En l’espace de quelques semaines, plusieurs films de réalisatrices sortent en salle mettant les femmes à l’honneur en abordant des sujets parfois tus ou peu montrés sur grand écran. Tour d’horizon de ces films qui promettent de belles émotions !
LA VIE D’UNE FEMME de Charline Bourgeois-Tacquet
Sorti en salles le 9 septembre 2026, le deuxième long-métrage de Charline Bourgeois-Tacquet met en scène Léa Drucker dans le rôle d’une chirurgienne de 55 ans. Gabrielle a une vie bien remplie et mène de front sa carrière professionnelle, sa vie amoureuse et son rôle de fille-aidante auprès de sa mère en perte d’autonomie. Jusqu’au jour où sa rencontre avec Frida, une écrivaine en immersion dans son service pour les besoins d’un livre, vient faire vaciller cet équilibre.


La réalisatrice expliquait avoir à coeur de filmer une femme “épanouie, active, en mouvement, capable d’aller vers son plaisir comme d’affronter l’adversité”. Léa Drucker endosse ainsi à merveille ce rôle de femme libre et délivre un magnifique portrait d’une cinquantenaire épanouie comme on rêverait d’en voir plus souvent au cinéma.
Mélanie Thierry est quant à elle totalement magnétique dans le rôle de Frida et offre une calme parenthèse bienvenue dans le quotidien effréné de Gabrielle qui apprendra peu à peu à lâcher-prise à son contact. Car oui, Gabrielle ne s’arrête jamais, elle se démultiplie en permanence. Elle jongle à l’hôpital entre son travail de chirurgienne, sa responsabilité de cheffe de service tout en faisant face aux difficultés budgétaires que rencontre l’hôpital public. Côté vie privée, elle tente de concilier sa vie amoureuse auprès de son mari et des (grands) enfants de celui-ci. Elle s’occupe aussi de sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer, sans oublier le soutien qu’elle représente pour sa soeur et son neveu. En somme, un portrait d’une femme comme on en rencontre beaucoup au quotidien. Celles dont la charge mentale est au plus haut niveau et qui ne s’arrêtent jamais. Et si justement, elles s’accordaient une pause ?
Charline Bourgeois-Tacquet propose un film lumineux qu’elle a choisi de découper en chapitres. Chaque chapitre du film dévoile une facette différente de Gabrielle selon la personne avec laquelle elle se trouve et le contexte. Une représentation féminine qui fait plaisir à voir.
La vie d’une femme de Charline Bourgeois-Tacquet, Pyramide (1h38), sortie en salles le 9 septembre.
SI TU PENSES BIEN de Géraldine Nakache
Si le nom de Géraldine Nakache est souvent associé à la comédie, c’est bien un drame poignant que livre ici la cinéaste. Plutôt habituée à nous faire rire, la réalisatrice s’intéresse à la thématique de l’emprise et des violences psychologiques. Géraldine Nakache réunit à l’écran Monia Chokri et Niels Schneider qui incarnent un couple. Peu à peu le mari (Jacques) exerce une emprise insidieuse sur sa femme (Gil), le tout dans un contexte religieux derrière lequel se cache Jacques pour enfermer Gil.


La cinéaste explique avoir “souhaité mettre en lumière la violence sourde, cachée et tue au sein d’un couple, qui se manifeste dans la sphère intime, au quotidien”. Niels Schneider incarne ainsi à la perfection un mari aux multiples facettes qui plonge sa femme (Monia Chokri) et nous, spectateur·rices, dans la confusion la plus totale, dévoilant ainsi le mécanisme de l’emprise que Géraldine Nakache décrit comme une “toile d’araignée”.
Mon objectif principal était de filmer le doute de mon personnage jusqu’à le transmettre même au spectateur. Aller chercher sous la surface de l’eau et détricoter comme dans un thriller les mécanismes d’un piège qui se referme sur mon héroïne (Géraldine Nakache)
Si tu penses bien de Géraldine Nakache, Pan (1h34), sortie en salles le 16 septembre.
GARANCE de Jeanne Herry
Elle s’est fait un nom dans le cinéma français et on attend désormais toujours avec impatience les nouveaux films de Jeanne Herry. Un peu plus de 3 ans après son excellent Je verrai toujours vos visages qui abordait la justice restaurative, la cinéaste revient avec son 4e long métrage. Celle qui aime aborder des sujets sociétaux toujours très forts s’intéresse cette fois à celui de l’alcoolisme féminin.


Garance (Adèle Exarchopoulos) est une jeune actrice mais ce n’est pas une vedette. Elle gère et assure tout de son mieux, vaillante, joyeuse, soldate, et elle trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. La caméra suit Garance pendant huit ans. Huit années de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Sa rencontre amoureuse avec Pauline (Sara Giraudeau) est aussi au coeur de l’histoire même si la réalisatrice le précise : « cette histoire d’amour ne sauve pas Garance de l’alcool. Elle rencontre Pauline, en tombe éperdument amoureuse et pourtant, elle continue à boire, parce que les phénomènes d’addiction sont sur-puissants ».
Un film qui malgré la thématique de l’addiction se veut doux et joyeux grâce à l’interprétation des deux actrices et le regard bienveillant que pose Jeanne Herry sur ses personnages. A découvrir le 23 septembre prochain au cinéma.
Garance de Jeanne Herry, Cinéart (2h) sortie en salles le 23 septembre.
MÉMOIRE DE FILLE de Judith Godrèche
Après son court-métrage Moi aussi réalisé en 2024, Judith Godrèche revient au long métrage avec l’adaptation du roman autobiographique d’Annie Ernaux : Mémoire de fille. Dans celui-ci, Annie Ernaux est sollicitée à Rouen, ville de son enfance, pour la signature de son dernier livre. Alors qu’elle s’y rend, elle est prise d’un vertige et replonge dans le souvenir de l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur le reste de son existence…


Ce qui a plu à Judith Godrèche dans ce récit, c’est son universalité. « Car ce qu’Annie raconte, c’est le lot de nous toutes : une femme sur deux a déjà subi une violence sexuelle en France ». La cinéaste raconte avoir contacté l’écrivaine qui lui a tout de suite proposé de la rencontrer. Les deux femmes ont beaucoup échangé et travaillé ensemble mais si le film est inspiré du livre, il n’en reste pas moins fictionnel. Judith Godrèche explique que « 60% du scénario n’est pas dans le livre » et qu’elle s’est sentie totalement libre d’inventer des personnages et des séquences des dialogues : « Quand Annie a vu mon film, elle m’a dit que j’avais raconté son histoire tout en disant ce que je voulais dire. Et que le film était « pour toutes les femmes ». » Et pour incarner Annie Ernaux, c’est l’actrice (et fille de Judith Godrèche) Tess Barthélémy, également présente dans le court métrage Moi aussi, qui relève brillamment le défi.
Un film poignant à découvrir dans les salles obscures le 30 septembre prochain.
Mémoire de fille de Judith Godrèche, Jour2Fête (1h57), sortie en salles le 30 septembre.
