Accueil Médias Affaire PPDA : « procédure baillon » et nouvelles accusations

Affaire PPDA : « procédure baillon » et nouvelles accusations

par La rédaction
Capture d'écran BA "Complément d'enquête"

L’ex-présentateur de TF1 tente l’inversion de culpabilité : il porte plainte pour dénonciation calomnieuse contre les femmes qui l’accusent d’agression sexuelle. Une nouvelle plainte est déposée contre lui. France 2 diffuse une enquête accablante ce jeudi soir.

Mardi dernier, l’ex-présentateur de TF1 Patrick Poivre d’Arvor (PPDA), a porté plainte pour dénonciation calomnieuse contre les 16 femmes qui ont porté plainte contre lui pour violences sexuelles ou encore harcèlement sexuel. Ceci quelques jours avant la diffusion de nouvelles accusations contre lui.

Dans sa plainte, courant sur « quarante-trois pages au vitriol » selon FranceInfo, il dénonce #MeToo et affirme que « la libération de la parole des femmes connaît malheureusement son lot d’excès et de dérives », il dénonce « un retour du puritanisme et de la censure, habilement parés de la prétendue protection des femmes. » Et pousse très loin l’art de l’inversion de culpabilité. Selon lui, les 16 accusatrices sont des femmes « éconduites ou ignorées », nourrissant une « amertume qui les conduit à commettre, par vengeance tardive, le délit de dénonciation calomnieuse »… Un classique pour maintenir l’omerta dans un système médiatique qui protège encore les hommes puissants.

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Mais ce système de protection commence à prendre l’eau. Patrick Poivre d’Arvor avait déjà déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse en février. Et cette plainte avait été classée sans suite. Cette fois-ci, il a déposé plainte avec constitution de partie civile, une procédure qui provoque quasi systématiquement la saisie d’un juge d’instruction.

Autre bémol pour sa manoeuvre d’intimidation : en 2019, la justice avait pris un tournant historique. Lorsque l’ex-député, Denis Baupin, accusé d’agression sexuelle, avait intenté un procès en diffamation contre ses accusatrices dont les plaintes avaient été classées sans suite pour cause de prescription, la manipulation s’était retournée contre lui.

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L’association #MeTooMédias a dénoncé dans un communiqué « des procédures bâillon de la part de Patrick Poivre d’Arvor comme des tentatives d’intimidation visant à décourager les victimes qui ne se sont pas encore manifestées auprès des autorités d’entreprendre cette démarche douloureuse et difficile ».

Hélène Devynck, l’une des journalistes dénonçant les agissements de PPDA, a déploré une  « procédure bâillon » qui se fonde sur une « domination par l’argent » car, dit-elle à l’AFP « on n’a pas forcément toutes les moyens de se payer des avocats. »

Reportage accablant

La plainte de PPDA a été déposée avant la diffusion d’un nouveau reportage accablant. Ce jeudi soir, dans l’émission « Complément d’enquête » sur France 2, de nouvelles femmes témoignent contre le présentateur. Mathilde (son prénom a été modifié) dénonce un viol dans les locaux de TF1 à Boulogne-Billancourt en février 1995. Elle a 24 ans à l’époque, invitée dans le bureau de PPDA, il l’aurait « embrassée » puis « basculée sur la moquette ». « Il a enlevé mon pantalon, il a enlevé son pantalon et il m’a violée. Je n’avais plus aucun réflexe », décrit la plaignante. Et, quelques jours plus tard, « il m’a attrapée par les cheveux et a approché mon visage de son sexe. Là, je me suis débattue ».

Face à ces dénonciations, l’omerta fonctionne encore. Les journalistes qui ont réalisé le reportage de Complément d’enquête affirment qu’ils ont essuyé de très nombreux refus de témoignages de personnes ayant travaillé avec PPDA, la star du Journal TV pendant 21 ans, dont la réputation était pourtant connue. Mais l’ex-dirigeante d’une école de journalisme raconte qu’elle n’envoyait jamais de filles en stage à TF1 à l’époque de PPDA pour ne pas les mettre en danger…

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