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A l’Assemblée, parité à moitié

par Arnaud Bihel

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Plus d’un quart de femmes élues à l’Assemblée nationale. C’est encore loin de la stricte parité, mais un progrès de 8 points par rapport à 2007. En jeu désormais, la place des femmes aux postes à responsabilité de l’Assemblée.


On peut voir le verre à moitié vide ou à moitié plein. Avec plus d’un quart de députées, la représentation des femmes à l’Assemblée nationale est en tout cas conforme, quoique légèrement inférieure, aux prévisions réalisées à l’issue du premier tour. Elles seront 155 femmes à siéger dans la nouvelle Assemblée, aux côtés de 422 hommes. Le taux de députées atteint donc 26,86%, soit une hausse de 8 points par rapport à la précédente législature. Mais le décalage reste flagrant avec le pourcentage de candidates : elles étaient 40% de femmes à briguer un siège au Palais Bourbon.

Les députées socialistes seront 106 sur 280 élus , soit 37,9%. C’est une hausse de 12 points par rapport à 2007, et mieux que les prévisions du PS, qui avait présenté 45% de candidates et tablait sur un tiers d’élues.

L’UMP, qui ne présentait que 26% de candidates, confirme son rang de cancre de la parité. Avec 27 femmes sur 194 députés, l’ancien parti majoritaire ne compte que 13,9% de femmes. Un pourcentage plus faible encore qu’en 2007. Le patron de l’UMP, Jean-François Copé, anticipait ce piètre résultat en expliquant qu’il était « extrêmement difficile » de sacrifier les nombreux députés sortants, hommes, de son parti. Il n’aura plus d’excuse désormais.

EELV confirme en revanche son rang de parti modèle en matière de parité. Il avait investi autant de femmes que d’hommes, et compte au final 9 femmes sur 17 élus, soit plus de 50%. A l’opposé, les partis du centre obtiennent un zéro pointé : aucune élue parmi les 25 députés du Nouveau centre, du Parti radical valoisien et du Modem.

La France passe ainsi de la 20ème à la 9ème place européenne en terme de représentation des femmes dans la chambre basse du Parlement. Et de la 69ème à la 34ème place mondiale… derrière l’Afghanistan.

Une femme au perchoir ?

C’est désormais la place que se feront les femmes aux postes à responsabilité de l’Assemblée nationale qui sera observée avec attention. Et d’abord la place symbolique du « perchoir », la présidence de l’Assemblée, qui se jouera le 26 juin. Ségolène Royal avait fait part de son ambition. Battue, elle est désormais hors-jeu. Dès l’issue de ces législatives, Claude Bartolone a annoncé sa candidature. Homme d’appareil au sein du PS, il apparaît comme le favori. Mais, comme le souligne Le Monde, « les principaux responsables du PS et de l’exécutif (…) restent attachés à l’idée de promouvoir, pour la première fois, une femme à la présidence de l’Assemblée nationale ».

Quelques noms de possibles candidates circulent : l’ancienne garde des Sceaux Elisabeth Guigou, qui a fait acte de candidature lundi matin ; la députée du Calvados et vice-présidente de l’Assemblée sortante, Laurence Dumont ;  ou encore Marylise Lebranchu. Facilement réélue ce dimanche, cette dernière devrait alors céder son ministère de la Réforme de l’État, de la Décentralisation et de la Fonction publique. Son cas sera tranché jeudi lors du remaniement ministériel. Elle assure pour le moment qu’elle « préfère rester au gouvernement. »

Marylise Lebranchu était l’une des très rares femmes à occuper un poste à responsabilité dans la précédente Assemblée : celui de questeur. Et à l’issue des législatives de 2007, aucune députée n’avait été élue présidente de groupe ou de commission – hormis Marie-Jo Zimmermann (UMP), élue à la tête de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les femmes et les hommes (composée à de plus de 80% par des femmes).

 

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5 commentaires

las vegas 18 juin 2012 - 13:38

Pour empêcher Ségolène Royal de devenir éventuellement Présidente de l’Assemblée Nationale il y a eu pas mal d’intervenants : une partie des électeurs de gauche des Charentes , les « personnalités » de droite de la région suivis par un nombre certain de leurs partisans ,
un homme bien décidé à ne pas se laisser évincer , et une femme….. dont on ne sait comment qualifier les motivations , mais qui y a mis le paquet!!!!!
Que nous réservent les combats pour la désignation des responsables à l’Assemblée ? de gauche et de droite….

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Lili 18 juin 2012 - 22:55

Dites « Las Vegas », SR était parachutée et les parachutés ont toujours du mal à passer, et ça a été encore plus le cas cette fois-ci. Arrêtez de prendre les électeurs pour des c… ils ont choisi leur député, ils ont voté contre « Paris » et l’appareil. Réflexe très courant en province.

SR a la réputation d’être une présidente de région aux méthodes dictatoriales. Les futurs élus n’avaient peut-être pas envie de l’avoir pour « chef » au quotidien à l’hémicycle. Finalement ce poste très haut placé dans l’appareil d’Etat est aussi un poste très « cuisine interne parlementaire ». SR est une femme charismatique et qui aime occuper le terrain, la présidence de l’Ass Nat, rôle d’arbitrage de débats plus que de projet politique, n’est peut-être pas ce qui lui conviendrait le mieux.

En revanche je trouve bizarre que le PS, n’ait que Guigou ou Lebranchu à proposer (« que » non en qualité mais en nombre). Deux femmes de qualité, mais deux seulement, et dont l’une est déjà au gouvernement et l’autre… disons qu’en termes de renouvellement du personnel politique, on se pose là… Il y a si peu de femmes pour qu’on se sente obligé de demander à l’une d’elles d’arbitrer entre ministère et Ass Nat? Ca sent un peu la mauvaise volonté tout de même…

Ou alors (je ne connais pas les arcanes de cette institution), ce poste est un genre de reconnaissance des services rendus… on le donne à un proche qui est là depuis longtemps?

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Lili 18 juin 2012 - 22:57

Je me pose une vraie question : le non-cumul des mandats est présenté comme un moyen de renouveler, diversifier le personnel politique. Certes. Mais on voit aujourd’hui que SR a payé son départ de sa circonscription pour cause de non-cumul. Et elle n’est pas la seule. Je me souviens de Catherine Trautman, qui a bataillé (avec une autre femme, sa supplémante) pour « récupérer » son poste de maire de Strasbourg.

Clairement, il y a là de quoi échauder les élus appelés à voter une loi anti-cumul. On n’en a pas fini avec les calculs « sécurité de l’emploi » (« est-ce que j’accepte ce ministère qui va me faire lâcher mon siège sans certitude de retour? » « finalement, pouvoir cumuler 1 poste local et un national, ça permet d’assurer ses arrières… « ) Ca peut paraître nul au vu des émoluments de ces gens-là mais enfin ils aiment la politique et se retrouver sans cela n’est pas seulement une question d’argent, tout comme notre investissement dans notre job n’est pas seulement une question de salaire.

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Hubert 19 juin 2012 - 10:40

« Lili »
Clairement, il y a là de quoi échauder les élus appelés à voter une loi anti-cumul.

mais z’enfin comment font les autres pays ? nous sommes les champions du cumul, si je ne m’abuse aucune pays – au moins occidental – ne nous pas.
Tout changement implique qu’il y en ai qui perde des privilèges, c’est d’ailleurs pour ça qu’ils ne veulent pas changer : car ils sont blanc /55 ans / cadres (ou prof) et quand même assez bien payés (demandez à Valls, hein !)

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Ici aussi... 24 juin 2012 - 20:30

Si j’ai bien compté (sur cette page http://www.lesnouvellesnews.fr/qui-sommes-nous ) , on remarquera tout de même que chez lesnouvellesnews aussi il n’y a parité qu’à moitié (enfin, un peu plus, c’est vrai) : 9 femmes pour 5 hommes

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