Accueil Eco & SocialBien-être et richesses Aide au développement, bons et mauvais chiffres

Aide au développement, bons et mauvais chiffres

par Arnaud Bihel

Si l’aide publique au développement a atteint des records en 2010, l’avenir est plus préoccupant. En particulier pour l’Afrique. Et les ONG épinglent l’attitude française.


Tout commence par une bonne nouvelle : l’aide publique au développement (APD) est toujours en hausse. Le montant global fourni par les principaux donneurs a atteint 129 milliards de dollars en 2010. C’est le niveau le plus élevé jamais atteint, et une progression de 6.5 % par rapport à 2009, note l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui a dévoilé, ces chiffres, mercredi 6 avril.

Deuxième bonne nouvelle, en tout cas pour le gouvernement français, qui s’en félicite : à 9,75 milliards d’euros, le niveau de l’APD française a atteint en 2010 un niveau « historique, le plus haut jamais atteint en volume, et le plus élevé depuis 15 ans en proportion du revenu national brut » (RNB, qui équivaut peu ou prou au PIB). La France est le deuxième donneur en volume, et a presque atteint ses engagements internationaux : en 2010 son aide a atteint 0,5% du RNB au lieu des 0,51% promis en 2005 lors du sommet de Gleneagles.

Il manque 18 milliards de dollars par rapport aux objectifs fixés, souligne l’OCDE. L’Afrique, en particulier, n’a pas reçu les sommes annoncées. A Gleneagles, les donateurs du G8 avaient envisagé une hausse de leur APD à l’Afrique à 25 milliards de dollars. Or, le continent en a reçu 11 milliards. Moins de la moitié.

Des prêts pour les plus développés

Tout dépend aussi de la façon dont l’aide est affectée. Là aussi, les nouvelles ne sont pas forcément bonnes. Et le rôle de la France apparaît moins reluisant. « L’APD est de plus en plus octroyée sous forme de prêts plutôt que de dons », souligne Coordination Sud, coalition d’ONG de solidarité internationale. L’OCDE note en effet que la hausse de l’aide française est « essentiellement due à des prêts bilatéraux ». Or, poursuit Coordination Sud, « seuls les pays émergents sont solvables pour avoir accès aux prêts, les pays les plus pauvres, eux, ne pouvant faire reculer la pauvreté que grâce aux subventions. »

La France a défini 14 pays pauvres prioritaires d’Afrique subsaharienne auxquels affecter prioritairement son aide au développement. « Mais dans les faits, c’est tout le contraire », dénonce Coordination Sud : par exemple, seuls 12% des engagements de l’aide « eau et assainissement » iront à ces 14 pays prioritaires.

Mauvaise nouvelle aussi pour l’Afrique, « les tendances qui se profilent sont préoccupantes », avertit l’OCDE. Car « la plupart des donneurs envisagent d’accroître leur aide au cours des trois prochaines années, mais à un rythme nettement réduit ». Surtout pour le continent africain. L’aide globale devrait progresser de 2% par an, celle à l’Afrique de seulement 1 %… contre 13 % en moyenne au cours des trois années écoulées. A ce rythme, note l’OCDE, « toute aide supplémentaire versée aux pays africains augmentera moins vite que le chiffre de la population ».

(1) A noter que parmi eux, 5 (le Danemark, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède) ont déjà atteint 0,7%, l’objectif fixé pour 2015.

A VOUS DE JOUER

o Vous appréciez nos articles ?
o Vous voulez partager l’information pour que tout le monde ouvre les yeux sur l’inégalité des sexes ?
o Vous considérez que l’égalité dans les médias est la mère de toutes les batailles pour l’égalité ?
o Vous savez qu’un journal indépendant et de qualité doit employer des journalistes professionnels ?
Si vous avez répondu oui à une de ces quatre questions, faites un don pour financer l’information. Ce don est défiscalisé à 66 %. (Un don de 50 € vous coûte en réalité 17 €)

JE FAIS UN DON

2 commentaires

Néocolionalisme 6 avril 2011 - 22:09

Depuis l’après guerre l’aide n’a apporté en Afrique que la guerre, la ruine et le sous développement. Rien de pire que des bons sentiments qui s’avèrent destructeur et impérialistes à moyen terme comme si bien démontré dans le livre « l’aide fatale ».
« Si tu veux aider un homme apprend lui à pêcher plutôt que de lui donner un poisson »

Répondre
TOURBILLON 7 avril 2011 - 06:52

L’après guerre c’était il y a 66 ans …
Il y a longtemps qu’ils savent pécher et bien d’autres choses encore mais se prendre en mains ( pas pour se tirer sur l’élastique s’entend) travailler ,oublier leurs coutumes ancestrales, tribales qui les laissent dans leur crasse et donner des coups de machettes là ou il faut il y a moins de monde.
C’est plus facile d’accuser « le blanc » !
Aide toi et le ciel t’aidera me parait plus adapter !

Répondre

Laisser un commentaire