous près du Canal Saint-Martin à Paris pour s’affronter. Résultat : des vitres cassées, du mobilier détruit et, selon plusieurs témoins présents, des insultes racistes ont fusé. Un autre constat : que des hommes parmi les Ultras.
Alors que la finale de la Ligue des champions se joue ce samedi 30 mai, et opposera le PSG à l’équipe anglaise d’Arsenal, on peut se demander si un nouvel épisode de violence masculine se produira. En sera-t-il de même lors de la Coupe du monde, dont le coup d’envoi est prévu le 11 juin prochain aux Etats-Unis, Canada et Mexique ?
Pour le moment, le ministre de l’Intérieur a annoncé « Un gros service d’ordre qui va mobiliser 22 000 personnes sur l’ensemble du territoire national, 8 000 pour l’agglomération parisienne » pour le match de la ligue des champions. Mais rien de particulier contre les violences misogynes.
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