Au tour d’Al Franken : la déferlante Weinstein atteint le Capitole

par La rédaction

Al Franken en novembre 2016. Par Lorie Shaull (Own work) [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons

Le sénateur Al Franken, figure de la gauche américaine, est le deuxième élu national du parti démocrate à démissionner après avoir été accusé de harcèlement sexuel. Le parti républicain continue de fermer les yeux.


 

Alors que « celles qui ont brisé le silence » ont été désignées « personnalités de l’année » par le magazine Time, les révélations qui déferlent depuis l’affaire Weinstein n’en finissent pas de secouer les puissants aux États-Unis. Plusieurs stars des médias accusées de violences sexuelles ont déjà démissionné. Et la vague atteint désormais la politique nationale.

En trois jours, deux parlementaires ont annoncé leur démission. Accusé de harcèlement sexuel par d’anciennes collaboratrices, John Conyers, doyen démocrate de la Chambre des Représentants, était le premier mardi 5 décembre. Suivi jeudi 7 décembre par le sénateur Al Franken. Ancien comédien, humoriste et écrivain, personnage phare de la gauche américaine, il est depuis près d’un mois accusé d’attouchements et agressions sexuelles par plusieurs femmes. La commission éthique du Sénat avait ouvert une enquête. Jusque là, bien qu’ayant reconnu avoir mal agi et présenté des excuses, Al Franken refusait de quitter son siège. Mais il a fini par céder à la pression devenue trop forte dans son camp, après qu’une douzaine de sénatrices démocrates, rejointes par une douzaines de leurs confrères, l’ont enjoint de démissionner, mercredi 6 décembre.

La sénatrice Kirsten Gillibrand, qui avait contribué à rendre visibles les violences sexuelles dans l’armée, était la première à sonner la charge, sur Facebook. Tout en assurant Al Franken de son amitié, et notant que son comportement est moins grave que ceux de Harvey Weinstein ou de Donald Trump, elle soulignait qu’il n’en est pas moins répréhensible. « Nous ne devons pas chercher à expliquer les graduations entre agression sexuelle, harcèlement sexuel ou geste déplacé (…) Rien de cela n’est acceptable et ne doit être toléré. » Al Franken « doit montrer qu’aucune forme de maltraitance envers les femmes n’est socialement acceptable, et pour cela démissionner », écrivait-elle.

Si le parti démocrate a mis du temps à réagir, il se démarque enfin du camp adverse en mettant en avant son intransigeance sur le plan moral. Et cela lui permet de mettre encore davantage en lumière le cas de Roy Moore, à cinq jours d’une élection sénatoriale partielle dans l’Alabama. Ce candidat républicain n’a jamais envisagé de se retirer de la course, bien que 9 femmes l’accusent de les avoir agressées sexuellement alors qu’elles étaient adolescentes. Roy Moore a même reçu le soutien officiel de Donald Trump. L’hôte de la Maison Blanche, que la féministe Gloria Steinhem qualifie de « harceleur en chef », a lui même été accusé d’agression sexuelles par plusieurs femmes.

En annonçant sa démission, Al Franken a d’ailleurs fait directement référence à ces deux hommes. « Alors que je renonce, un homme qu’on entend se vanter d’agressions sexuelles qu’il a commises siège dans le Bureau Ovale, et un homme qui s’en est pris à plusieurs reprises à des jeunes filles fait campagne pour le Sénat, pleinement soutenu par son parti ».

 

 

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