Accueil Médias Affaire Haziza : rappel à la loi ne signifie pas innocence

Affaire Haziza : rappel à la loi ne signifie pas innocence

par La rédaction

Frédéric Haziza sur RTL en décembre dernier

Accusé d’agression sexuelle, le présentateur de La chaîne parlementaire a écopé d’un rappel à la loi et se flatte d’être innocenté…. Pas si vite, alerte la Fondation des femmes.

En novembre dernier, portée par la vague #MeToo et #BalanceTonPorc, Astrid de Villaines, journaliste à LCP (La chaîne parlementaire) décidait de porter plainte contre Frédéric Haziza, le présentateur vedette de la chaîne pour des faits de harcèlement sexuel remontant à 2014. Elle avait déjà, cette année-là dénoncé les faits  auprès de sa direction qui avait signifié un avertissement au présentateur. En février dernier, comme c’est souvent le cas dans ce type de situation, c’est Astrid de Villaines qui a décidé de quitter la chaîne.

Voir #BalanceTonPorc et tire-toi

Et, mercredi 11 juillet, le présentateur a, cette fois-ci, écopé d’un rappel à la loi a indiqué le parquet de Paris. Frédéric Haziza s’est empressé de publier un texte clamant son innocence sur le site La règle du jeu. Un problème de règle du jeu justement : les victimes parlent d’agression quand les agresseurs parlent de blagues. « Il m’a juste été rappelé, le 11 juillet, qu’il valait mieux éviter désormais les blagues vaseuses. » écrit-il. Plus loin il parle de « plaisanterie lourdingue ». Il fait remonter « l’affaire » à un jour d’août 2017, lorsque des antisémites ont instrumentalisé la plainte de 2014 dont il nie le fondement. Et il se pose en victime d’une « instrumentalisation malsaine qui a favorisé le torrent de boue aux relents abjects qui s’est déversé sur moi. » Mais l’affaire de harcèlement sexuel est « définitivement close » à ses yeux.

L’accusatrice et son avocat voient dans ce simple rappel à la loi « une offense pour toutes les victimes d’abus sexuels ». Leur communiqué explique : « Cette mesure alternative aux poursuites se borne à constater une violation de la loi, sans rien dire de sa gravité » Et elle pourrait avoir des effets délétère selon eux. « Quelques mois seulement après la vague mondiale de Me too, cette décision ne pourra que décourager toutes les victimes qui hésitent encore, et on les comprend, à se rendre aux portes des commissariats. » Astrid de Villaines envisage de donner des suites à cette décision.

 

La Fondation des Femmes, de son côté, « tient à rappeler le droit et à protéger les victimes. » Dans un communiqué de presse, elle explique que « le rappel à la loi, s’il est une alternative aux poursuites pénales, ne signifie nullement un classement sans suite.» Et met en garde : « La Fondation des Femmes appelle commentateurs ou journalistes au plus grand respect et à la plus grande précision dans le traitement médiatique de ces affaires. Toute approximation ou manipulation des faits peut avoir des conséquences catastrophiques pour les victimes qui pourraient être découragées de porter plainte. La lutte contre les violences faites aux femmes doit être une priorité de tous et toutes et particulièrement dans le contexte de libération de la parole actuel. »

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