Accueil MédiasBruits et chuchotements A Lyon, la politique dégenrée dérange

A Lyon, la politique dégenrée dérange

par La rédaction

En parlant de politique « inclusive » et « non genrée » pour organiser les voies cyclistes lyonnaises, le vice-président de la métropole a reçu une volée de mépris.

Quand Fabien Bagnon, vice-président de la métropole de Lyon chargé des voiries et mobilités, a publié sur Twitter le 4 juin un message vantant les nouvelles Voies cyclistes lyonnaises, il a été interpelé par « femmes en mouvement » regrettant qu’il n’y ait aucune femme dans la communication du responsable politique. Celui-ci montrait un homme à vélo et invitait d’autres hommes à utiliser les nouvelles pistes.

L’élu s’est alors excusé « de ne pas avoir été attentif à la parité », et a rappelé : « c’est d’ailleurs la communauté de femmes à vélo @beyondmybike qui participe aux réunions techniques avec les équipes des Voies Lyonnaises pour concevoir des pistes non genrées et donc inclusives. »

« Non genrées » et « inclusives »… il n’en fallait pas moins pour déclencher des réactions épidermiques sur la Toile et dans les médias de la part de celles et ceux qui ignorent que l’aménagement urbain peut rendre la vie facile à certaines catégories de population, et plus difficile à d’autres. Et ceci, bien au-delà de l’agglomération lyonnaise. Les attaques ont fusé de partout. Attaques gratuites de la médiatique Emmanuelle Ducros (l’Opinion) qui se veut ironique : « il semble primordial de faire en sorte que LA bicyclette soit aussi bienvenue que LE vélo ou iel biclou » écrit-elle. Tandis que le Figaro se demande si les propos de Fabien Bagnon sont « une provocation de plus de la part des Verts ? » L’opposition locale a réagi après coup, via un communiqué du Rassemblement de la droite, du centre et de la société civile de Lyon fustigeant « l’idéologie en roue libre » de l’exécutif EELV. 

Explication de texte

Alors l’élu a patiemment expliqué sur Twitter son propos, appuyé par les sciences sociales. « Notre environnement peut favoriser/défavoriser son appropriation par un genre », écrit-il. « C’est par exemple le cas des aménagements sportifs. Si l’on veut une égalité réelle de toutes et tous, on doit chercher à faire en sorte que chacun puisse bénéficier des aménagements publics. ».

Une politique urbaine inclusive, « c’est la possibilité d’avoir des pistes cyclables suffisamment larges et sécurisées pour permettre à des personnes en fauteuil roulant de se déplacer avec leurs vélos adaptés. Ou à des familles de se sentir libres de circuler avec leurs enfants » déroule-t-il. Un « aménagement non genré » consiste à « identifier ce qui peut freiner son utilisation par un genre ». « Est-ce un problème d’éclairage nocturne ? Est-ce que la piste est monopolisée pour des usages sportifs principalement masculins ? » Autant de questions qui ont longtemps été des non-sujets en politique et irritent les dérangés du genre.

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Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que la ville de Lyon est critiquée pour avoir mis ce sujet sur la table.

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